Lionel Davoust

Editions Critic, 2014, 358 p., 19 €

Lu dans le cadre du mois de Lionel Davoust

Book en Stock // Editions Critic

route de la conquête4e de couv. :

"En son cœur, en son âme, l'espèce humaine est déséquilibrée. Nous apportons l'équilibre, la durée, la stabilité. C'est juste, et indispensable. C'est notre mission. Mais... que se passe-t-il quand on rencontre un peuple déjà équilibré ?"
   On la surnomme la Faucheuse. Débarquée trente ans plus tôt dans le sud, la généralissime Stannir Korvosa assimile méthodiquement nations et tribus au sein de l’Empire d’Asreth, par la force si nécessaire. Rien ne semble  résister à l’avancée de cette stratège froide et détachée, épaulée par des machines de guerre magiques.
   Parvenue à l’ultime étape de sa route, elle est confrontée à un nouveau continent – un océan de verdure où vivent des nomades qui ne comprennent pas les notions de frontières ou de souveraineté. Elle doit pourtant affirmer l’autorité impériale car, dans le sous-sol de la steppe, se trouvent des ressources indispensables pour Asreth. Mais après une vie de conquête, Korvosa pourrait bien rencontrer la plus grande magie qui soit… et affronter un adversaire inédit : le pacifisme.

 

Mon billet :

Je commencerai cette chronique par la magnifique couverture de ce livre. C’est elle la porte d’entrée dans ce nouvel univers que je vais découvrir… Après lecture je peux vous dire que cela représente bien Korvosa en armure.

Une grande armée commandée par « La Faucheuse » en personne, la généralissime, entre en scène. Elle est à la tête d’une armée qui détient des armes technologiques puissantes, une armée en structurée, qui agit en fonction de stratégies étudiées, qui vise la soumission ou la destruction. Elle m’a fait penser à l’armée romaine rasant tout sur son passage et annexant au fur et à mesure. La première scène est la description d’une hécatombe. J’avoue que je ne m’attendais pas à entrer direct au cœur d’un massacre. Je peux vous dire que le lecteur en prend plein la vue ! Fasse à se rouleau compresseur  je me suis demandé dans quoi que je m’engageais…

Mais très vite cette armée semble se heurter à un vide. Il n’y a pas d’ennemi en face. C’est assez déstabilisant pour ces conquérants. Face à eux pas de résistance, car il n’y a qu’un immense espace dégagé avec des gens qui vivent en harmonie avec ce milieu quasi désertique. Ce peuple n’a rien de belliqueux.

Les machines de guerre contre des Wekas (herbivore inoffensifs)… On n’est pas au bout des paradoxes. On visualise bien la scène car cela m’a fait penser à l’arrivée des européens armés  face à des amérindiens.

Les négociations entre la faucheuse et le patriarche de se groupe de Umsaï, vont être du même acabit. Il n’y a aucun moyen de prendre possession de cet être qui porte le « titre de « déjà-port ». Les Umsaïs n’ont pas de notion de territoire, de possession et tous les arguments de l’Asreth n’ont aucune prise sur eux.

L’empire veut s’étendre dan une but d’emprise et de possession mais aussi avoir accès à la danaclase matière dont dépend leur technologie. Là on aborde le sujet de la magie. Elle est omniprésente dans ce roman mais très différente selon si on se met du côté des Asreths ou des Umsaïs… Là aussi il ya confrontation de deux philosophies et donc de deux besoins et utilisations complètement opposées. Ceux qui aiment  cette thématique y trouveront leur compte, le sujet est bien développé.

Je ne vais pas vous en dire plus je voulais juste vous montrer qu’en à peine trois scènes plus ou moins longues Lionel Davoust nous tisse la grande toile de son récit.

Nous avons un décor fabuleux « l’océan vert », cette vaste plaine des Umsaïs. Deux sociétés diamétralement différentes, donc deux façons de penser incompatibles.

On a toute une thématique sur la grandeur. Lionel Davoust nous parle d’espace assez vaste pour que tout le monde puisse vivre en harmonie. L’armée prend aussi beaucoup de place, les individus qui la forment portent des armures qui les grandissent encore plus. Tout est fait pour la grandeur de l’empire…

Les plateformes roulantes où vivent les Umsaïs son grandes et hautes. Les wekas sont des animaux assez gros.

Ce qui m’a plu c’est le mouvement de l’œil du lecteur, je m’explique. Quand je lis j’imagine les scènes… comme vous je suppose. Et bien si vous êtes sensible à cette façon de faire vous voyez que certaines scènes vous avez le regard perdu vers l’horizon, vers l’avant etc… ici vous commencez par avoir une scène panoramique, donc horizontale. Puis lorsqu’on arrive sur les personnages de Korvosa (la Faucheuse) et Vascay (commandante) on va avoir le regard qui monte à cause de leurs armures et engins militaires, Puis de l’océan vert on va lever les yeux vers les hauteurs de la plateforme, puis des wekas (sol) on ira vers les aigles (ciel)… Du vaste empire au petit peuple Umsaï… Ces mouvements donnent une dynamique à la narration. Si vous ajoutez cela aux mouvements des protagonistes cela donne une cohérence et cela accompagne les propos tenus, les actions réalisées. Il ya des échanges entre les groupes et au sein des deux groupes, cela fait monter les tensions puis retomber. On est bien sur « la route de la conquête », je ne sais pas si je suis claire… qui dit route dit avancer, bouger, bifurquer etc… qui dit conquête dit batailles et négociations.

Le récit ne se contente pas de guerre, d’armes et d’action. Il y a d’autres enjeux. Il y est question de l’âge. Parmi  les différences entre les deux civilisations qui sont face à face il ya les conceptions autour de l’âge. Nous avons du côté des Asreth, Korvosa face à Viscay. L’une à atteint son apogée et on attend qu’elle décline pour prendre sa place. Du côté des Umasaï , nous avons « Le déjà-mort » Hesle qui est un sage qui vit en marge en attendant de mourir et  qui joue un rôle  de médiateur dans sa société et son fils représente l’avenir de son peuple au même titre que les autres jeunes. Dans un cas (Asreth) on est dans la compétition et dans l’autre (Umsaïs) on est dans le passage de relais.

Dans ce roman ce qui a beaucoup intéressé c’est la thématique du langage. Le langage verbal, le langage symbolique, le langage corporel. Nous avons donc des échanges philosophiques  et politiques très intéressants. Mais il y question d’interprétation et traduction. Les Umsaïs ont un parlé différent et c’est Korvosa, la conquérante qui va faire un effort pour comprendre ce que le vieil homme veux lui transmettre comme message. Au début cela ressemble un peu à un dialogue de sourd, c’était drôle et dramatique cette confrontations des concepts. Dans ce roman il y est question de relations humaines parfois faussées par des fonctions.

Bon j’espère ne pas avoir perdu mes lecteurs en cours de route… le mieux c’est que vous lisiez ce roman, il est beaucoup plus clair !

Je voulais vous parler des couleurs et d’autres sujets mais il faut à un moment donné arrêter de trop dévoiler un texte…

J’ai beaucoup aimé la façon de raconter de Lionel Davoust et son humour.

Je ne sais pas si c’est de l’avoir vu dans la vraie vie pendant que je lisais sont roman, j’ai mis un temps fous à écrire cette chronique ! (voir article Festival méditerranéen du polar et du livre d’aventure)

Je remercie Dup et Phooka pour ce mois de Lionel Davoust, les centaines de questions réponses sur leur blog book en Stock m’ont permis de mieux cerner l'auteur. Merci aux éditions Critic pour ce partenariat. Par contre ma wish list est moins contente !!!

Merci pour ce beau  et  terrible voyage…

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