Philippe Claudel

Voic Féodor Atkine

Audiolib, sept 2018, 6h10 , 20,90 €

Masse Critique Babelio / Audiolib

archipel chien audio

4e de couv. :

Sur une île de l’Archipel du Chien vit une petite communauté qui se pense à l’abri des soubresauts du monde. Lorsque la mer un matin rejette sur la plage trois cadavres de jeunes hommes noirs, c’est toute la tranquillité d’un quotidien réglé qui vole en éclats. Que faire de ces corps ? Les inhumer ? Les faire disparaître ? Doit-on garder le secret ou avertir les autorités ? Entre épopée, tragédie antique et thriller efficace, ce roman pose la question de notre responsabilité morale face aux grands drames d’aujourd’hui, et de notre soif de vérité qui se confronte à notre désir de préserver notre bonheur.

 

Ma chronique :

J’ai eu grand plaisir à retrouver l’écriture de Philippe Claudel. C’est la première fois que j’écoute la version audio d’un de ses romans. Je vais donc commencer par vous parler de la partie audio.

La voix de Féodor Atkine est très agréable à écouter, il a une belle diction et a su moduler sa voix pour faire vivre les différents personnages. La voix donne vraiment un plus à un texte quand elle éveille des sentiments au lecteur. J’adore la voix de ce comédien, mais ceci est une autre histoire.

J’ai écouté cette histoire sur plusieurs trajets de voiture et le soir. Les chapitres son assez courts, je n’ai donc pas eu de problème pour faire des pauses. Les chapitres numérotés sont annoncés en début de chapitre, cela permet de garder en mémoire à quel moment de l’histoire on se trouve. C’est très pratique.

A la fin de l’histoire j’étais en voiture et il me restait encore un peu de route. J’ai râlé que ce soit fini… quand tout à coup l’interview est annoncée. Quel joie de prolonger ce moment ! Ce petit plus des livres audiolib est agréable et très intéressant, on est encore imprégnés de l’atmosphère de l’histoire. Le battage médiatique autour du livre papier est loin et les questions sont différentes. Cette discussion aux voix posées permet de découvrir des facettes du travail d’écriture de Philippe Claudel, sur son regard par rapport à tout son travail : romans, films, ses thèmes de prédilection, son rapport aux élèves, le prolongement de son travail d’écrivain.

Après coup, je crois que j’aurais du écrire ma chronique avant de l’écouter car il donne des pistes de réflexion, des réponses à certaines interrogations.

Un élément a attiré mon attention ses personnages sont présentés par leur fonction : le maire, l’instituteur, le médecin, le commissaire, la vieille, le pêcheur… Ce caractère universel intrigue, je sais maintenant qu’il relie cela à la tragédie antique.

Il nous parle aussi de l’engagement de l’auteur et de qu’il a essayé de faire passer à travers la fiction. J’aime l’idée qu’il ne donne pas de leçon mais qu’il fasse réfléchir/réagir le lecteur.

Ce roman a été une agréable surprise pour moi, il y a des rebondissements auxquels je ne m’attendais pas. On croit être parti sur  un sujet et le roman s’ouvre comme un éventail avant de se refermer sur l’idée de départ mais vu autrement.

J’ai ressenti quelque chose que j’avais  ressenti avec « les âmes grises ». Cette notion de ligne frontière, dans « les âmes grises » le village est une sorte d’archipel à la lisière du champ de bataille. Ici l’Archipel du chien est à la lisière de certaines routes maritimes de méditerranée où passent les  embarcations qui débordent de migrants. On sait, on fait tout pour ne rien voir, ne pas se sentir concernés par les drames près de nos côtes.

On a une ambiance de compromission, de entre soi, ne laisser entrer que le minimum de l’extérieur. C’est dans les moments dramatiques que s’exerce le repli sur soi et le rejet de l’étranger, de l’autre.

Pour bien montrer le côté nauséabond de l’histoire on a toute cette ambiance avec le volcan qui exhale ses vapeurs soufrées et malodorante. Tout semble corrompu par ces rejets de la terre. La mort rode.

J’ai bien aimé comment le narrateur se présente, il a un rôle de conteur, une ombre parmi les ombres. Et la fin du roman est aussi dans la même est aussi dans la même idée de conte. Philippe Claudel parle de fable en parlant de ça façon de traiter le sujet, et en effet on a une sorte de morale qui conclue cette histoire.

Je ne vais pas développer ici un de mes sujet favori, à savoir le thème des éléments et notamment celui de l’eau, je me suis régalée. Tous les sens aussi sont mis à contribution. Un roman riche et prenant, que j’aurais plaisir à lire en version papier à l’occasion.

J'adore la couverture de du livre audio qui reprend en plus clair celle de l'édition livre.

Je remercie Audiolib et Babelio pour cette belle écoute.

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