La vengeance secrète de Tilly

Rosalie Ham

HarperCollins, coll. Mosaïc, , 2016, 313 p., 18,90 €


Existe chez Pocket 7,50 €

 Cercle littéraire de la médiathèque

Club de lecture Auf

vengeance

4e de couv.

1951. Tilly Dunnage est de retour. Chassée de sa petite bourgade de l’outback australien lorsqu’elle était enfant, elle est devenue une élégante jeune femme et une couturière de génie, pour qui le style et le chic de Paris n'ont plus aucun secret.
Sa revanche, elle la tient. Elle suscite le désir des hommes et l'envie des femmes. Celles qui la méprisent, aujourd'hui encore, veulent à tout prix ses conseils et ses robes. Alors Tilly coud. Tilly coupe. Mais, en secret, Tilly prépare le grand finale qui vengera son enfance blessée et lui rendra sa dignité.

A chronique :

Le texte original date de 2000. L’histoire se déroule en 1951 (on parle de la publication de « L’attrape-cœur de Salinger ) en Australie, il est fait référence à une robe créée par YSL en 1957 (« lys noir » erreur de documentation ?). C’est un roman qui a eu des prix et dont on a tiré un film en 2015  « haute couture » avec Kate Winslet qui semble avoir une autre portée (plus punchy). Le titre original « The dressmaker » « la couturière » est plus près du texte. Ce roman porte aussi un autre nom « la vengeance secrète de Tilly ». Le mot vengeance  dans le titre français est de trop à mon avis, il donne un côté sensationnel.

Le personnage principal est une jeune femme d’une trentaine d’année qui revient dans son village où elle a vécu des choses douloureuses. Elle sait qu’elle n’aura pas un accueil chaleureux, alors pourquoi revenir ? Se venger comme le suggère le titre ou autre chose, il faut attendre pratiquement la fin du roman pour le découvrir…

On va la voir vivre des épreuves, elle fait tout pour se faire accepter… y arrivera t elle à travers ses talents de couturière.

Ce qui est intéressant dans ce roman c’est la satire sur ce microcosme reflet d’une société et la forte présence féminine. Il y a Elsbeth qui mène sa famille progressivement à la ruine depuis son domaine, Il y a l’épicier qui détient l’argent et les reconnaissances de dette de la grande famille, il y a le politicien qui abuse de son pouvoir pour avoir une emprise sur les femmes, le pharmacien qui détient des potions et connaît les secrets intimes de la population. Il y a la postière qui espionne tous les courriers, elle aussi détient des secrets. Il y a la famille pauvre que l’on méprise mais dont on a besoin, eux ne profitent pas du pouvoir qu’ils ont dans leur main. Tilly elle a le pouvoir entre les doigts celui de créer des vêtements qui peuvent sublimer les femmes et les connaître dans l’intimité.

Il ya tout le côté sexuel avec la thématique de la virilité, de la fidélité, des apparences. On est dans les années 50 dans un bled perdu de l’Australie on se doute que l’épanouissement sexuel n’est pas une priorité.

Le côté original c’est tout ce qui touche à la haute couture. Le roman se divise en plusieurs parties qui portent le nom d’un type de tissu avec une définition. Pour ceux qui aiment la couture vous allez être gâtés par tous les termes liées à la haute couture. Les vêtements créés sont détaillés avec des termes techniques et des références aux grands couturiers.

Nous avons un personnage atypique de cette époque. Le chef de la police confectionne ses vêtements et s’habille en femmes chez lui. Là on aborde le côté apparences et des non-dits.

Rosalie Ham va jouer avec les défauts majeurs des habitants et des femmes en particulier Méchanceté, hypocrisie, luxure, frustration,  orgueil, leur vanité vont le mener au ridicule, voire plus. Je crois qu’on retrouve tous les péchés capitaux et véniels.

Il est beaucoup question de corps, leurs imperfections, leur souffrance et leur sensualité… de corps qui porte la vie et corps qui va vers la mort.

On rit parfois car il y a des scènes et des situations cocasses et grotesques.

Il y a la thématique de l’identité on verra notamment deux personnages qui changent de nom comme pour changer de vie. Il y a des questions d’hérédité, de transmission…

Mon petit bémol c’est le rythme narratif qui n’est pas soutenu. La mise en place des personnages est un peu lente. Il y a des passages un peu « décousus » qui donne une impression de patchwork c’était peut-être volontaire mais cela m’a un peu perturbé au début. Il y a des bribes de souvenirs qui viennent s’insérer. Nous aurons des réponses au cours du roman, notamment en se qui concerne la folie de la mère.

Je vous laisse découvrir...

 

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