Aurélie Jeannin

Editions Harper Collins, janv. 2020, 229 p., 17 €

Masse Critique Babelio / Harper Collins

 

préférer l'hiver4e de couv :

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au coeur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une
saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.
Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

 

Ma chronique :

Ce roman a attiré mon attention dès sa sortie. Aurélie Jeannin avec ce premier roman singulier  a su m'emporter dans son univers.

La thématique de la forêt est bien développée. L'atmosphère particulière de ce monde végétal fait d'arbres aux racines profondes et de branches enveloppantes, d'humus et de terre. L'imagination du lecteur se laisse glisser dans un univers sombre et inquiétant. La couverture est le prolongement de cette image.

La mère et la fille ne sont pas aussi en osmose qu'on aurait pu l'imaginer. Vivre coupées du monde (elles évitent autant que possible d'aller à la ville). Roman écrit à la première personne, c’est la fille qui nous raconte…

J'ai trouvé surprenant comment Aurélie Jeannin manipule le lecteur avec certaines tournures de phrases, elle joue avec les à priori et les interprétations à double sens. Par exemple elle dit "ma mère à perdu son mari" doit on en déduire qu'il l'a quitté ou qu'il est décédé ?

Son écriture est très travaillée, ciselée. Elle utilise plutôt les phrases courtes, économie de mots, comme les gens qui parlent peu et qui concentrent leurs paroles. On a le plaisir des mots, on a envie de relire à voix haute certains passages qui on un certains charme, un rythme, une sonnorité...

J'ai été très réceptive à certaines phrases que j'avais envie de noter, mais elles devenaient de plus en plus nombreuses.

Le rapport à soi et le rapport à l'autre qui prennent un aspect particulier à un moment donné. monde intérieur et monde extérieur s'entremêlent.

Ce roman est un coup de coeur. Un roman qui marquera cette année.

Curieuse de découvrir son prochain roman... oui je sais il va falloir attendre !

Décidément la nouvelle collection "traversée" de chez Harper Collins me correspond bien. J'avais beaucoup aimé "la science de l'esquive" de Nicolas Maleski.

Je remercie Babelio et Harper Collins de m'avoir permis de découvrir cette jeune autrice.

 

 

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