Maxence Fermine

Editions Michel Lafon, 13 octobre 2016, 252 p.

Mes lectures Michel Lafon

syndrome papillon4e de couv.

Hugo Mars, 17 ans, n’est pas un garçon comme les autres. Atteint d’un mal étrange, le syndrome du papillon, il est interné en hôpital psychiatrique.

Mais la vie est parfois surprenante. Car c’est là qu’il fait la plus belle rencontre de son existence. Celle de Morgane Saint-James, une jeune fille aux cheveux roux et aux yeux verts, gothique et lunaire…

Hugo tombe aussitôt sous son charme. Jusqu’à ce que la jeune fille disparaisse…

Mon billet :

J’ai choisi ce livre car j’aime l’écriture de Maxence Fermine, mais aussi pour la couverture du livre et la quatrième de couverture. En effet la couverture du roman je la trouve très belle avec le regard de cette jeune fille qui captive le lecteur.

Quand à l’écriture de Maxence Fermine, aïe ça pique les yeux !  C’est un bon travail que celui d’essayer de trouver la langue du narrateur, ici un jeune homme de 17 ans qui écrit comme il parle. Cela reste un langage courant sans être trop familier ni vulgaire, quand Morgane apparaît le langage devient par moment plus soutenu. Ce qui m’a dérangé c’est l’absence du « ne » dans les phrases négatives. Après réflexion je me suis dis que si cela a perturbé ma lecture c’est qu’il y a eu beaucoup de phrases négatives. Alors comme pour les tics de langages une fois qu’on s’est fixé dessus on les entend encore plus !  Il ya donc chez ce personnage beaucoup de refus. Refus de grandir, refus de prendre ses responsabilités, refus de sa famille etc.  Maxence Fermine est un écrivain confirmé alors s’il a fait cela c’est qu’il voulait nous signifier quelque chose. C’est un livre qui s’adresse plutôt aux jeunes adultes alors peut-être qu’ils s’attacheront plus au fond.

Le fond justement, en tant qu’adulte c’est soit un retour sur nos angoisses d’adolescents soit une façon de voir ce que vivent certains jeunes aujourd’hui. Le mal-être de l’adolescence n’est pas nouveau mais j’ai l’impression que cela prend de grandes proportions. C’est donc intéressant de voir un des angles de vue possible. On est ici dans des histoires extrêmes.

C’est le premier roman jeunesse que je lis qui se situe dans un hôpital psychiatrique. On est donc dans un espace clos entre gens d’horizons différents, sans liens affectifs. Ils vont devoir vivre ensemble un certain temps. De plus ils sont en grande difficultés affectives et morales. Chacun a ses préoccupations et ses centres d’intérêt. Il y a une certaine violence sous-jacente qui ressort par moment. Ils ne sont pas tendres entre eux. Ce n’est pas parce qu’ils vivent dans la souffrance qu’ils comprennent celle de l’autre. Hugo n’arrête pas de dire à Zach « alors tu n’as pas sauté par la fenêtre ?, tu n’es pas encore mort ? ce sont des appels au secours, la prochaine fois ne te rate pas… » Cette attitude provocatrice peut faire réagir dans un sens ou un autre…

La rencontre entre Morgane et Hugo va donner un sens à la vie de notre narrateur. Se lier à quelqu’un n’est pas anodin, c’est une étape. Mais ce centre n’est qu’un lieu de passage que va-t-il se passer quand on va les séparer ?

On est dans la souffrance psychique qui ne devrait pas toucher la jeunesse qui est sensée être porteuse de promesse et d’espoir rend encore plus injuste ce qu’il leur arrive. Le fait qu’ils soient tous avec des pathologies différentes les singularise et leur permet d’être vraiment eux-mêmes. A l’extérieur ils vont avoir recours à des artefacts comme l’alcool et autres drogues, pour masquer leur malaise. Quand on voit les ravages de ces deux fléaux on réalise que beaucoup de jeunes cachent leur souffrance.

L'adolescence cette partie de la vie où les sentiments sont exacerbés et où tout est à fleur de peau. Des écorchés vifs trouvent dans la poésie un écho et un  secours  car elle parle de coeurs exaltés..

La musique, la lecture et l’écriture sont des moyens  pour exprimer ses blessures et ses failles. On retrouve c’est thèmes là chez d’autres auteurs comme Eric-Emmanuel Schmitt , Michaël Uras.

C’est une jolie histoire d’amour au rythme de Rimbaud et de Boris Vian qui accompagnent Hugo vers une possible sortie du tunnel.  J’ai beaucoup plus aimé la deuxième partie du roman. Je ne sais pas si c’est parce qu’il sort du négatif et qu’il essaie de s’en sortir. Sans doute que j’ai été aussi sensible à tout ce qui est en rapport avec le fait qu’Hugo s’accroche à la littérature pour sortir la tête de l’eau.

Je remercie les Editions Michel Lafon pour leur confiance.

laffon

Capturer% rentrée 2016

 

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