Katherine Mosby

Editions de la Table Ronde, col. Petit quai Voltaire, 296 p, 14 €

Mes lectures de la Table Ronde

 

sous le charme

4e de couv.

«Il y a presque toujours dans la vie un moment clé, un point divisant le temps entre un avant et un après – un accident ou une histoire d'amour, un voyage ou peut-être un décès...»

Ainsi commence le récit que fait Gabriel, dix-sept ans, de l'été qui changea le cours de sa vie. Renvoyé du pensionnat, il s'installe à Manhattan chez son frère Spencer, qui a renoncé à la carrière diplomatique pour la bohème littéraire. Enivré par sa liberté toute neuve, Gabriel goûte aux plaisirs de la ville et croise le chemin de Lillian Dawes. Artiste? Aventurière? Espionne? Cette jeune femme, indépendante et mystérieuse, est de celles qui enflamment l'imagination des hommes. Ni Spencer ni Gabriel ne sortent indemnes de cette rencontre...

Un très beau roman d'apprentissage dans le New York des années 1950.

Ma Chronique :

J’ai été attirée par ce roman pour sa couverture, sa quatrième de couverture, et aussi en partie parce que le personnage principal s’appelle Gabriel… Je ne connaissais pas l’autrice.

J’ai tout de suite était charmée par l’écriture et cet univers des années 50. Je lisais un autre roman qui traitait de cette période mais en Australie, drôle de coïncidence. Alors j’ai préféré intercaler une autre lecture entre les deux.

J’aime les personnages. Ils sont excentriques et extravagants chacun dans son genre, le côté « aristocrate américain » oisif et en même temps il y a une profondeur dans leur fêlures. Parfois un peu méprisant pour les nouveaux riches… et tous ceux qui gravitent autour.

Tante Lavinia tient le rôle de la brebis galeuse et se permet tout, je l’adore ! Elle a vécu en Europe, sa famille l’a en partie rejetée, mais elle revient riche... Elle m’a bien fait rire avec son côté « vieille » dame indigne, même si elle ne semble pas très âgée. J'ai adoré son  côté décalé et son humour particulier. Elle bien plus d'honneur que certaines personnes bien vues. Lilian Dawes c’est autre chose, elle apporte une certaine fraîcheur tout en ayant une aura sulfureuse et mystérieuse, mais elle semble venir d’un autre milieu social. Sûre d'elle et fragile en même temps.

Gabriel m’a un peu fait penser à le personnage de Holden de « l’accroche-cœur » avec ses déambulations dans New-York en fumant et en s’interrogeant, lui aussi a été renvoyé du collège, mais là s’arrêtent les similitudes.

Je ne vais pas détailler chacun d’eux…

C’est un roman qui traite des apparences, on donne le change, on montre ce que l’on veut que l’on voit. Les trompes l’œil de Lilian illustrent parfaitement cela, ils créent un monde d’illusion. Elle joue a je ne suis pas celle que vous croyez mais je suis celle que vous voulez voir. Ne vous y trompez pas, on n' est pas seulement dans un monde de frou-frou et de cocktails, de fêtes décadentes on découvre d’autres aspects moins clinquants, d'autres facettes.

On a différentes lignes de force qui viennent tisser une toile qui dessinent ce monde.

Nous avons tout un fil rouge sur la politique, le pouvoir et l’argent. Nous sommes en plein McCarthysme qui côtoie l’hyper libéralisme, tout en étant dans la même sphère de connaissances, deux mondes qui se croisent. Elle ne nous montre pas l'Amérique du haut et l'Amérique du bas, tout ce qu'elle nous montre c'est le même milieu. La jeune génération voit les choses autrement.

L’autre ligne de force c’est celle de la famille, de l’honneur et des secrets. Les traumatismes conséquences d’un père tyrannique et d'une certaine éducation… Reflets d'une société bien pensante et hypocrite. On découvre derrière des personnages qui semblent oisifs un sens moral. On a l’idée de réparer les fautes du père pour pouvoir se regarder dans le miroir. Il y a une autre facette des conséquences d'une autre éducation avec le personnage de Gloria.

Il y a aussi toute la thématique autour de l’éducation et de l’instruction. Gabriel vit une parenthèse dans sa vie, il va vivre des expériences qui vont le former plus sûrement que ce qu’il a vécu jusqu’à ce jour. Cette période de « liberté » va lui permettre de prendre la mesure de qui il est et de ce qu’il veut devenir. Toutes ces rencontres et en particulier celle de Lilian va lui permettre d’accéder à sa part intime d’homme en devenir.

Alors que le personnage principal devrait être Gabriel, le narrateur "je" et le monde des hommes, c'est pourtant tout l'univers féminin qui est mis en valeur, étrange sensation.

J’ai beaucoup aimé ce roman et le charme qui s’en dégage. Je pense découvrir les autres romans de Katherine Mosby, c'est le deuxième roman publié par les éditions de la Table Ronde.

Je remercie les éditions de la Table Ronde pour leur confiance.

table ronde

 

NB : Ce roman va rejoindre ma liste de romans que j'ai lu en 2017 celui de femmes des années 50-60 en Amérique, tel que. "Une amie  très chère " "les lumières de Cape Cod", "les vielles filles"

 

A découvrir un jour

 

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