Sophie Divry

Editions Noir sur Blanc, Notabilia, 2018, 235 p., 16 €

Notabilia / Rakuten

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trois fois la fin du monde4e de couv. :

Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache dans la zone interdite. Poussé par un désir de solitude absolue, il s’installe dans une ferme désertée. Là, le temps s’arrête, il se construit une nouvelle vie avec un mouton et un chat, au cœur d’une nature qui le fascine.

Mon avis :

J’ai découvert Sophie Divry par son roman « Quand le diable sortie de la salle de bain » et sa participation à la regrettée émission de France Culture « des papous dans la tête ».

Dans ‘Trois fois la fin du monde Sophie divry part du réel, c’est réaliste et direct, elle ne fait pas dans la dentelle. Elle nous présente la France pays des droits de l’Homme avec des zones de non droit : les prisons. Une fois les portes fermées pratiquement plus personne ne se sent concerné par ce qui s’y passe. Elle montre l’Homme broyé par la machine, que ce soit du côté des délinquants, des criminels ou des surveillants.

Cette première partie du roman est assez violente, elle fait réagir le lecteur. Heureusement toute l’histoire ne se déroule pas dans le milieu carcéral.

Joseph, le narrateur à 20 ans au début de l’histoire. Il est plutôt du genre à s’adapter, il a une part de lui qui recherche la vie calme, la routine et en même temps il est prêt à tous les changements. Ce n’est pas lui qui amorce  les changements. Dan la première partie, c’est son frère qui l’emporte dans sa chute. Vous verrez que dans les autres cycles de sa vie, ce n’est pas lui l’élément déclencheur.

Ce qui m’a marqué depuis le début de cette histoire c’est la place importante des cinq sens. Prenons la vue, Joseph n’a pas vu assez vite les policier qui l’ont appréhendé, cependant il va voir son frère mourir. Après la garde à vue, c’est direct la case prison et là, la vue va se réduire, portes, grilles, murs, baisse de la lumière et descente en enfer. Vous verrez que d’autres sens vont prendre le relais avant la troisième partie… puis à nouveau la vue va découvrir les lumières, les couleurs et les sensations visuelles.

L’odorat, l’ouïe, le toucher, le goût tout va venir nous montrer l’horreur, la découverte d’un nouveau monde fait de coups, de sang où tout est corrompu. Tout est négatif, même l’image ressemble à un négatif argentique. Sans vouloir vous dévoiler la suite, il va devoir réapprendre, voire apprendre de nouvelles sensations.

Dans les sensations d’espace, on a l’enfermement, puis une étape transitoire et l’ouverture vers  l’autre extrême, ensuite Joseph va de lui-même refermer son univers pour revenir à la notion de cocon, revenir à lui. Il y a une différence entre enfermement du début qui fait plutôt penser à un cercueil (prison) et  le nid pour renaître.  Joseph vit par cycles de plus en plus courts.

Joseph va se retrouver la  position d’un Robinson Crusoé volontaire, il sait qu’à quelques heures de marche la société qui l’a rejetée est là.  Il s’accorde une parenthèse dans sa vie pour se reconstruire.

La fin nous laisse espérer, quoiqu’avec son mode de fonctionnement psychologique, j’ai du mal à le voir longtemps heureux.

Je remercie « les matchs de la rentrée 2018 » pour cette superbe lecture.

matchs MRL18

noir sur blanc

 

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https://leslecturesdantigone.wordpress.com/2018/08/18/trois-fois-la-fin-du-monde-sophie-divry-rentree-litteraire-2018/

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