Andreu Martín

Traduit du Catalan par Marianne Millon

Asphalte Editions, sept 2016, 315 p.22 €

 

La Voie des Indés décembre 2016 Libfly /Asphalte

 société noire

4e de couv. :

Les triades ne sévissent pas qu'en Chine : elles se déploient aux États-Unis et en Europe. Seule Barcelone se croit encore épargnée. À tort, selon l'inspecteur Diego Cañas. Il charge son indic Liang, un Sino-Espagnol né à Hong Kong, d'infiltrer pour lui la très discrète mafia chinoise.
Un mois plus tard, on retrouve au petit matin la tête d'une femme sur un capot de voiture. Un crime atroce qui porte la marque des maras, ces gangs ultra-violents d'Amérique centrale. Mais Cañas est convaincu que l'affaire est liée, d'une façon ou d'une autre, à son enquête sur les triades. Reste à le prouver à ses supérieurs...

Ma chronique :

Connaissez-vous les Edtions Asphaltes ? Non ? Si vous aimez les histoires ancrées en zone urbaine et des fictions actuelles, vous y trouverez votre bonheur. Libfly m’avait fait découvrir entre autre « Bruxelles Noir » et dans ma wish list il y a « Barcelone noir ». Alors vous comprendrez que je n’ai pu résiter lorsque j’ai vu un roman policier qui se déroule à Barcelone.

Grâce à l’Univers de Andreu Martín, que je ne connaissais pas j’ai un petit aperçu d’une Barcelone que je ne connais qu’à travers les écrits de Carlos Zanón, on est loin des circuits touristiques, loin de mon milieu. Vous allez me dire qu’il s’agit d’une fiction et je vous répondrais que les romans mettent en avant des reflets de la réalité que l’on n’a pas l’habitude d’observer.

J’ai découvert à quoi servent tel ou tel corps de la police. On a aussi un plan d’ensemble géographique pour essayer de comprendre ce qu’est Barcelone la tentaculaire. Cela fait longtemps que je ne suis pas allée dans le centre. Je la contourne par le périphérique extérieur et ne vois que la multitude de sorties vers la banlieue.

Il ya trois ans, j’ai dû attendre ma correspondance à la gare de Sants et j’ai eu le temps de me promener dans les avenues et rues adjacentes. C’était une autre ville que celle des Ramblas et du centre touristique. Alors me plonger dans cette lecture c’est un prolongement.

Le policier a des problèmes familiaux qui interfèrent dans son travail. Y a-t-il un lien avec ses enquêtes ? a vous de le découvrir…  je sème le trouble !!!

L’originalité de ce roman tien à sa structure narrative. Les chapitres ont un titre, une date et une référence pour se repérer dans les événements, ex. : « Deux jours après le braquage ». Tiens une info en plus de la scène qui va se dérouler « devant nos yeux » », c’est important car le livre ressemble à un puzzle, on a des avant/pendant/ après qui s’entrecroisent, sans qu’on s’embrouille. Ce n’est pas une histoire avec une chronologie linéaire. Cela attise la curiosité du lecteur et demande une lecture attentive et suivie. De toute façon le lecteur est vite ferré et ne peut plus lâcher l’hameçon !

La plupart des chapitres sont à la troisième personne, avec un narrateur omniscient (qui va dans toutes les têtes !). Cependant il y a des chapitres où le narrateur est à la première personne du singulier c’est Liang qui raconte ce qu’il fait et pense.  Il est indic, receleur/trafiquant.  Je ne sais pas s’il est intermédiaire par qu’il est métis avec un pied entre deux groupes socioculturels. Il  essaie donc aussi d’infiltrer la mafia chinoise en passant par une relation avec la fille du « chef  de la communauté»… oui parce qu’évidemment il faut une femme fatale ! je vous laisse imaginer dans quel guêpier il s’est fourré !

J’ai beaucoup aimé, toutes les infos sur les différentes communautés qui sont présentes à Barcelone. Cela peu paraître stéréotypé comme à chaque fois qu’on généralise, mais cela fait réfléchir notamment sur les politiques urbaines des grandes métropoles.

J’ai découvert une écriture qui me plaît. Elle n’est pas aussi « crue » que celle de Carlos Zanón pourtant elle contribue à se sentir dans l’atmosphère. Pourquoi, je vous parle de Carlos Zanón (ne pas confondre avec Calors Ruiz Zafón) ? parce qu’il a écrit en quatrième de couverture du livre « Andreu Martín est un Dieu vivant pour tous les auteurs espagnols de polar ».

Le livre se termine avec une play list qui peut accompagner la lecture de « Société noire », c’est une des particularités d’Asphalte. Je suis allé écouter la play list sur leur site… ce n’est pas tout à fait la même que celle proposée à la fin du volume.

J’ai aussi appris que Andreu Martín a écrit un épisode du Poulpe que je n’ai pas lu !!! « Vainqueurs et cons vaincus »…

Je vous souhaite une bonne lecture.

libfly

asphalte 16

 

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