Bibelots, Le tuilier de Finistret, le père Léonard et L'archiduchesse

Louis Codet

Editions de la Table Ronde, La Petite Vermillon, nov. 2018, 142 p., 6,10€

Mes lectures de La Table Ronde

 

césar Capéran

Ma chronique :

L’auteur, Louis Codet est mort en 1914, et ce roman fut publié en 1918. On est donc dans un style XIXe siècle. L’histoire se déroule vers 1905 (allusions à la séparation de l'Eglise et de l'Etat).

J’ai bien aimé certaines tournures de phrases que  l’on n’emploi plus. EX : « chausser des gants », « nous nous élevâmes dans un escalier », « nous gagnâmes en trois pas une petite  plate-forme », « un soleil cendré »…

Il  utilise un vocabulaire pictural, très visuel. Le narrateur peint et écrit de la poésie, un peu comme un alter ego de l’auteur. C’est une histoire d’amitié.

Il y est beaucoup question d’ascension sociale ou de place dans les hautes instances. On a le vocabulaire et toutes ses images d’escaliers, de grenier, de toit etc. qui viennent renforcer l’effet. On retrouve les images des jeunes de province qui montent à la capitale pour sortir de leur condition et se retrouvent face aux parisiens qui les regardent de haut.

On retrouve le  Paris des étudiants, le café, le théâtre, les musées… Capéran ne prend pas vraiment  à part à tout, il n’est pas étudiant. Mais ils sont tous avec leurs rêves, leurs ambitions et sont aussi confrontés à la dure réalité.

Le narrateur s’absente pendant 6 mois pour aller aux Baléares en hiver,  un lieu de prédilection (je pense à Georges Sand…) .

Les nouvelles qui suivent  le roman, traitent chacune d’un sujet . Mais tout ce recueil a comme point commun des descriptions qui font penser à un tableau (peinture), et un tableau dans le sens d’une scène particulière.

C’est charmant et en même temps, il n’hésite pas à montrer des aspects négatifs ce qui donne un regard satirique sur la société.

Ces textes font la part belle à la lumière qui vient illuminer et que l’on recherche.

Le terroir et l’exotisme font partie des sujets qui étaient souvent traités à l’époque.

La thématique culinaire est aussi très présente, soit pour qu’il y ait un contraste avec la pauvreté, soit pour mettre en avant la tradition et la cuisine régionale ou familiale.

Les habitations, les bâtiments, les demeures, les châteaux, tout cela nous renvoie à la tradition, à la famille et aux racines. Le côté terrien (tenace et obstiné) qui vient contrebalancer le côté aérien (rêveur et ambitieux). J'ai trouvé très drôle de voir ce qu'il dit du Louvre où il y avait le ministère des colonies.

Les illustrations de Benoît Preteseille donnent une touche carnet.

J’ai beaucoup aimé cette façon de raconter le quotidien. On a l’impression d’y être tant c’est visuel.

Je remercie les éditions de La Table Ronde et la Petite Vermillon pour leur confiance.

 

Quelques citations de « César Capéran ou la Tradition »

« La Seine, un peu à notre gauche, telle qu’une longue écharpe en soie de Chine, se déroulait sous les agrafes de ses ponts »

« La tour Eiffel elle-même, cet A démesuré, faisait comme une grande lettre ornée à la première page d’un beau livre. »

« Nous suivons des heures entières, les ballons qui venait de Meudon et qui se promenaient au-dessus de Paris : on en voyait de légers, translucides au soleil, gonflés de lumière comme des lanternes, on voyait des blancs et des nacrés, sur les nuages, ainsi que de grosses perles d’un bel Orient ; un autre paraissait être en bronze et pendait au milieu du ciel. »

 

4e de couv. :

«Cette longue nouvelle, ou court roman, raconte l'histoire d'un jeune Gascon monté à Paris pour y attendre son heure. César Capéran ne fait rien, ne lit pas, mange peu, se gèle et entretient avec le narrateur une amitié légère et fidèle, la tête pleine de projets dont la procrastination semble le principal moteur. Il ne jure que par Diderot, Pascal et Bossuet, et se garde bien de les lire en notre présence. Il ne doute pas d'un avenir promis qui viendra modestement couronner sa patience. Il vit chichement des maigres revenus d'un vague domaine occitan dont il cultive l'accent, maigres mais bien accompagnés de vin blanc, de truffes, foie gras et lièvre à la royale.
Codet dessine ici non seulement le portrait d'un contemporain, à l'ambition modeste mais affirmée, à la paresse patiente, aux amours dont on ne dit rien, mais aussi une légère fable politique cynique et désespérante, dont il ne reste que le bonheur des mots.»
Jean-Baptiste Harang.

 

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