Mireille Gagné

Editions de la Peuplade, août 2020, 151 p., 18 €

Dans ma médiathèque il y a…

lièvre

4e de couv. :

L’organisme de Diane tente de s’adapter doucement. Elle dort moins, devient plus forte et développe une endurance impressionnante. L’employée modèle qu’elle était peut encore plus se surpasser au travail. Or des effets insoupçonnés de l’intervention qu’elle vient de subir l’affolent. L’espace dans sa tête se resserre, elle sent du métal à la place de ses os. Tout est plus vif – sa vision, son odorat, sa respiration. Comble de la panique, ses cheveux et ses poils deviennent complètement roux en l’espace d’une nuit. Et puis les mâles commencent à la suivre.

Quinze ans plus tôt, Diane connaît un été marquant de son adolescence à l’Isle-aux-Grues, ces jours de grosse mer où Eugène bravait les dangers, la fascination de son ami pour les espèces en voie d’extinction et – comment s’en remettre – le soir de l’incendie.

 Ce roman, une fable animalière néolibérale, s’adresse à celles et ceux qui se sont égarés.

 

Mes impressions de lecture :

J’avais repéré ce titre au moment de la rentrée mais je n’avais pas eu l’occasion de le lire. Alors je n'ai pu résister lorsque je l’ai eu entre les mains à la médiathèque.

Décidement cette maison d’édition québécoise me fait ressentir de belles émotions. Il y a quelques mois j’ai découvert l’écriture de Gyrdir Elliason  j’ai d’autres titres dans ma wish list…

La couverture de ce roman est magnifique avec ce lièvre qui nous regarde… vous verrez que dans ce roman il est omniprésent. Il est aussi beaucoup question de regard, regarder soi, regarder l'autre et regarder son environnement. Regard intérieur et regard extérieur.

J’ai beaucoup aimé le travail d’écriture. La structure qui se compose d’une double page graphique avec des traces noires qui laissent au lecteur les interprétées. Elles se répètent de manière régulière comme pour marquer un passage, une étape. Puis vient une évocation d’un aspect de la vie du lièvre, avec un style documentaire. Puis vient on découvre Diane juste après sa mystérieuse intervention chirurgicale qui est sensé augmenter ses capacités de travail. Le style est plus froid, Diane analyse tout ce qu’elle ressent, tout ce qu’elle compte faire, tout ce qu’elle fait. On a aussi un chapitre qui nous plonge dans l’enfance, on est dans le récit. Et enfin un chapitre quelques temps avant l’opération, La fatigue, la perte de contrôle, la paranoïa, l’hystérie qui se traduisent par la perte de la ponctuation, cela donne un texte à bout de souffle. Puis nouvelle double page graphique identique etc… Cela donne des rythmes différents. Passé lointain, passé récent et présent ont des titres de chapitres qui leur ressemblent.

En parlant de langue j’ai adoré les formulations québécoises, dont on retrouve les explications en fin de volume dans un lexique. J’ai aussi découvert ou redécouvert des mots qu’on n’utilise peu.

On a donc d’un côté la ville avec tout ce que le côté urbain à enlevé à l’instinct primaire, Diane a perdu son humanité et de l’autre l’île, l’archipel avec sa nature sauvage et primale. Les relations de l’homme avec la nature et les éléments. Avec se besoin de retrouver son identité profonde dans ses racines familiales.

Ceux qui me suivent savent combien j’aime la thématique de l’eau, eh bien j’ai été gâtée.

J’ai beaucoup aimé l’épilogue qui s’inspire d’un conte algonquin. Ce qui est une belle conclusion pour l’aspect « légende » « fable » que l’on ressent dans cette étrange histoire. Décidément la thématique de la métamorphose est très présente autour de moi (mon fils qui étudie "le Horla" de Maupassant, "Métamorphoz" de Jérémie Behm...)

Je comprends que ce texte magnifique se soit fait remarqué lors de cette rentrée littéraire.

Je vous invite à découvrir cette étrange aventure très bien écrite qui se lit d’un trait…

 

Pour info :

EN FRANCE :

FINALISTE PRIX LES INROCKUPTIBLES, catégorie Premier roman

SÉLECTION PRIX WEPLER – FONDATION LA POSTE

SÉLECTION DU PRIX PREMIERE PLUME FURET DU NORD – DECITRE

PREMIÈRE SÉLECTION DU PRIX L’IMPROMPTU DU PREMIER ROMAN

 

 

peuplade