L’impasse
Olivier Descosse
Editions Michel Lafon, octobre 2019, 633 p., 20,95€
Mes lectures Michel Lafon
4e de couv. :
Il a écrit le pire, à présent il le vit.
Marc Caron a tout pour être heureux. Une femme merveilleuse, Lucile ; un adorable fils de onze ans, Arthur ; et en tant qu'auteur de thrillers, un succès planétaire.
Alors pourquoi ces crises d'angoisse terrifiantes, ces cauchemars sanglants et ces épisodes de somnambulisme qui le laissent sans souvenirs au réveil ?
Seule certitude, depuis six mois il ne maîtrise plus rien.
Même si elle l'aime toujours, Lucile est à bout. Un soir, elle lui annonce qu'elle va le quitter et emmener leur fils.
Le lendemain, Arthur disparaît.
Fugue ? Enlèvement ? Incapable de se rappeler ce qu'il a fait pendant les douze heures au cours desquelles Arthur s'est évaporé, Marc est aussitôt suspecté.
Incarcéré, lâché par tous et menacé, il plonge dans un monde de violence que, jusque-là, il n'avait fait qu'imaginer dans ses romans.
Pour découvrir ce qui l'a conduit dans cet enfer et tenter de sauver sa famille, il devra affronter une réalité à la noirceur insoupçonnée.
Ma chronique :
Ce qui m’a fait choisir ce roman c’est le fait que le personnage principal soit un écrivain. C’était comme une mise en abîme, l’auteur crée un personnage auteur qui écrit des thrillers et devient un acteur dans une affaire digne d’un thriller.
« L’impasse » se déroule à Paris, pour ceux qui connaissent cela va donner un plus à la lecture.
J’ai été surprise que la presse se soit tenue en retrait. On a bien un ou deux articles qui sont évoqués mais sans plus. Le beau-père a le pouvoir et l’argent, ça serait une explication, donc pas de traque ni de fuite dans les tabloïds, alors qu’il y a matière …
Si dans un premier temps j’ai été surprise par la taille du roman j’ai vite découvert qu’il se lisait facilement et qu’il n’y a rien à couper dans le texte. Il y a des informations jusqu’à la dernière page.
Ce qui m’a plu dans ce roman c’est qu’une fois le gamin disparu on ne sait plus rien de lui. Le lecteur en sait autant que les parents, on est dans la même « impasse ». J’avais deviné une partie des énigmes qui étaientt de l’ordre de l’inconcevable pour nos deux protagonistes. J’ai mis énigmes au pluriel car il y en a plusieurs plus ou moins connectées.
C’est un roman en trois parties. La première partie, on croit partir sur quelque chose et puis on prend un virage en épingle et c’est autre chose que l’on découvre, elle s’achève sur un dilemme, une première impasse… la deuxième on relance les dés et la partie va prendre encore une autre tournure, et pour finir la troisième phase est une escalade et l’explosion finale. Twist, twist again…
C’est un roman qui parle de la famille, et du couple en particulier. De l’usure du temps, des petits arrangements, et des relations humaines en vase clos qui naissent dans les clans.
Diviser pour mieux régner sera la devise de ce roman. On se rend compte que tout est cloisonné ce qui empêche de croiser les données, de s’aider.
On va voir que les personnages principaux vont changer au fur et à mesure que les épreuves les acculent dans des impasses. Des personnages secondaires vont venir épauler ou enfoncer les personnages, il y a autant de hauts que de bas. Cela va modifier le rythme à la narration. Les tensions dramatiques vont changer en fonction des expériences.
L’auteur joue avec les décors intérieurs et extérieurs, les moments d’introspection et d’action. La partie psychologique a une grande importance quelque soit le personnage.
Dès le début on apprend qu’il existe un paradoxe d’une part ce couple a une vie sociale de part leurs fonctions respectives, et d’autre par il s’agit d’un couple fusionnel, ils n’ont pas d’amis intimes sur qui compter. Mais voilà ils sont en pleine crise donc isolés. Entre alors aussi en ligne de compte « accorder sa confiance » à de nouvelles rencontres. Ils vont devoir prendre des risques. A situation exceptionnelle réaction exceptionnelle.
Vont-ils arriver à temps ? vont-ils réussir ? Dans quel état vont-il finir ?
La notion de bien et de mal, de conscience, de justice tout perd de sa valeur dans cette histoire. A chacun de penser ce qu’il veut de la conclusion… Ce n’est qu’une fiction…
C'est le premier roman d'Olivier Descosse que je lis mais je ne pense que ce soit le dernier car j'ai pris grand plaisir à suivre son intrigue.
Je remercie les éditions Lafon de leur confiance.

