Denis Thériault

Editions Anne Carrière, 2015, 173 p., 16 €

Dans ma médiathèque il y a...

Cercle littéraire de décembre 2019

facteur émotif

4e de couv. :

Bilodo a vingt-sept ans, il est facteur et mène une existence tranquille. À l'ère des mails et des téléphones portables, il n'a plus souvent l'occasion d'acheminer une lettre personnelle.
Alors, quand il en trouve une dans le flot de courriers administratifs et de publicités, il ne la livre pas tout de suite et, chez lui, le soir venu, ouvre l'enveloppe à la vapeur pour en découvrir le contenu. Sagement, le lendemain, il la remet à son destinataire. Son petit vice va le conduite à faire la rencontre épistolaire de Ségolène, qui écrit régulièrement des haïkus à un certain Gaston Grandpré. Tandis que son amour pour l'inconnue grandit à l'abri du réel, un étrange coup du sort lui offre une opportunité providentielle ...

Ma chronique :

J’ai découvert ce roman grâce aux livres passerelle que les éditions préludes ont proposé à la fin du roman de Nicolas Delesalle « N’habite plus à l’adresse indiquée »

C’est une histoire qui se déroule au canada, en soit le lieu importe peu.

On découvre un jeune homme, 27 ans célibataire, il est facteur et mène une vie tranquille. La routine, une vie bien réglée  « comme du papier à lettres ». On remarque très vite que son métier est son gagne-pain  et c’est aussi le seul moyen qu’il a d’avoir des relations humaines ses collègues de travail.

A l’air des courriels et des textos on découvre qu’il se passionne pour les lettres personnelles qu’il pose régulièrement dans les mêmes boîtes aux lettres. Il est conscient de transgresser  la loi. Là aussi il est méticuleux et méthodique. Il est très organisé, il subtilise la lettre, l’ouvre et la photocopie le soir chez lui, puis le lendemain il l’a pose chez le destinataire ni vu ni connu.

Il va ainsi vivre d’autres vies par procuration. Il comble les vides des réponses auxquelles il n’a pas accès avec son imagination. Parmi ces « correspondants » régulier il découvre un homme la soixantaine, en robe de chambre, un peu négligé, qui correspond avec une guadeloupéenne dont il découvre une photo un jour, Ségolène va devenir son graal… leur correspondance est particulière elle se fait à travers des haïkus.

Grâce aux recherches de Bilodo le lecteur aussi va apprendre les subtilités de cet art. Ce n'est qu'en arrivant à cette partie du roman que j'ai réalisé que la couverture du roman était en accord avec l'intrigue. Je n'aime pas celle de la version livre de poche.

On a donc vu qu’il a dépassé la ligne rouge, ce n’est qu’un premier pas… jusqu’au jour où un accident va tout faire basculer…

Ce roman nous entraine dans les méandres de l’esprit humain, jusqu’où la passion peut nous pousser. On frôle la folie.

La fin est magnifique.

Le titre « le facteur émotif » fait bien sûr référence à ce jeune facteur qui est tout ému, mais on a aussi le sens du « élément qui conduisent à l’émotion ».

Ce roman est un excellent choix pour faire le lien, la passerelle avec « n’habite plus à l’adresse indiquée » chacun avec son intrigue nous emporte dans un monde de secrets et des vies qui basculent. Le pouvoir des mots…