Jérôme Leroy

Editions de la Table Ronde, La Petite Vermillon, mars 2019, 136 p., 7,30€

Mes lectures de la Table Ronde

cimetière

4e de couv. :

«Ce livre, qui est sans doute un roman, a été écrit il y a un quart de siècle. Le narrateur se retrouve au tout début des années 90 dans une grande ville en crise du nord de la France. Il a peut-être un peu trop tendance à confondre la fin de sa jeunesse et la fin du monde. Il semblerait néanmoins, avec le temps, que quelques-unes de ses intuitions sur les désastres en cours sous nos yeux se soient révélées justes ou tout au moins assez proches de la réalité.
Si le lecteur veut bien trouver ici, tant d’années après, un témoignage d’époque sur une certaine qualité de tristesse et de silence, alors l’auteur sera comblé.»
Jérôme Leroy.

Ma chronique :

Je ne vais pas trop insister sur le plaisir que j’ai à lire l’œuvre de Jérôme Leroy, je dis œuvre car il y a une certaine unité dans ce qu’il écrit même s’il explore plusieurs genres littéraires. Je mettrais les liens vers mes autres chroniques. Je dirais juste que le mois prochain sort le premier tome d’une trilogie jeunesse chez Syros que je vais lire « avant l’effondrement »…

« Le cimetière des plaisirs » est une réédition d’un roman de 1992-1994. C’est important de le dire car l’histoire se déroule dans un certain contexte socio-culturel qui a évolué depuis. Au détour d’une phrase vous aurez même un minitel qui joue un rôle ! J’ai à peu près l’âge de l’auteur alors il y a des éléments qui me sont familiers.

« Le cimetière des plaisirs » est un roman très particulier. Par certains aspects, je le trouve très poétique. Des paragraphes très travaillés qui nous parlent des femmes, de l’alcool et de la littérature entre autre choses. C’est comme si le narrateur cherchait l’étourdissement pour oublier le temps qui s’écoule inexorablement. On retrouve la mélancolie qui caractérise certains écrits de Jérôme Leroy.

Il cite des écrivains et des poètes qui sont le reflet de son état d’esprit du moment. Il cherche dans leurs écrits un réconfort ou une confirmation de ce qu’il ressent. Il complète ses lectures en lisant l’Equipe, toute une époque.

Les auteurs cités font parti du panorama de l’époque dans un certain milieu. Le narrateur est prof de français et il écrit… En voici quelques uns.

Georges Perros (1923-1978)

Emil Cioran (1911-1995)

Dominique De Roux (1935-1977)

Chamfort (1741-1794)

La Rochefoucauld (1613-1680)

Il nous parle de la puissance des formes brèves, de leur impact sur le lecteur. J’ai beaucoup aimé les passages qui traitent de l’écriture, des romans courts et des réflexions littéraires.

Le narrateur nous parle de la fin d’une époque, personnelle et sociale.

On a une certaine tendance à  voir dans le personnage du narrateur le double de Jérôme Leroy.

Le narrateur est professeur de Français dans le nord de la France, il nous parle de la forte population issue de l’immigration, c’est comme s’il faisait un voyage immobile en faisant l’appel ou en observant les visages. C’est aussi une de ses thématiques de prédilection. L’identité et la mixité à une époque où l’on cherche l’intégration à tout crin pour rendre tout uniforme.

On retrouve les thèmes récurrents dans l’œuvre de Jérôme Leroy qui touchent à l’authenticité, l’originalité, l’identité singulière.

La solitude, autre sujet de réflexion. Le narrateur est pourtant entouré, cependant il nous fait ressentir la solitude qui nous submerge. Un certain mal-être comme s’il était dans un autre espace temps émotionnel. Avec son cœur brisé tout le conduit au désenchantement.

« Le chagrin d’amour ne guérit pas avec le temps ».

Je ne lis pas la poésie, mais si c’est votre cas il y a plusieurs recueils publiés chez les Éditions de La Table Ronde, je suppose que vous retrouverez les mêmes impressions.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde pour leur confiance.

 

table ronde

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