Anne Youngson

Trad. Perrine Chambon

Editions Denoël, mai 2019, 256 p., 19,90 €

 

Mes Lectures Denoël

B26871

4e de couv :

Lorsque Tina Hopgood écrit une lettre depuis sa ferme anglaise à un homme qu’elle n’a jamais rencontré, elle ne s’attend pas à recevoir de réponse. Et quand Anders Larsen, conservateur solitaire d’un musée de Copenhague, lui renvoie une missive, il n’ose pas espérer poursuivre les échanges.
Ils ne le savent pas encore, mais ils sont tous deux en quête de quelque chose.

Ma chronique :

Ce roman m’a appris des choses sur l’homme de Tollund, j’avais déjà entendu parler de cet homme retrouvé momifié par dans les tourbières. Il est un peu un personnage de cette histoire puisque c’est lui la pierre angulaire de cette «rencontre ». Le titre original de ce roman est « Meet Me at the Museum ».

Si la première lettre n’est pas adressée à celui qui va la lire, les suivantes vont le devenir. En effet dans un premier temps, c’est vers un vieux scientifique qu’elle est adressée, une sorte de bouteille à la mer …

C’est comme si Tina se parlait à elle-même mais contrairement au journal intime un lecteur inattendu va faire écho à cette demande. Elle va entrer en contact avec quelqu’un capable de « l’écouter » et de lui répondre.

Le destin faisant bien les choses la lettre dont le destinataire est dans l’incapacité de répondre va trouver le bon destinataire.

Les personnages ont plus ou moins la soixantaine, ils sont enfermés dans leur routine, ils sont conscients que la vie passée est plus longue que leur vie future. Est-ce cela qui va les aider à dépasser leur habitudes ?

Je n’ai pu m’empêcher de penser à « Quand souffle le vent du nord » de Daniel Glattauer, sauf que l’âge des protagonistes et leur expérience donnent une autre vision du couple et tout ce qui concerne l’attirance physique. Vont-ils se rencontrer ? Est-ce une finalité en soi ?

On est plus sur des réflexions sur les choix de vie, la famille, le devoir accompli et la loyauté.

J’ai adoré voir les personnages évoluer au fur et à mesure qu’ils se dévoilent, qu’ils affrontent leurs fantômes.

Ce que j’ai beaucoup aimé ce sont les fils rouges qui font que ce roman n’est pas une succession de lettres. Il y a cette image de la vie, je n’ai pas retrouvé la citation, que Tina décrit comme un chemin bordé de framboisiers, dans une promenade  on cueille des framboises et quand on fait le chemin inverse on se rend compte qu’on en a ratées quelques unes… mais sur le chemin de la vie on ne passe qu’une fois donc il faut observer et prendre tous les fruits…. Au cours des différentes lettres cette image va revenir chez nos deux protagonistes…

Ce qui ‘a aussi intéressé ce sont les effets miroir entre toutes les anecdotes qu’ils se racontent au cours des moins qui passent. On aura par exemple trois ou quatre histoires sur le même sujet, sans trop vous dévoiler nous avons l’histoire d’une femme qui tombe enceinte et se mari,  plus tard on a une autre histoire d’une femme qui devient mère et à qui on enlève l’enfant, et dans la même thématique, une femme qui tombe enceinte et veut faire son bébé toute seule… Quelle que soit la solution il y a du pour et du contre, il n’y en pas une meilleure que l’autre et c’est de cela qu’ils échangent leurs points de vue en tenant compte de l’autre. Ce n’est pas un comparatif en soi c’est juste que d’autres vies et d’autres expériences viennent se greffer à leur conversation épistolaire. Tout est réfléchi et pondéré sans jugement.

Ils semblent diamétralement opposés pour ce qui touche à  leurs caractères, leurs éducations et leur choix de vie et c’est ce qui rend leurs échanges intéressants.  Elle habite en Angleterre et lui au Danemark, deux cultures… je ne sais pas si dans la version originale on sent une différence dans leur anglais respectif. Il fait parfois allusion à des difficultés pour trouver le mot exact, mais rien ne transparait en français.

J’ai noté qu’en ce qui concerne la composition familiale il n’y a pas les parents de tous ces adultes, donc pas de regard de l’ancienne génération. Tina et son mari son les personnages les plus âgés. L’intervention des petits enfants est minime.

C’est un roman touchant, car il aborde de nombreux aspects de la vie de tout un chacun avec ses joies et ces peines. Ils sont aussi très touchants avec leurs précautions, leur façon de s’excuser, d’avoir peur de blesser l’autre, peur de l’avoir ennuyé ou mis mal à l’aise… leur loyauté envers les décisions prises etc.

On va suivre pas après pas les changements profonds que ces échanges épistolaires vont apporter ainsi que d’autres événements extérieurs.

Je le conseille à ceux qui aiment les romans épistolaires et les histoires de relations à distance.

 

Je remercie les éditions Denoël de leur confiance.

Denoel