Jérôme Leroy

Editions Syros,  25 Août 2016, 341 p., 12,99 €

Mes lectures Syros

macha

4e de couv. :

Le monde de la Douceur vient d'entrer dans sa quatrième génération. Dans la Douceur, il n'y a plus de téléphones portables, plus de pollution, plus de cadences effrénées, l'idée même de profit a disparu. Macha-des-Oyats, qui a cent sept ans, est née au tout début du 21e siècle. Elle est l'une des dernières personnes à avoir connu l'époque ultraviolente et morose du monde de la Fin. Alors, pour les jeunes qui le lui demandent, Macha accepte de raconter sa jeunesse, son amour perdu, sa fuite vers un idéal...

 

 

Mon Billet :

Quel plaisir de retrouver la plume de Jérôme Leroy. C’est un auteur engagé que j’ai découvert au moment de la sortie de « le bloc » un roman adulte à partir duquel il va écrire d’autres histoires qui y fond plus ou moins référence. Aux éditions Syros vous avez « La grande môme » et  « Norlande » qui sont dans la même mouvance. Aujourd’hui « Macha » est une autre branche qui fait référence aux personnages des deux romans jeunesses que je viens de citer.  C’est un fil rouge, mais si vous ne les avez pas lu, cela ne gêne pas du tout la lecture de « Macha ».  Ce sont des romans engagés qui ne laissent pas indifférents qui appellent au questionnement sur ce que nous voulons et ce que nous sommes prêts à croire.

Jérôme Leroy mets en garde contre les dérives extrémistes. Il parle de la violence, des manipulations politiques. Du monde de l’argent qui dénature les relations humaines. Il nous parle de la société consumériste qui détruit la nature pour plus de profit et plus de besoins. Il nous parle de l’adolescence et de la prise de conscience citoyenne.

L’histoire débute en 2100. La France a bien changé. Adieu la convoitise et la guerre, qui a détruit une grande partie de la population,  place à la Douceur, aux cabanes dans les arbres. C’est  une génération qui n’a pas connu la violence de la révolte.  Ces petits jeunes veulent collecter les souvenirs des anciens pour essayer de comprendre ce qui pouvait motiver les gens à cette époque là pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Tiens voilà quelque chose qui me parle « plus jamais ça »  et pourtant on le vit ! Fin du petit aparté.

On vient chercher une vienne dame fatiguée, elle a 107 ans, elle veut oublier pour ne pas souffrir. Elle va accepter d’ouvrir les portes de sa mémoire et de partager son vécu du temps du monde de la Fin. Ce travail de mémoire va nous renvoyer  à notre époque. Macha, s’appelait Marie à l’époque. Elle vivait dans une famille bourgeoise d’une grande ville de Province. Elle vivait dans les non-dits dans un monde où les apparences étaient tout.

Petit à petit elle remonte jusqu’à l’adolescence de cette jeune fille. Elle avait accumulé de la haine et de la rage, elle va découvrir le véritable amour et une autre façon de penser.

L’adolescence et sa recherche de référence, une période de révolte et d’absolu. C’est le moment où l’amitié et l’amour vont se lier pour rejeter la famille et les institutions. Tous les carcans qui essaient d’étouffer sa véritable nature.

Marie va devenir Macha la fille d’immigrée libre qui refuse les violences policières et la politique d’exclusion. Elle va s’émanciper. Elle va faire ses propre choix. Revendiquer sa vraie nature.

Elle va connaître la souffrance de la perte des êtres chers. On va la suivre dans son voyage initiatique qui va la faire sortir assez violement de l’enfance.

On va la suivre en cavale dans une France violente où il vaut mieux être clair de peau.

Jérôme Leroy noirci le trait de notre société pour mieux nous faire comprendre les dangers qui nous guettent si nous baissons la garde.

Les personnages qu’il nous décrit soit on les aime soient on les déteste.  Il n’y a qu’un personnage qui va nous surprendre.

Connaître la France de 2100 atténue le côté pessimiste du monde tel que nous le décrit Jérôme Leroy.

Je remercie les Editions Syros qui mon permis de lire ce roman en avant–première.

 

NB : j’ai récemment lu « la fête est finie d’Olivier Maulin qui traite aussi de ses dérives immobilières qui veulent dénaturer la campagne.

J’ai aussi retrouvé une idée ou deux croisées  dans « Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous » de Nathalie Stragier.

 

 syros

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