Delphine de Vigan

Lu par Marianne Epin

Audiolib,  nov. 2016, 8h5, bonus, 21,90 €

 

daprès une histoire vraie4e de couv. :

« Tu sais parfois, je me demande s’il n’y a pas
quelqu’un qui prend possession de toi. »
« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.
L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser. »
Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s’aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction.

Ce livre audio a reçu le Prix Audiolib 2016.

Mon avis :

J’ai découvert l’écriture de Delphine de Vigan il y a 5 ans avec « Rien ne s’oppose à la nuit » qui m’avait bouleversé. Puis, j’ai lu « No et moi » et j’ai continué à être chamboulée par les sujets de l’intime qu’elle développe. Et cette impression que ces personnages sont ses doubles. Alors quand est paru « D’après une histoire vraie » j’étais curieuse de voir la tournure que cela prendrait. De fil en aiguille, il aura fallu que je gagne la version audio pour que je replonge dans son univers. Après avoir écouté la version audio, j’ai relu des passages du livre, je n’ai pu m’empêcher de prolonger le moment avec le livre écrit pour relever des citations.

Je devais tricoter alors c’était le moment idéal pour me laisser envelopper par la douce voix de Marianne Epin.  La comédienne avec son ton très posé avec es intonations adéquates a su entrer dans le texte, il y a presque une mise en abîme L. prenant la place de Delphine la narratrice, et Marianne Epin prenant la place de L. et de la narratrice. Elle a notamment su marquer la différence entre « L. »et « elle ». C’était aussi très touchant l’entretien à la fin du CD où Mariane Epin interview Delphine de Vigan. Delphine de Vigan revient sur le sujet de son roman à savoir la fiction et le travail d’écriture.

Je suis surtout lectrice de fiction et je rencontre souvent des  lecteurs qui ont du mal à réaliser que la fiction n’est pas la réalité surtout quand les faits semblent si « vrai » alors imaginez quand la narratrice prend quelques traits de son auteure ! Les gens prennent les choses au pied de la lettre.

Delphine de Vigan joue avec cette ambigüité, notamment en nommant son compagnon qui est médiatiquement connu, François Busnel. L’auteure parle d’une Delphine auteure qui a connu un succès avec son précédent livre qui parle de sa famille…

Cette histoire en trois parties nous plonge de plus en plus dans les méandres de l’esprit. Delphine voulant partir vers la fiction pure et L. la poussant vers une histoire vrai, une mise à nue publique et sans filtre.

On peut écouter, ou lire cette histoire sans avoir lu le roman précédent puisque ce sont deux histoires distinctes mais il y a une certaine continuité. Avec les éléments donnés dans celui-ci on aura qu’une envie aller lire le précédent pour comprendre qu’est-ce qui a pu causer ce burn-out (fictif).

Ce deuxième roman est présenté comme la conséquence du premier roman « Rien ne s’oppose à la nuit » nous laisse avec une narratrice exsangue, fragilisée par la mort de sa mère et tout ce que cela a éveillé en elle  après avoir parlé notamment des problèmes psychologiques de sa mère. Un ombre plane, celle de l’hérédité possible. Lorsqu’elle vit ses événements étranges dans « d’après une histoire vraie » on est enclin à se demander si elle ne va pas basculer dans la folie. Heureusement, Delphine situe son histoire après, elle jette un regard en arrière pour essayer de comprendre l’origine du problème.

Cet être étrange qui petit à petit envahi son espace physique et mental, semble vouloir se substituer à Delphine l’héroïne.

L’histoire est raconté à postériori, alors on présume quelle s’en ai sortie de cette situation cauchemardesque mais à quel prix et dans quel état.

Ce qui m’a plu c’est le travail sur l’écriture, sur les observations de ses propres réactions face à ce qu’elle vit, ce qu’elle ressent et  ce qu’elle subit.

Lorsque L. énumère les livres qui sont dans la bibliothèque, j’avais l’impression d’entre la liste de certains des livres que j’ai, que je veux lire ou que j’ai lu. C’est donc un roman qui laisse une trace des lectures qui ont marqué ces dernières années. Bien entendu, on a envie d’aller se plonger dans tous ces titres pour essayer de voir ce qu’elles ont vu L. et Delphine.

Sans trop dévoiler l’histoire, ces énumérations ont un rôle dans l’intrigue, ce n’est pas juste citer pour citer.

On a donc le sujet de l’écriture qui est développé dans ce roman mais aussi celui des influences de la littérature.

Cela va paraître présomptueux mais parfois j’avais l’impression de m’entendre penser par moment ce personnage de Delphine. Elle a un je ne sais quoi dans ses auto-analyse et se observations qui me correspondent bien. On a certaines interrogations en commun… sauf que c’est beaucoup plus clair et construit que ce que je peux penser.

Les petits jingles musicaux accentuent l’ambiance assez sombre.

Je pense que vous l’aurez compris c’est un coup de cœur.

Je remercie les Editions Audiolib pour ce cadeau.

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