Bertil Scali & Raphaël de Andréis

Editions Michel Lafon, 28 août 2019, 319 p., 17,95 €

Mes Lectures Michel Lafon

AIR

4e de couv. :

Écologie : la démocratie a échoué, l’heure de la dictature est venue.

Je m’appelle Samuel Bourget. Je suis né en 1969, l’année où Neil Armstrong posant le pied sur la Lune a déclaré : « C’est un petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité. » Cette phrase a comme scellé le caractère de ma génération : l’optimisme à tout prix. Mes parents étaient pleins d’espoir pour mon avenir. Celui-ci s’annonçait pavé de plaisirs et de joies. Sauf qu’il n’en a rien été. Le monde qu’ils m’ont laissé a été anéanti et il ne reste presque rien de mon enfance. J’ai moi-même contribué à l’hécatombe. Des hommes ont été jugés et condamnés selon leur responsabilité dans le génocide écologique – « l’écocide », ont dit les juges – qui se profilait, et qui, heureusement, a pu être évité. D’autres ont gravi les échelons du nouvel ordre en raison de leur engagement au service de l’écologie. À mon sens, ce n’était rien d’autre qu’une dictature. Bien plus tard, les révélations sur les excès de la cellule AIR ont mis fin à ce régime. Lors de leur procès, les dirigeants verts ont affirmé avoir sauvé l’humanité. C’est possible.

Mais à quel prix ?

À l’époque, mieux valait ne pas être dans leur collimateur. Comme moi lorsqu’ils m’ont inscrit sur leur liste noire : la liste carbone.

Ma chronique :

Quel sujet ambitieux ! Voilà ce que je me suis dit en voyant le pitch. La couverture est superbe et le titre nous allons voir qu’il a un double sens puisque c’est un acronyme.

C’est un roman qui se lit facilement. C’est plutôt jeunesse même si le narrateur est un jeune quinqua. Dès le début on sait qu’on part sur un long flash back. Donc on sait qu’il va s’en sortir, dans quel état il faudra attendre la fin et sa famille ?

La narration joue avec des ambivalences. Le narrateur se présente comme homme pas trop heureux en famille et en parallèle on voit que le pays ne va pas bien et que des élections vont faire basculer la vie d’une nation et la sienne en particulier. On reste sur le personnage égocentré sur sa petite personne. Et on découvre que son boulot ne lui apporte pas satisfaction. On a presque pitié pour lui et puis on le voit se transformer en un autre homme du moment que l’état s’en prend à l’entreprise où il est cadre dirigeant. En ce qui concerne sa famille il passe du looser au mec qui prend tout en main et qu’on suit aveuglément… J’avoue que je suis restée scotchée. 

Ce que j’ai trouvé excellent c’est le côté « c’est là maintenant » on a même Greta Thunberg et son discours à la Cop21 du 24 décembre 2018. C’est quelque chose qui me fascine l’introduction de l’actualité dans des romans. Cela donne l’idée d’un avant / après un évènement.  Et là je me dis qu’on va avoir une vague de roman où ce mouvement autour de Greta va devenir un élément dans les romans. Pour moi donc ce roman est le premier où je vois apparaître ce sujet.

Je suis plutôt lectrice de post-apo lorsqu’il s’agit de dystopie. Là c’est surprenant car il n’y a pas une catastrophe « naturelle » qui engendre les événements. C’est justement pour qu’il n’y ait pas de catastrophe qu’une présidente et son général vont créer un certain chaos. Pourquoi fallait-il que ce soit la première femme présidente de la république française qui prenne de telles décisions ? Je vous laisse tirer vos conclusions.

J’ai bien aimé l’enchaînement des rencontres qui vont permettre à cette famille d’aller se mettre au vert et les aider à faire leur transition écologique. Il faudra attendre la fin pour que le narrateur aborde certains sujets que je trouvais plus intéressant comme « comment vivre en ville ».

C’est un roman très abordable par tous les lecteurs qui ne sont pas habitués aux dystopies plus radicales. Les auteurs on utilisé beaucoup de ressorts narratif mais sans aller trop loin, ce qui peut être un tremplin pour débuter. Il y a l’angoisse du narrateur au début de l’aventure à partir du coup de fil de sa femme… s’en suit la « traque », la «fuite »  qui donne le petit côté suspens… jusqu’à quand vont-ils être sur la sellette… je vous laisse le lire.

Il y a ensuite toute la partie découverte et adaptation à une nouvelle vie. Là on va dire que ça s’adresse aux urbains. Si vous venez chercher des infos pour changer de vie ce n’est pas le propos.

Vous l’aurez compris mon avis est mitigé peut-être parce que je n’ai pas le même parcours que les personnages…

Au niveau des discours  c’est un peu trop « c’est votre faute », en parlant de ma génération… on disait déjà ça a nos parents alors qu’il y avait eu les années 60 est d’autres façon de penser… dont c’est un vaste sujet… Donc sur le fond soit c’est trop radical soit pas assez…

Sur la forme j’ai bien aimé les titres de chapitres qui forment déjà une petite histoire. Les chapitres sont bien cadencés avec des pauses. On a le temps de souffler et pourquoi pas de réfléchir. 

Je suis très contente de l’avoir lu car il y a matière à réflexion… et invite à la vigilance.

Je remercie les éditions Michel Lafon de leur confiance.

lafon

 

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