Sibylle Grimbert

ISBN : 9782843377099

Anne Carrière Editions , 22 Août 2013, 192 p.

LU DANS LE CADRE DE L'OPERATION "ON SE LIT TOUT" LIBFLY

sam green

4 e de couv :

Dans Le Fils de Sam Green, Sibylle Grimbert nous invite dans l’intimité d’une famille. Un fils vient de perdre foi en son père. Et alors que sa croyance s’écroule, il doit affronter une question létale : a-t-il été une victime, parmi d’autres, d’un égoïste, ou a-t-il été, par égoïsme, le complice d’un bourreau ?
Voici un thème classique, puissant, où l’auteur déploie son talent pour la capture d’instants fugaces, l’entrelacement signifiant des non-dits, et la maîtrise du drame familial. Mais ce Sam Green n’est autre que Bernard Madoff, et Sibylle Grimbert, une puissante vigie.
L’affaire Madoff est inexplicable dans une perspective rationnelle : elle reposait sur une arnaque si grossière qu’en toute logique ses victimes – dont le point commun était d’être bien informées des us et pratiques de ce milieu de la finance – ne pouvaient pas tomber dedans. Mais voilà, les pigeons avaient foi en leur bourreau et en un monde de privilèges et de toute-puissance dont ils n’auraient jamais osé formuler qu’ils le rêvaient magique, avant qu’il ne se transforme en malédiction planétaire.
Le Fils de Sam Green est bâti sur un axiome shakespearien bien connu : « Le monde entier est un théâtre. Et tous, hommes et femmes, n’y sont que des acteurs. » Il possède d’ailleurs des accents « leariens » indéniables. C’est un roman aussi tranchant que vital parce qu’en nous rendant familier un drame que l’on préfère imaginer opaque et étranger, l’auteur nous pousse la scène de la plus grande tragédie de notre temps. Par la force amère et la triste élégance de sa démonstration, la complainte du Fils de Sam Green nous interdit de nous prétendre pantins et nous laisse acteurs, c’est-à-dire libres de croire ou pas, d’agir ou pas, d’être ou de passer.

 

Ma chronique :

J’ai reçu ce livre dans le cadre de « on vous lit tout » organisé par Libfly et le Furet du Nord, merci beaucoup. C’était donc une totale surprise. Lorsque j’ai lu la quatrième de couverture je me suis dit que j’allais découvrir un livre intéressant. Il y a effectivement des points intéressants. Elle aborde le problème de biais. Nous n’avons pas la vision de l’escroc ni de la victime ruinée mais le dommage collatéral son fils. Le premier réflexe lorsqu’une escroquerie est dévoilée c’est que tout l’entourage était au courant et en a profité. Ici, nous avons une nuance le fils travaillé dans la partie légale.

Ce roman est une longue introspection d’un homme qui approche de la quarantaine et qui réalise qu’il a vécu dans le mensonge. Il ne se donne pas forcément le beau rôle. Il s’interroge et mets à plat ses réflexions. On voit à travers se questionnement défiler sa vie d’adolescent à père de famille. C’est l’heure du bilan.

Sa vie est une longue suite de dérobades. Il a fermé les yeux et n’a rien vu ou n’a rien voulu voir. Il est passé à côté de la vie.

Le narrateur n’ pas de nom il est le « fils de Sam », « le mari de Katherine », « le père de Daniel ». Cela reflète sa place dans sa famille et dans son monde.

Les faces à faces avec le père n’aboutissent pas au résultat que le narrateur escompte.

La parole est un thème très important. Le narrateur a besoin de mettre des mots sur ce qui lui arrive.

Les titres des six chapitres sont très explicites : « De quoi te plains tu ? » à « Alors je verrai à quoi je ressemble ».

Mais les investisseurs et tout le milieu financier on aussi voulu croire à ce mirage.

Comment va-t-il se sortir de cette histoire ? Il n’a plus de crédibilité dans son métier. Les procès sont en cours. On le mets dans le même sac que son père. Il n’a pas le charisme qu’il faut pour mettre les médias dans sa poche. Va-t-il entraîner avec lui sa femme et son fils ? Va-t-il se suicider ? Va-t-il fuir… Va-t-il prendre une décision ?  Y a-t-il une bonne décision ?

C’est un roman où il y a assez peu d’action, il ne s’agit pas d’une intrigue, ce n’est pas le propos. Les rouages du mécanisme ne sont pas développés alors même si l’on ne comprend rien à la haute finance, cela n’a aucune importance, puisqu’il s’agit de ramener le sujet à l’humain. Les questions sont pertinentes  et les réponses assez attendues. Un peu trop d’apitoiement sur sa personne à mon goût et un rythme trop lent.

 

 

on vous lit tout

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