Benoît Séverac

Editions Syros, 8 mars 2018, 256 p., 16,95 €

 Mes lectures Syros

caravane en hiver

Mon billet :

C’est un roman qui  se déroule à Toulouse, ce n’est pas anodin et ce n’est pas juste parce que l’auteur est de Toulouse. Ça a son importance ! Et pour ceux qui connaissent les références de lieux ou les  déplacements auront plus d’impact.

Je  commencerai par avertir mes lecteurs qu’il y a parfois des digressions inspirées par ce livre. Si vous me suivez vous savez que les livres sont des sources de réflexions pour moi et ceci va parfois au-delà du roman lui-même.

Ce roman fait partie de ces livres qui font réfléchir sur la littérature jeunesse et sur notre société.  Des passerelles se forment pendant ma lecture. Ainsi « un royaume pour deux » de Marin Ledun  et « Little sister » de Benoît Severac peuvent venir compléter ce roman (d’autres passerelles sont possibles mais les titres ne me viennent pas là). Ces trois romans sont des facettes de ‘un problème de société  actuel. Le terrorisme, les conflits  à l’étranger qui créent des réfugiés politiques…

Cela début par des parents inquiets pour leur enfant qui leur cache des choses et leur vole de l’argent. On a des points de repère sociaux dès les premières pages et les rapports qu’entretiennent entre eux les membres de cette famille. #confiance #attention #présence

Les personnages principaux ont 16 ans et vivent avec leur temps. Ils sont confrontés à la dure réalité des grandes villes. Les quartiers avec leurs particularités, le chômage,  la mendicité, les réseaux, la drogue, la violence, la clandestinité… Et à côté de ça certains ont la chance de vivre avec des valeurs plus positives avec un toit, une famille, une école, du sport et du travail et ne voient que la misère que de loin. Mais du jour au lendemain tout peut s’effondrer… #Spirale infernale.

Dans les romans jeunesses d’aujourd’hui on aborde ces sujets qui touchent au quotidien. On ne fait pas comme s’ils n’existaient pas. Heureusement l’amitié et la solidarité ça existe. J’aime beaucoup le fait de confronter le regard des adultes plus pragmatiques et moins idéalistes. L’enthousiasme de la jeunesse voit les choses dans le présent dans l’instant présent, l’action, l’adulte imagine les conséquences futures ce qui freine l’élan.  Ce roman ne prend pas les adolescents pour de parfait naïfs. La confrontation des deux regards permet d’élever le débat.

Quand au thème de l'amitié, de la confiance et des bons sentiments, n'allez pas croire que Benoît Séverac nous la joue angélique. Il y a des hauts des bas et des phases en fonction de l'évolution des évenements.

Ce roman traite des réactions face aux réfugiés syriens. . Dans « un royaume pour deux » de Marin Ledun l’auteur nous parle de l’acceptation de l’autre, de l’intégration dans la société et dans la sphère familiale. J’ai cru qu’ici on allait partir sur cette thématique mais pour plus âgés. Mais je me suis vite rendu compte que ce sujet est présent mais que c’est plus le côté « polar » qui prend le dessus. Plus on avance plus les questions s’accumulent et la situation s’assombri. On a vraiment les codes du  « roman noir » qui prend sa place. (espace urbain, quartiers "chauds" et environnement qui va avec, drogue, délinquence, clans, malfaiteur, détective, police, violence, alcool...).

On fait bien le distingo entre immigrés et réfugiés. C'est très important.

Les personnages croient  avancer vers le bout du tunnel et on se rend compte qu’il y a des ombres et du brouillard qui vient déformer les perspectives. On voit d’un côté des personnages évoluer positivement vers l’acceptation, et les relations qui s’améliorent. Pendant ce temps on voit poindre le mensonge, la trahison et le négatif d’une autre part.  Le doute et la suspicion viennent pimenter le récit.

J’ai adoré la petite trouvaille de l’auteur qui place le point central dans la rue de la « balance ». Les deux plateaux vont-il s’équilibrer ?  la balance de la justice et de l’équité. Balance a un autre sens, celui qui dénonce, alors on se demande qui va lâcher le morceau le premier et vendre les autres… je vous laisse le découvrir…

Les personnages sont très intéressants car ils ont plusieurs facettes. On vit avec les gens et on fini par ne plus voir qu’une de ces facettes. Prenons Mireille la gentilles épouse et mère de famille, efficace et diplomate. On va la découvrir autre lorsqu’elle partage sont temps et s’occupe de Nooda. Et puis on la voit dans son travail qu’elle aime et  fait avec passion, elle est dans son milieu, elle rayonne. Ednan s’en rend compte, il est le seul à prendre le temps d’observer son nouvel environnement. S’adapter pour survivre c’est ce qu’il fait depuis quelques années. C’est lui aussi qui va passer par toute une palette d’émotions dans ce roman : la peur, la colère, la douleur, la tendresse, la joie…

Depuis le début du roman le rôle des non-dits et des cachotteries pour protéger l’autre vont donner lieu à des situations parfois extrêmes.

« Une caravane en hiver » est un roman qui permet d’aborder des sujets citoyens avec les ados.

Je remercie les éditions Syros pour leur confiance.

 

NB : dans « un lapin peut changer une vie » il y est question de caravane mais c’est une autre histoire !

 

4e de couv. :

Arthur est en voiture lorsqu’il assiste à l’agression d’un garçon de son âge, à un feu rouge. Poussé par son instinct, il va à sa rencontre. Ce garçon, c’est Adnan, un réfugié syrien. Il vit dans une caravane au milieu d’un terrain vague avec sa mère, qui lui a appris à garder la tête haute en toute situation. Entre Arthur et Adnan va naître une amitié qui résistera à l’incompréhension des adultes. Une amitié qui poussera les parents d’Arthur à aider, eux aussi, Adnan et sa mère. Une amitié qui va tous les faire basculer dans une aventure digne d’un roman d’espionnage…

 

 Qui en parle ?

L'éternel Ado

Jangelis ??? (little sister)

 

Romans cités dans l'article.

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little sister

royaume pour deux

un lapin peut

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