Audrey Perri

City Editions, 6 fév 2020, 319 p., 18,90 €

Mes Lectures City

 

jeune fille de bonne famille

4e de couv. :

À la mort de son père en 1865, Eva, sans ressources, est contrainte de quitter la maison familiale. Elle a pourtant passé toute sa jeunesse dans ce lieu idyllique de la campagne anglaise, aux côtés de Constance, sa meilleure amie, devenue gouvernante à Londres quelques mois plus tôt. Lorsqu’elle apprend que Constance est morte en tombant d’une fenêtre, l’univers de la jeune femme s’écroule. Bien décidée à comprendre ce qui est arrivé, elle se fait engager chez les Gardner, la famille où son amie était gouvernante. Du salon des maîtres à l’office des domestiques, le mystère qui entoure la mort de Constance s’épaissit. Pourquoi tout le monde refuse de parler de la défunte ? Où a disparu le carnet intime de la jeune femme ? Dans les méandres d’une histoire familiale dévastée, Eva va découvrir un dangereux secret…

Une famille hantée par les secrets. Un destin bouleversé.

 

Ma chronique :

C’est avec curiosité  que j’attendais le deuxième roman d’ Audrey Perri. Je vous avais parlé en son temps de « La maison de la Falaise » qui m’avais beaucoup plu. Deux romans aux constructions différentes ce que j’ai apprécié.

J'aime beaucoup la couverture qui est déjà un premier pas dans l'histoire. La femme est au centre de l'histoire la narratrice ou l'absente ?  Elle évoque tant de choses...

« Une jeune fille de bonne famille » est un roman qu’on a envie de savourer à petite dose parce qu’il y a une atmosphère particulière et en même temps on voudrait le lire d’un trait pour avoir la conclusion. On ferme à regret le livre en laissant les personnages à leur vie… il a une vraie fin... et on reste songeuse…

Le roman débute avec une belle amitié, deux jeunes femmes ont vécu l’une près de l’autre depuis leur naissance comme des sœurs. Leurs projets d’avenir vont tomber à l’eau car toutes deux ont perdu leur père et leurs mères ne peuvent subvenir aux besoins de deux personnes. Leur séparation inéluctable va être le début de la fin…

Perte des repères, ne plus contrôler sa vie, ne plus savoir à qui faire confiance… J’aime beaucoup la période victorienne et les univers féminins. C’est une romance avec un mystère. On va suivre Eva dans ses questionnements personnels et dans sa quête. Comme dans la vie on a des périodes où l’on se concentre sur son quotidien et à d’autres on reprend l’enquête. On la voit dans son quotidien exercer son premier emploi de gouvernante (préceptrice) créer des liens. Elle va poser beaucoup de questions dérangeantes et c’est au moment où elle (on) s’y attend le moins qu’une petite réflexion vient relancer les recherches. Ce n’est pas un roman policier à proprement parlé puisque l’affaire est entendu depuis le début. Cela donne un rythme à la narration, tantôt paisible tantôt plus accéléré par l’anxiété, les émotions… selon les rebondissements.

Non-dits, lapsus et autres secrets qui refont surface vont lui permettre d’avancer et mettre à mal ses certitudes et sa confiance en son amie et en son entourage. Elle va aller d’une révélation à l’autre jusqu’à la fin.

L’atmosphère parfois délétère au sein de cette maison londonienne va donner une ambiance propice aux secrets. Il y a un côté malsain à jouer avec cette gouvernante. Les relations familiales sont étranges entre eux et les domestiques. Le danger rode.  Qui se promène la nuit dans les couloirs ? Qui laisse des objets sur son lit en son absence ? La violence est latente, elle instille la crainte et la suspicion.

Il y a des nombreux sujets abordés notamment sur l’identité, et sur la maîtrise de sa personne et du destin ainsi que la notion de liberté. Des thématiques cohérentes avec cette période de l’histoire.

On va suivre des personnages qui ont deux facettes très marquées, celle de la vie en société et celle dans leur vie intime marquée par des trahisons et des souffrances. Cela contribue à alimenter le mystère.

Cela va des jeunes demoiselles que l’on formate pour leur vie future qui sont encore dans le monde de l’enfance et peuvent faire des caprices aux adultes qui suivent les règles établies par la société.

Une part de moi s’attendait à cette fin, et une autre part de moi en aurait voulu une autre… mais chut je vous laisse découvrir la chute !

J’ai pris plaisir ce week-end à suivre cette jeune provinciale dans son initiation dans le monde des maisons de la haute bourgeoisie.

J’ai beaucoup aimé le fait qu’il y a la narration à la troisième personne avec des dialogues, mais aussi des lettres et des extraits de carnet.

Je vous laisse découvrir cette histoire très prenante.

Et c’est avec impatience que j’attends la prochaine histoire de Audrey Perri.

Je remercie City Editions de leur confiance.

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