Camille Brissot

Editions Syros, fév.  2017, 347 p., 16,95 €

Mes lectures Syros

 

maison des reflets

4e de couv. :

Depuis 2022, les Maisons de départ ressuscitent les morts grâce à des reflets en quatre dimensions qui reproduisent à la perfection le physique, le caractère, et le petit je-ne-sais-quoi qui appartient à chacun. Les visiteurs affluent dans les salons et le parc du manoir Edelweiss, la plus célèbre des Maisons de départ, pour passer du temps avec ceux qu’ils aimaient. Daniel a grandi entre ces murs, ses meilleurs amis sont des reflets. Jusqu’à ce qu’il rencontre Violette, une fille imprévisible et lumineuse… Bien vivante.

Anecdotes de lectrice :

Ce roman fait partie de ces livres qui ont leur petite histoire avant d’arriver à la phase lecture. Dès que j’ai vu passer la photo sur les réseaux sociaux et le catalogue Syros j’ai eu envie de le lire. Il ya un côté spectral qui a attiré mon attention.

Je ne connaissais pas l’écriture de Camille Brissot, mais elle fait partie d’une bande d’auteurs de l’imaginaire que j’aime beaucoup alors par extension elle avait déjà une belle aura.

Le synopsis a fini de me tenter. Alors quand on me l’a proposé j’ai dit oui tout de suite. Dès que je l’ai reçu je l’ai commencé… et puis une chose en entraînant une autre le livre s’est retrouvé en bas de ma PAL… Entre temps j’ai même lu un autre roman de la même autrice « Dans la peau de Sam » j’avais été sous le charme de son imagination et ses talents de conteuse.

J’ai enfin pris le temps de reprendre la lecture depuis la première page.

Le contexte dans lequel je l’ai lu a changé et je pense que mon approche a pris une autre tournure. Je pense même qu’aujourd’hui j’étais plus ouverte certaines questions traitées… Sans parler que l’engouement qu’à eu ce livre lors de sa publication est moins présent, mon approche sera moins dans l’excitation générale.

Bon Billet :

C’est un roman qui m’a agréablement surprise. Je m’attendais à une agréable lecture car Camille Brissot sait bien mettre en scène le monde des adolescents, mais plus j’avançais dans ma lecture, plus je déroulais des fils différents.

Lors d’une lecture, il y a ce que l’auteur a écrit et ce que le lecteur apporte.  Il se trouve que dans un premier temps j’ai eu l’impression d’être dans une histoire gothique et j’ai eu des réminiscences d’une autre lecture « Le cirque des rêves » Erin Morgenstern qui sont venues parasiter ma lecture. Puis cela a évolué.

 

C’est un roman qui traite des frontières entre réalité et monde virtuel, entre enfance et adolescence. Il nous décrit une IA (Intelligence artificielle) que Daniel notre héros appelle la ruche. Elle ne vit et se nourri que de ce qui se passe dans la maison des reflets.

Qui n’a jamais eu envie de continuer à parler  l’être aimé ? Si on nous proposait les services de la maison des reflets y souscririons-nous  ou refuserions-nous ?

Nous allons suivre les aventures d’humains et de clones virtuels, avec le risque parfois de se retrouver dans des zones assez floues, un certain état de confusion crée une atmosphère de mystère. Daniel vit protégé dans ce cocon, il s’est créé son monde qui lui convient. Cependant il a atteint ses quinze ans et il commence à ressentir les effets de l’adolescence. Il sort de l’enfance, il perd quelques certitudes, il sort de la maison… dans un premier temps dans un but d’étude mais c’est aussi un besoin de découvrir l’extérieur.

Son but : aller prendre des repères dans une fête foraine dont il aperçoit la grande roue. Ce n’est pas n’importe quel lieu… on continue dans le monde des illusions et des faux décors, c’est un monde de l’enfance. (NB : c’est aussi le point de départ de « Dans la peau de Sam » !)

Là, il va découvrir un être vivant mais presque irréel qui va bouleverser sa vie…

Durant les mois qui vont suivre Dan va grandir et va devoir affronter des changements au sein de la maison des reflets. Il va se poser de nouvelles questions, être confronté à ses doutes existentiels, il va s’interroger sur le sens profond de ce que sa famille réalise au sein de cette maison des départs, il va se poser des questions sur le rôle que l’homme doit jouer au sujet de la mort.

C’est beaucoup plus que l’éveil d’un jeune homme aux émois amoureux et à la mise à l’épreuve des liens d’amitié ou la quête des secrets de famille.

J’ai essayé de me remémorer ce que pensais de la mort lorsque j’avais quinze ans… c’était au siècle dernier….  C’était un sujet qui nous préoccupait beaucoup et nous imaginions la présence de fantômes ou d’entités ... nous n’avions pas cette idée de monde virtuel, de réalité augmentée que les nouvelles technologies laissent imaginer.

Quand au travail de deuil, j’ai l’impression qu’aujourd’hui on en parle plus directement avec les jeunes.

C’est étrange car en lisant ce roman  et voyant les réactions de Dan puis ses confrontations aux idées des autres j’avais l’impression d’évoluer au même rythme que le jeune homme. Camille Brissot a su créer un personnage sans arrière pensée qui va découvrir de nombreux secrets…

Ce que j’ai aimé outre les thématiques de la « Maison », de la famille, de l’amitié, des apparences, de la vie et de la mort…  c’est le travail d’écriture. La narration à la première personne, les dialogues qui permettent d’initier le jeune homme, les descriptions des lieux et la partie épistolaire qui contrebalance l'ultra technologie. Camille Brissot a su garder l'attention avec les différents rebondissements et les petits secrets qu'elle a dévoilé par petites touches.

J’ai aimé la part de rêve, le mystère et le suspens, mais aussi la montée des émotions… voir Daniel chercher sa voie… au milieu de tous les reflets...

Ce roman jeunesse confirme qu’il n’y a pas d’âge pour prendre plaisir à la lecture et à se poser des questions.

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

syros

dans la peau de sam

 

cirque