Gabriella Zalapì

Editions ZOE, 2019, 104 p., 12,50€

Dans ma médiathèque il y a…

antonia

4e de couv. :

Antonia est mariée sans amour à un bourgeois de Palerme, elle étouffe. À la mort de sa grand-mère, elle reçoit des boîtes de documents, lettres et photographies, traces d’un passé au cosmopolitisme vertigineux. Deux ans durant, elle reconstruit le puzzle familial, d’un côté un grand-père juif qui a dû quitter Vienne, de l’autre une dynastie anglaise en Sicile. Dans son journal, Antonia rend compte de son enquête, mais aussi de son quotidien, ses journées-lignes. En retraçant les liens qui l’unissent à sa famille et en remontant dans ses souvenirs d’enfance, Antonia trouvera la force nécessaire pour réagir.

Roman sans appel d’une émancipation féminine dans les années 1960, Antonia est rythmé de photographies qui amplifient la puissante capacité d’évocation du texte.

 

Ma chronique :

J’ai rencontré l’éditrice de chez Zoé à la comédie du livre. Ils sont terrible ces éditeurs qui défendent leur livre ! Vous repartez avec l’envie de lire tout leur catalogue. N’ayant pas le budget nécessaire je m’amuse à piocher dans le fond de la bibliothèque départementale qui alimente la médiathèque de mon village !

J’ai lu ce journal et en parallèle j’écoutais les émissions sur Virginia Woolf sur France Culture. Il s’est créé des connexions entre le personnage d’Antonia et cette écrivaine qui défendait le droit de la femme à pouvoir mener sa vie intellectuelle librement.

On voir Antonia se débattre dans un couple qui ne lui convient pas. Ce bref roman montre une femme qui a reçu une éducation particulière d’aristocrate et qui est coincée dans une vie étriquée où elle ne peut s’épanouir. L’argent ne fait pas tout.

Elle va ouvrir une boîte de Pandore en commençant à trier les papiers de sa grand-mère paternelle. Moment clé d’une femme. Résurgence des souvenirs à travers les écrits de sa grand-mère et des photos. Plus qu’un travail sur la mémoire familiale c’est un véritable puzzle qu’elle met en place pour avoir la force de prendre une décision, prendre sa vie en main. C’est une question de vie ou de mort.

On découvre avec une économie de mots la souffrance engendrée par une mère toxique qui a sape son estime de soi. Elle découvre ce qui a fait d’elle cette femme égocentrique qui vit dans son monde. Antonia se débat pour ne pas reproduire le schéma avec son fils. Arthur est pris en charge par la nurse, par la pension mais Antonia ce qui crée une distance entre mère et enfant. On la voit se débattre.

J’ai beaucoup aimé l’écriture de Gabriella Zalapì, des phrases assez brèves où l’on sent que le choix des mots est important. J'ai adoré le travail dans la composition : introduction de poèmes, de lettres, la forme liste à la forme négative... Le choix d'écrire sous forme de journal donne à la narration un côté encore plus intime, plus qu'une simple introspection. Magnifique premier roman.

Gabriella Zalapì un nom à retenir...