Anne-lise Besnier

City Editions, 5 fév 2020, 301 p., 18,50 €

Mes lectures City

vieille

4e de couv. :

À première vue, Colette est une grand-mère ordinaire : chapeau en plastique sur la tête, napperons en dentelle sur les lampes, belote le mardi et présence régulière chez le médecin pour des maladies imaginaires. En somme, une veuve acariâtre tout ce qu’il y a de plus classique. En réalité, Colette s’est minutieusement forgé ce rôle de petite vieille dans le but de faire enrager son fils qui la voit déjà grabataire…

Ma chronique :

J’ai eu envie de lire se roman car le personnage principal est une vieille femme et qu’il s’agissait d’une comédie. Les vieilles dames indignes sont des personnages que j’affectionne.

Le début est drôle avec cette femme d’un certain âge (71 ans) qui joue à la petite vieille acariâtre qui joue avec son fils et avec les gens. Elle tue l’ennui à sa façon. C’est un vrai travail qu’elle réalise, elle a un programme bien rodé. Mais heureusement l’histoire ne se résume pas qu’à cela.

On y retrouve des thèmes comme la famille, la solitude, la sexualité, la maladie et la mort, et le tout en rapport avec l’âge. Ainsi que l’idée de nouveau départ. A la mort de son mari elle part vivre à la ville mais pas à proximité de son fils. Il y a un paradoxe dans leurs relations ils s’aiment sans savoir se le dire et en même temps ils ne se comprennent pas. Cela donne des scènes cocasses, ce n’est ni une tatie Danielle, ni une mémé Cornemuse, elle a un bon fond. Une fois le rideau baissé on découvre une Colette touchante qui laisse tomber sa carapace. 

On va découvrir des personnages liés pour la plupart à son passé notamment ses deux amies d’enfance Odette et Madeleine. Ainsi que le petit réseau qu’elle a su se créer en jouant son rôle. Tout est compartimenté dans sa vie.

On va vite découvrir que Colette est très active dans tous les sens du terme. Elle a beau faire attention à tout, elle finit par se faire repérer. Commence alors une nouvelle étape, ce qui donne au roman un nouvel essor. D’autres personnages vont venir chambouler sa routine. C’est le côté tendre de Colette qui va être mis en avant.

Ce premier grain de sable qui vient enrayer la mécanique va être suivi d’un autre plus important. Celui-ci va venir ébranler ses certitudes. On va la voir vaciller. C’est une Colette fragilisée et plus humaine qu’on va découvrir. Les changements dans son rapport aux autres, déjà amorcé par la découverte de son jeu de petite vieille pénible, va encore évoluer. J’ai aimé voir se personnage se développer et changer.

C’est un roman agréable, une belle récréation qui vous fera passer un bon moment. C’est un feel good qui se dévore car on veut découvrir le fin mot de l’histoire… C'est juste ce qu'il me fallait pour me détendre après une semaine bien chargée.

On ne regardera pas ses parents ou grands-parents de la même façon...

C’est un premier roman alors je suis curieuse de voir dans quel univers nous entrainera le prochain roman de Anne-Lise Besnier.

Je remercie City Editions de leur confiance.

city éd

 

NB :

Sur ce blog vous trouverez  certains romans de Barbara Constantine, Aurélie Valognes, Virginie Grimaldi, Loraine Fouché... ainsi que certains Nadine Monfils et d'autres qui ne me vienne pas en tête... Jonas Jonason ,   Karin Brunk Holmqvist, Arto Paasilinna...