Francis Schull

City Editions, 2019, 253 p., 16,50 €

Mes lectures City

 

vendanges tardives4e de couv. :

Léopoldine, la postière d'Oberwihrheim, découvre en faisant ses dévotions à la Vierge, un cadavre dans le confessionnal de l'église. C'est celui du maire adjoint, tué d'un grand coup sur le crâne. L’homme était aussi un important vigneron de ce village, fleuron de la route des vins d'Alsace. Émule de miss Marple, grenouille de bénitier et quinquagénaire excentrique, Léopoldine se met en tête de découvrir le meurtrier avant le gendarme chargé de l'enquête. Il faut bien reconnaître que l’homme n’est pas un cador ébouriffant d'efficacité… Dans ce village animé par des guerres viticoles sans merci, des ragots tous azimuts et de vilains petits secrets de voisinage, l’enquête s’annonce épineuse. Sans compter qu’un mystérieux corbeau vient semer la zizanie. C’est sûr, Léopoldine a du pain sur la planche… et un petit verre de blanc sur la table !

 

Ma chronique :

Un roman policier qui nous fait passer un bon moment dans les vignes alsaciennes. Pour moi qui suis du sud, c’est très exotique, cela  commence par les noms des lieux (un excellent exercice de prononciation !)… en ce qui concerne les vins ils voyagent bien et cela me change des vins du Languedoc-Roussillon que nous dégustons en cette période estivale ! A consommer avec modération quelque soit la provenance…

Une excellente lecture pour votre été si vous êtes dans la région où se déroulent les événements cela ajoutera une touche supplémentaire et si vous êtes loin comme moi cela vous fera voyager… c’est mon côté voyageur immobile qui prend plaisir.

Nous avons donc une vie de village, comme on peut en voir partout, avec les particularités liées à la géographie et au milieu viticole. On va donc retrouver des personnages qui vous en rappelleront d’autres que vous avez peut-être croisés. Les amateurs de polar du terroir vont se régaler !

J’ai bien aimé Léopoldine et on sent que l’auteur a pris plaisir à la « croquer » il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. J’espère qu’elle deviendra un personnage récurrent car avec tout ce qu’elle sait on risque d’en apprendre de belles. Elle est « copine » avec toutes les femmes du coin, et elle sait comment faire parler les hommes.

On va ainsi retrouver les notables qu’on peut croiser dans les villages avec leurs petits travers liées à leur fonction, ainsi que ce qui et connu de tous mais dont on ne parle pas. Les langues se délient lorsque quelqu’un meurt c’est bien connu, les absent on tort !

Francis Schull égratigne les images gens de tous les milieux que ce soit le maire et les élus, les gendarmes, les journalistes et les correspondant en particulier, les vignerons et autres habitants emblématiques.

J’ai bien aimé les petits apartés en italiques qui nous montrent les pensées des protagonistes alors qu’ils sont en train de dire autre chose, ou ne pas tout dire. Leurs petits commentaires permettent au lecteur d’en savoir plus que les intervenants, ils  montrent aussi leur côté roublard, chacun voulant tirer la couverture à soi. Le nombre de suspects est assez réduit et c’est ce qui rend l’enquête encore plus difficile car chacun avait envie de voir disparaître celui qui meurt !

C’est un roman qui a sa place dans les « mystery cosy » que j’affectionne mais à la version française. Les scènes cocasses, les répliques  drôles ou sarcastiques, des personnages hauts en couleur.

Je remercie City Editions de leur confiance.

 

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