Nadia Terranova

Trad. Romane Lafore

Editions de la Table Ronde, Quai Voltaire, oct 2019, 230 p., 22,40 €

 

Mes lectures La Table Ronde

adieu fantomes

4e de couv . :

Messine est la ville natale d’Ida. Elle y revient aider sa mère à faire du tri dans l’appartement où elle a vécu toute son enfance et où commencent des travaux sur le toit-terrasse. Elle a trente-six ans, une vie à Rome, un mari, mais le passé a choisi ce moment pour ressurgir : vingt-trois ans après la disparition de son père, vingt-trois ans après ce matin où un homme rongé par la dépression a quitté le domicile familial sans rien laisser derrière lui, vingt-trois ans après que son corps s’est évaporé dans la nature, que son nom est devenu tabou, que son souvenir s’est mis à hanter les murs sous forme de taches d’humidité. Seule face aux fantômes de la maison, Ida devra trouver le moyen de rompre le sortilège pour qu’enfin son père puisse quitter la scène.

Entre les souvenirs de jeunesse d’Ida et son récit d’adulte se tisse un roman d’une grande sensibilité, sombre et introspectif. Nadia Terranova, par la finesse de son observation des liens familiaux dans une maison frappée par le drame, fait apparaître le bonheur des choses simples.

 

Ma chronique :

On nous demande souvent ce qui nous attire d’abord dans un roman le trio c’est : titre, couverture et 4è de couverture. Quelque soit la raison une fois qu’on a le livre en main c’est son contenu, sa forme et son fond.

Je n’avais pas spécialement réfléchit au titre, c’est en cela que les chroniques me sont souvent nécessaires, et j’étais en train de finir la lecture du roman quand tout à coup j’ai réalisé la force de ce titre. En deux mots il y a toute l’essence de ce roman.

« Adieu fantômes » est un roman sur l’absence qui prend toute la place alors que tout ce qui est présent est comme estompé. Une vie qui est basée sur un vide. Ce roman joue sur ce paradoxe. Les blessures de l'enfance ne sont pas aussi invisibles qu'on ne le croit à première vue.

Il y est évidemment beaucoup présent du passé, réel ou reconstruit qui paralyse. En revenant dans la maison familiale Ida réalise comment l’immeuble est détérioré par manque d’entretien… avant de prendre pleine conscience que c’est la même chose pour leur vie à sa mère et elle.

Je ne sais pas si c’est lié à mon côté méditerranéen, mais je me suis identifiée  sur certains - points, la famille, la réputation, les apparences, le silence-  j’ai donc senti la justesse de certaines réflexions, ce qui fait que pour ce que je n’ai pas connu dans la vraie vie je lui ai trouvé le ton juste.

On découvre très vite qu’Ida a toujours vécu dans une famille dysfonctionnelle. Depuis la dépression de son père elle n’a plus vraiment eu le rôle de fille, ce qui immanquablement a faussé ses relations aux autres.

Nous avons donc le thème de la famille qui est omniprésent avec la relation mère-fille. Et en contrepoint nous avons celui qui se rapporte aux couples.

J’ai aimé le rythme de la narration. Cela ne va pas se faire en un jour. Le sommeil et les rêves vont avoir leur rôle à jouer. On voit Ida comme exhumer ce passé pour compenser l’absence de corps pour enfin faire son deuil après tant d’années. Cela va se faire par étapes qui sont assez violentes, car les barrières mentales vont se briser à coup de vérité en face.

On se demande pourquoi cela ne s’est pas fait avant, tant d’années gâchées… Vont-elles enfin faire leur deuil ?

J’ai beaucoup aimé la force de la mère qui va passer outre la violence de sa fille, qui va lui laisser le temps d’avancer tout en la poussant dans ses retranchements. Dans un premier temps comme la narratrice c’est Ida on est de son côté, puis on va voir la mère donner une nouvelle naissance à sa fille, elle l’a sort aux forceps. La mère reprendrait-elle son rôle originel ?

La place des objets est très importante car ils sont chargés de souvenirs, ils sont des preuves du passé. J’ai été très sensible à cet aspect aussi. J'ai eu les même patins à roulette que sur la photo de couverture !

C’est un roman qui a eu un écho en moi et pourtant je n’ai pas vécu une chose aussi terrible que le personnage, mais Nadia Terranova a une force d’évocation qui m’a touché.

Voilà une autrice que je vais suivre. J’ai déjà repéré un autre titre aux éditions de la Table Ronde, il traite aussi du couple et de passé…  "Années à rebours" affaire à suivre !

Je remercie les Editions De la Table Ronde de leur confiance.

 

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