Richard Russo

Trad.  Jean Esch

Éditions de la Table Ronde, sept. 2018, 295 p., 21,80 €

Mes lectures  de La Table Ronde

trajectoire

4e de couv. :

Quatre histoires puissantes et surprenantes, dont les héros, confrontés à des obstacles à première vue insignifiants, s'empêtrent dans des crises existentielles. Avec son sens du détail, Richard Russo a le chic non seulement pour déceler le comique de toutes ces situations, mais aussi pour faire s'entrechoquer présent et passé, et examiner les regrets qui entravent la trajectoire de ses personnages.

Ma chronique :

Ce titre au singulier cache en fait plusieurs trajectoires. Ce recueil de nouvelles est un vrai régal au niveau de l’écriture et des intrigues, des tranches de vies en apparence sans « histoires ». Dans trajectoire on visualise l’image d’une courbe dans l’espace, ascendante puis descendante, ainsi que la notion de mouvement car pour aller du point A au point B, il faut se déplacer et entre aussi en ligne de compte le temps, le temps qui passe ou qui est passé. Je ne vais pas vous parler d’une nouvelle après l’autre, car il y a une certaine cohérence dans l’ensemble. Je vous laisse donc découvrir ces trajectoires de vie, différentes et indépendantes.

Nous avons des femmes et des hommes entre quarante et soixante ans, ils ont un vécu et un avenir (potentiellement). Ils sont à un moment de leur vie où ils doivent prendre des décisions, faire table rase du passé pour que leur avenir soit serein.

C’est un peu l’heure des bilans personnels. La lassitude, la maladie, l’heure de la retraite, un moment clé. Les relations familiales, amoureuses, amicales, professionnelles, tout est sujet à réflexion. Ce n’est plus possible de vivre en se bouchant les oreilles, la bouche et en fermant  les yeux. Plus tems de faire semblant. Il n’y a pas recherche de rupture, on est dans la notion de bienveillance envers soi. Et arrêter de subir.

Les nouvelles se terminent par une décision, l’idée de réconciliation, de renouveau, de nouvel élan.

Les milieux observés tournent autour de la culture : enseignants, écrivains, scénaristes, création cinématographique. Le seul qui sortirait un peu de cet ensemble c’est un agent immobilier et là c’est aspect famille et maison qui prime. On retrouve la notion vie privé et vie publique, les apparences et la représentation.

J’ai trouvé les histoires très touchantes, car on est dans l’intime et les sentiments. On n’est pas dans le tout beau-tout rose. La maladie, le handicap sont très présents. On ressent bien les frustrations, les craintes, les douleurs, la colère… la joie aussi, car ce n’est pas un recueil de nouvelles tristes, juste sur la vie. On n’aboutie pas sur la résignation mais plutôt sur la résilience, l’apaisement des passions et les débordements incontrôlés.

On ressent aussi l’image que l’on se fait de la côté Est, ce côté réfléchit, posé, sûr de soi. On est dans le Maine, nord-est des Etats Unis.

J’ai découvert l’écriture de ce grand écrivain cette année.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde pour leur confiance.

 

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