Camille Brissot

Editions Syros, 10  jan 2019, 224 p,  14,95 €

Mes lectures Syros

21 printemps

4e de couv. :

Que feriez-vous si vous appreniez qu'il vous reste peu de temps à vivre ? Le nouveau roman young adult de Camille Brissot.

Victor et Juliette. Amis depuis toujours, ils se connaissent par cœur. Elle fait tellement partie
de sa vie qu'elle habite presque chez lui, il sait décrypter le moindre de ses éclats d'humeur,
bons ou mauvais. Car Juliette est difficile à saisir, toujours en mouvement. Elle est capable
de partir seule au bord de l'océan sur un coup de tête, et de revenir comme si de rien n'était,
avec ses secrets. Elle vit intensément, sans penser à l'après, et Victor la suit, l'attend, prêt
à la rattraper si elle trébuche. Cette histoire, Victor la raconte à une bande de filles très jeunes qui l'écoutent les yeux écarquillés. Elles ont connu Juliette à l'hôpital et veulent tout savoir de celle qui sera à jamais leur héroïne...

 

Ma chronique :

Quel joli titre que voilà ! cela fait penser aux formules magiques que l'on dit enfant comme pour exorcicer une peur et intégrer l'éternité ou l'infini.

Pour des raisons personnelles, c’est le genre de roman que j’évite, mais c’est un Camille Brissot, je ne pouvais pas passer à côté ! J’aime la manière quelle a de raconter des histoires quelque soit le genre littéraire. Elle un côté pétillant qui donne un tonus à ses histoires, même les plus sombres.

D’emblée on comprend qu’on va partit vers un avant, vers un point de départ antérieur à la chute, et donc  par conséquence c’est la mort qui est au bout. Ce n’est pas dit directement, c’est bien plus subtil, comme si on pouvait encore en changer l’issu fatale. L’humour et les pirouettes vont permettre au narrateur de raconter tout en mettant des distances avec cette histoire qui le touche de très près. D’autant plus que son public est aussi constitué de malades.

C’est un roman vivant, une histoire pleine de vie…

Il y a peu sur les réseaux sociaux, j’ai vu passer une phrase sur le deuil, je ne me souviens pas d’où elle est tirée, qui disait quelque chose comme « ne soit pas triste d’avoir perdu un être cher, soit heureux de l’avoir connu », c’est exactement cette perspective qui nous est proposée ici.

Juliette est un être lumineux, que l’on découvre dans une phase de sa vie où elle explore tout ce qui est possible, on a l’image d’une fille qui part dans tous les sens, qui accumule les expériences extrêmes, capable de tout. Comme personne n’est au courant (ou presque), on la prend pour une jeune intrépide, immature qui brûle la chandelle par les deux bouts. Seul six personnes connaissent la vérité, ils sont là pour l’épauler, la soutenir et luis permettre d’aller au bout de ses désirs. Ne rien dire c’est éviter la pitié, les regards tristes, curieux. Le problème c’est qu’il y a des dégâts collatéraux. Même en le sachant, il va y avoir des conséquences.

C’est un roman qui essai de contourner trop d’émotions par des allusions, mais arrive un moment où il n’y a plus moyen  de faire comme si ça n’existait pas. Elle va faire une beau discours à ce sujet justement.

Ce n’est pas un récit larmoyant, Juliette sans être dans le dénie fait tout pour que personne ne s’en rende compte. Ces excentricités donnent un rythme effréné au roman. Puis arrive le moment où elle dit les choses ouvertement, sans fioritures. On comprend alors que c’est le début de la fin. Bon j’avais les kleenex à portée de la main et j’ai lu ce livre d’une traite, dans un souffle. J’ai été touchée par la façon directe d’aborder la réalité du sujet.

C’est un roman young adulte, avec des héros qui ont à peine la vingtaine. Il n’y a pas de scène choquante. Il y a de l’émotion, des questions existentielles, certaines réponses à des questionnements. Mais chaque cas est si particulier qu’il ne peut y avoir qu’une seule réponse.

On voit de plus en plus émerger des maladies plus ou moins rares qui touchent la jeunesse, il ne faut donc pas se voiler la face nos enfants sont confronté à des cas extrêmes à l’école. Donc pour quoi ne pas en parler directement ?

C’est aussi un moyen de ne pas stigmatiser les malades. Il faut plutôt réfléchir sur comment les comprendre, les  aider, les accompagner dans la vie quotidienne.

C’est un roman sur l’amitié inconditionnelle. Pas besoin d’être  du même sang pour se conduite comme un frère et une sœur. Car il y a aussi cette facette, celle de ceux qui restent, comment accepter l’inéluctable, le départ plus ou moins progressif et douloureux, puis accepter le caractère définitif  de la mort. La vie ne s’arrête pas pour tout le monde… il faut vivre !

C’est un roman qui en 200 pages traite de tant de sujets, il est intense et parfois une légèreté de la jeunesse.

Je remercie les Éditions Syros pour m’avoir permis de lire ce roman en avant-première.

Mon premier coup de coeur de l'année !

 

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