Charles Yu

Trad. Aude Monnoyer de Galland

Éditions Aux Forges de Vulcain, mai 2018,175 p., 16 €

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NOUVELLES

 

super-héros de trois

4e de couv :

Dans ce recueil de nouvelles, Charles Yu, romancier reconnu (Guide de survie pour le voyageur du temps amateur), contributeur de la série TV West World, montre comment, en passant par des lieux communs de la culture geek, reposer des questions qui hantent l’Amérique : l’obligation de réussir, le sentiment d’échec, l’incapacité à dire ce que l’on ressent, le miroir aux alouettes du capitalisme, la difficulté d’être mère. Empruntant à la fois à Kafa, pour cette impression d’étrange familiarité, et à la culture populaire, Charles Yu s’est imposé avec ce recueil comme un des plus importants nouvellistes contemporain, publié par le New Yorker.

 

Ma chronique :

Je vous ai parlé, il y a un petit moment d’un roman de Charles Yu que j’avais beaucoup aimé « Guide de survie pour voyageur du temps amateur ». J’ai ensuite lu ce recueil de nouvelles que je vous présente aujourd’hui avant d’enchaîner cet été avec son prochain roman qui sera en librairie fin août.

Lorsqu’on lit les nouvelles de Charles Yu on voit se dessiner un univers aux thématiques qui lui sont propres. Notamment les notions de temps. Temps passé, présent futur et fantasmé, temps perdu et retrouvé.

Bien qe chaque histoire soit différente on ne peut s’empêcher de créer des liens entre tous ces écrits.

Il a le sens du détail, de la petite chose qui peut tout faire basculer.

La femme en général et la mère en particulier on une place particulière, presque obsessionnelle. Figure emblématique.

L’originalité des écrits de Charles Yu résident  aussi dans la présentation graphique de ses textes, typographie, formules mathématique, fragments de texte et notes. C’est comme s’il joué avec l’espace graphique après avoir joué avec l’espace temps.

Les titres des nouvelles, à commencer par celle qui a donné le titre au recueil, sont déjà un programme à elles seules. « L’homme qui devient lui-même » « l’homme au désespoir silencieux prend quelques jours de vacances » « 32,05864991 » «  matière autobiographique brute qui ne saurait être exploitée pour créer une fiction »…

L’humour tient une place importante. Le second, troisième et même quatrième degré et assez caustique. Des dialogues délicieusement sarcastiques. C’est un humour particulier. Celui où tu ris en disant à l’autre tu peux pas comprendre… En même temps il y a une certaine mélancolie ou désillusion qui vient contrebalancer cela. Prenez le titre du recueil  « super-héros de troisième division », il  prête à sourire et en même temps on sent autre chose.

Lorsque je lis ces écrits je ressens une « empathie » comme s’il disait des choses (pas toutes) qui sont en moi. C’est étrange. C’est un effet que j’ai avec des textes philosophiques et théoriques, ensuite j’ai du mal à retranscrire ces sensations et à les communiquer. Il y a des passages que j’aurais voulu recopier mais est-ce que sortis de leur contexte j’arriverai à expliquer en quoi ils sont pertinents ?

Ce qui me plaît c’est aussi le côté « word in progess » par moment on dirait que les personnages partagent ce qu’ils ont en tête, ce qu’ils pourraient faire de certaines réflexion ou informations. Un peut comme quand quelqu’un te raconte un film à sa façon.

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance.

A bientôt pour une chronique de la rentrée !

vulcain

 

guide de survie pour voyageur