Ariane Bois

Belfond, coll. Pointillé, mars 2019, 228 p.

Mes Lectures Belfond

ile aux enfants

4e de couv. :

Pauline, six ans, et sa petite sœur Clémence coulent des jours heureux sur l’île qui les a vues naître, la Réunion. Un matin de 1963, elles sont kidnappées au bord de la route et embarquent de force dans un avion pour la métropole, à neuf mille kilomètres de leurs parents. À Guéret, dans la Creuse, elles sont séparées.
1998 : quelques phrases à la radio rouvrent de vieilles blessures. Frappée par le silence dans lequel est murée sa mère, Caroline, jeune journaliste, décide d’enquêter et s’envole pour la Réunion, où elle découvre peu à peu les détails d’un mensonge d’État.  
À travers l’évocation de l'enlèvement méconnu d'au moins deux mille enfants réunionnais entre 1963 et 1982, dans le but de repeupler des départements sinistrés de la métropole, Ariane Bois raconte le destin de deux générations de femmes victimes de l’arbitraire et du secret. L’histoire d’une quête des origines et d’une résilience, portée par un grand souffle romanesque.

 

Ma chronique :

J’ai découvert l’écriture de Ariane Bois avec « les gardiens de nos frères » et je trouve que ce roman est dans la même lignée. Celle de la jeune  génération qui recherche des dossiers du passé, pour comprendre ce qui c’est passé.

« Lîle aux enfants » est un roman qu’on ne peut poser avant de l’avoir terminé. Le lecteur veut savoir, veut comprendre autant que les personnages.

C’est un roman en deux parties. La première c’est l’histoire pendant qu’elle se déroule. C’est une narration à la troisième personne, cependant le regard est surtout braqué sur Pauline.  La deuxième partie c’est Caroline qui est la narratrice « je » et on suit l’histoire à partir du moment où elle se lance dans cette aventure.

Le roman débute avec une série d’épreuves qui révoltent le lecteur. Le ton est donné, on ne cache pas les horreurs. On sent bien l’arrachement, le déracinement et la douleur dans la chair. J’avais entendu parler du sujet  il y a quelques années (2014 nous indique l’autrice dans l’épilogue) mais ici on suit une histoire principale de l’expérience d’une petite fille alors c’est plus parlant, même si c’est de la fiction c’est très parlant. Nous avons des témoignages moins développés qui nous permettent de voir qu’il y a eu des variantes. Toutes ces histoires ne finissent pas bien.

Ce roman nous montre aussi plusieurs raisons qui ont fait que ces enfants n’ont pas gardé de souvenirs de leur passé soit à cause du jeune âge soit parce qu’on leur a caché la vérité et ils l’on refoulée.

Certains ont gardé souvenir de leur nom et de leur origine. On verra avec quelques exemples ce qu’un retour implique.

On réalise aussi que leur souffrance n’est pas comprise. Cette incompréhension ne fait que renforcer leur culpabilité, alors qu’ils sont des victimes.

Ce roman aborde aussi la question de pourquoi ne sont ils pas retourner sur leur île à l’âge adulte, là aussi on a plusieurs exemples.

L’autrice aussi répond à la question pourquoi est-ce que l'état à fait cela. Moi je suis horrifiée de savoir que ça c’est étalé sur presque 20 ans, de 1963 à 1982… ça paraît inconcevable, incroyable ! Depuis quelques années ont voit émerger des cas d’enlèvement d’enfants orchestré plus ou moins par les États pour des raisons plus ou moins semblable. Je pense aux enfants adoptés par les franquistes en Espagne, les enfants en Argentine adoptés par les familles proches du pouvoir, les enfants de Madagascar, les enfants aborigènes…  

« L’île aux enfants » est un roman qui nous parle aussi de secrets de famille ou de non-dits qui ont une influence sur la vie de la famille en général. Vous verrez qu’il y a bien d’autres sujets que celui des « adoptions ».

Il y a des moments douloureux du côté des enfants mais aussi des adoptants qui étaient certains de bonne foi.

C’est un roman touchant de diverse façon. Il faudrait qu’il soit lu au lycée pour éveiller certaines consciences. Restons vigilants pour que cela ne se reproduise pas, sous couvert d’aider des populations en situation critique.

J’ai été transportée dans la creuse que je ne connais pas et à la Réunion que j’ai découvert à quelques mois près à l’époque de Caroline, cela m’a rappelé de beaux souvenirs.

Je remercie les éditions Belfond pour leur confiance.

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gardien de nos frères    dakota song