Renaud Santa Maria

Editions Belfond, Novembre 2016, 203 p., 19 €

 

Mes lectures Belfond

 

pandora

4e de couv. :

Qui est Pandora ? Au fil de ces dix histoires, elle est la féminité, le compagnon fidèle des errances nocturnes, l'Humanité, l'indomptable amoureuse, la personnification d'un joyeux memento mori, celle qui réconcilie les frères ennemis dans les tranchées... Aux multiples facettes mais bien une seule et même chatte, Pandora est le fil conducteur et surtout, le lien à la vie. Tout l'inverse du chat noir d'Edgar Allan Poe...
Du Paris occupé d'Augustin et de Clara dans Le Coeur en berne– qui reste à ce jour la plus célèbre nouvelle de l'auteur – en passant par la figure du kamikaze japonais qui trouve un étrange écho dans notre époque, jusqu'au New York de Basquiat, Renaud Santa Maria nous livre le large spectre de son univers, entre espérances et quête d'absolu. Tiraillé par ce qui semble inéluctable à tous, l'auteur cherche, au travers de ce qu'il nomme « les néants en vacations », ce qui peut encore faire tenir debout les hommes blessés par la lucidité qu'ils ont de leur destinée. Le rêve, la beauté, l'art, l'amour, l'ivresse, la poésie, les idéaux, l'humour... Dieu ?

 

Ma chronique :

Aujourd’hui je vous présente un recueil de nouvelles. Il y a plusieurs façons de réaliser un recueil de nouvelles soit elles tournent autour d’un même sujet, soit c’est une compilation de textes épars. Renaud Santa Maria quant à lui il a opté pour un élément qui se glisse entre les lignes. Une chatte noire, une mini panthère qui partage la vie de beaucoup de gens du monde entier. Les histoires vont de la seconde guerre mondiale à aujourd’hui dans des lieux bien différents donc un personnage semblable et pourtant différent. Cela fait penser à une  contrainte littéraire que l’auteur semble s’imposer.  On retrouve Pandora dans des improbables et des moments inattendus… les divers personnages qui partagent son existence ne peuvent vivre sans elle. Le monde peut bien s’écrouler autour d’eux, elle reste là !

Renaud Santa maria joue aussi avec ses personnages et ses lecteurs. Il ya des couples avec les mêmes prénoms qui reviennent dans trois nouvelles (« par trois fois » si je ne me trompe pas). On a plusieurs facettes de l’amour. Et on retrouve l’adage « les histoires d’amour finissent toujours mal en général. Il a beau y faire Augustin et Clara ça ne peut pas durer !

La première nouvelle « cœur en Berne » c’est une histoire forte qui se mêle à l’Histoire. On y retrouve la haine populaire qui change de bouc émissaire comme le vent fait tourner la girouette. Les mêmes qui ont dénoncés le juif de l’immeuble vont s’en prendre ensuite à « l’allemande » qui l’a remplacée. Une nouvelle qui ne laisse pas indifférent. On retrouvera un autre Augustin qui ne peut retrouver l’amour, parce qu’il a idéalisé Clara. Mais ce ne sont plus les mêmes. Un autre lien entre les deux histoires : l’absence. Puis, il y aura le dés-amour, une troisième version de l’amour qui n’aboutir pas au bonheur…

La mort, j’ai failli écrire « l’amor » est aussi un thème récurrent qui lie plusieurs nouvelles. C’est peut-être parce qu’une nouvelle s’intitule «  l’Anamor(t) ».

Il y a une nouvelle qui m’a laissée pantoise car je ne savais pas qui parlait … quelqu’un parlait à Basquiat l’artiste, l’invectivait et la chute était surprenante… je l’ai lu d’un seul souffle !

Le volume se termine par « poèmes choisis par Pandora, extraits du recueil de poésie de l’auteur « Calicots lunaires »… un petit cadeau… je ne sais chroniquer ce genre littéraire !

 

Je remercie les Éditions Belfond pour leur confiance.

 

Belfond logo