Laurent Gaudé

Editions Thélèmes, Novembre 2017, MP3 1h30, 17€

Masse Critique Babelio / Editions Thélèmes

de sang et de lumière cd

4e de couv. :

Des textes poétiques et engagés qui voyagent dans les interstices de l'œuvre romanesque de Laurent Gaudé, dénonçant le sort que les homme font aux opprimés, hier esclaves assujettis au commerce triangulaire des pays riches, aujourd'hui migrants économiques et réfugiés en quête d'une introuvable terre d'accueil.

Mon Billet :

Il y a deux ans j’ai participé au « défi Laurent Gaudé » organisé par le blog « unchocolatdansmonroman », j’avais découvert plusieurs facettes de cet auteur… il en manquait une : la poésie, même si tous ses écrits portent en eux une grande part de poésie.

Quel plaisir de retrouver la poésie de Laurent Gaudé et sa voix bien posée. Le fait que l’auteur lise ses propres textes donne une dimension supplémentaire. Tous ces poèmes donnent la chair de poule.

J’étais curieuse de découvrir la poésie de Laurent Gaudé et en même temps j’avais un peu peur de ne pas savoir l’appréciée. Et puis j’ai mis en route le cd et c’était comme une évidence. J’ai toujours trouvé que les romans de et nouvelles de Laurent Gaudé avaient en eux une certaine oralité. J’avais écouté « ouragan » mais ce roman était lu par François Garel. Ces poèmes ressemblent à des nouvelles.

On retrouve les êtres souffrants, persécutés et fantômes de l’esclavage et des guerres. Ces êtres dans la boue, dans le désert, dans le sang.  La parole est donnée au peuple Kurde et autres peuples persécutés.

Des poèmes durs qui donnent la parole à ses hommes qui ont été arraché à la terre. J’ai retrouvé la même émotion qu’en lisant « je finirai à terre ». Ces poèmes parlent d’ailleurs et d’ici. Les traces de la première mondiale sont encore présentes dans certaines régions du nord de la France.

Ces poèmes de naissances, on y voit l'homme sorti des entrailles, du sang vers la lumière. De là aux cris et aux larmes il n’y a qu’un pas.

La mémoire, victime, bourreaux, génocides et la vie après…  les guerres de toutes parts, de tous temps, on peu en voir les signes partout même lorsque la paix est revenue.

Le poème le plus long « le chant des sept tours » dure 25 mn. Il a une structure très particulière. Dans un premier temps on a une vue générale sur l’esclavage. Et à chaque tour que l’homme blanc fait faire à ses africains s’enchaînent humiliation, souffrance, perte de la langue, perte de la religion, de la mémoire, perte de la terre…. Puis à la fin du poème c’est un homme en particulier qui va faire les sept tours à l’envers pour retrouver son humanité. J’ai volontairement mis dans le désordre car il faut découvrir l’escalade de la déshumanisation puis le retour à l’individu. Quand on écoute ce poème on comprend qu’il soit depuis quelques années proposé au Bac de français.

Je pense me procurer le texte écrit pour accompagner cette voix. Emportée par les textes  et les émotions fortes qu’ils véhiculent j’ai eu du mal  à écrire une chronique.

Laurent Gaudé met sur le devant de la scène les réfugiés et la France terre d’accueil, ce qui est encore d’actualité. Quelqu’un m’a dit «  il faudrait le faire écouter à tout le monde »… mais tout le monde n’est pas prêt à entendre.

Je remercie Masse critique, Babelio et  les Editions Thélèmes pour ce partenariat.

Merci  aussi aux Editions Thélèmes pour le Best of qui m’a donné envie d’explorer leur catalogue.

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