Yaël Hassan

Éditions Syros, sept 2018, 177 p., 6,95 €

Mes lectures Syros

tranquille comme4e de couv. :

Baptiste est un garçon rêveur, un peu trop tranquille. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est rendre visite à Barnabé, son vieux voisin bricoleur qui partage avec lui une passion insolite : collectionner les mots rares. Mais un soir débarque chez Barnabé une tornade prénommée Clara, qui prétend être sa petite-fille. Du haut de ses douze ans, Clara a une vie très mouvementée, elle parle et jure comme un charretier ! Baptiste et Clara, si différents l’un de l’autre, ont-ils une chance de s’entendre ?

 

Ma chronique :

Vous vous souvenez peut-être que j’avais découvert cette autrice lors de la sortie de son précédent roman et j’avais eu un coup de cœur.  Au cas où, voici le lien vers ma chronique «Un roman d’aventure  (ou presque)». Celui-ci a aussi frôlé le coup de cœur, ce n’est pas systématique. Il est pourtant très intéressant et prenant, autant dans l’histoire que dans la structure et  la langue.

Ce que j’ai beaucoup apprécié ce sont les petits « virages » que l’on prend. On suit Yaël Hassan sur un chemin et puis elle prend le sentier de droite, un peu plus loin à nouveau on découvre qu’on a un sentier à gauche. Et le lecteur se demande qu’elle nouvelle piste, elle va nous faire suivre pour arriver vers une jolie fin.

On a une relation intergénérationnelle, on a du harcèlement scolaire, on a des secrets de famille. Et puis, apparaît un nouveau personnage et on part sur de nouveaux mystères.

Heureusement que Baptiste est « tranquille » car sa vie va être bouleversée, émotionnellement et dans son organisation.

Baptiste est « tranquille » du moins en apparence, car en fait il est hypersensible, alors il va vivre ses nouvelles expériences avec beaucoup d’intensité.

Ce livre m’a fait penser aux romans de Barbara Constantine mais pour la jeunesse. Il y a beaucoup de bienveillance.

On va découvrir des parcours de vie très différents et chacun comporte ses bons et ses mauvais côtés.

La notion de famille est très importante. L’absence des pères est compensée par la figure masculine, voire paternelle de Barnabé.

Ce roman n’est pas triste. Il nous parle de vies gâchées de mauvais choix, de harcèlement scolaire … (je vous laisse découvrir les autres thèmes). Mais l’humour est là pour pimenter la narration et créer des situations qui font retomber la tension. Il faut dire que la jeune Clara n’a pas la langue dans la poche, une vraie petite Zazie qui va les faire un peu tourner en rond (notamment la directrice et l’assistante sociale)

Les personnages sont bien campés, chacun a un sacré caractère et une fonction spécifique dans l’histoire.

Il y a un thème très important, celui du mensonge. Le mensonge peut être vital, il sert à se protéger, pour s’inventer une meilleure vie, pour pouvoir aller de l’avant. Clara a dû apprendre à se débrouiller à travestir l’événement et les rendre plus vrais que nature. Mais d’autres mensonges par omission font partie de cette histoire. Clara a dû apprendre à se débrouiller, à travestir les événements et les rendre plus vrai que nature.

Lorsque, j’ai lu ce roman, nous venions de faire avec mon fils un exercice de français sur les différents niveaux de langue. Et j’ai trouvé que ce roman était arrivé au bon moment.

Baptiste expérimente le choc des cultures. Baptiste n’a pas une vie parfaite (harcèlement, sans amis, sans père…) mais il vit dans un foyer plein d’amour et paisible, il vit dans les livres, dans l’imaginaire, cela se ressent dans sa façon de s’exprimer. Langage recherché.

Clara, elle vit dans la rue, sa mère l’aime à sa façon, mais elle est livrée à elle-même (peur, violence, insécurité), elle est dans la réalité de la rue, elle est déscolarisée et ce qu’elle apprend c’est ce qu’elle grappille par-ci par-là. La richesse de sa langue vient de toutes les rencontres faites dans les squats, langues étrangères, langue parlée, détournement des expressions. Le titre déjà fait parti de ce jeu avec les expressions…

Un exemple. Je vois écrit « Barnabé n’est un mauvais bourge », la première fois je me dis c’est une coquille, la deuxième fois j’ai eu le temps de cerner le personnage et je me suis dis que c’était volontaire, dans un troisième temps on a vraiment confirmation qu’elle employé le bon mot.

On mesure la distance qui sépare tous  ces personnages. La conclusion est très belle puisque c’est la rencontre de toutes ces différences qui fait la richesse de la vie. C’est un roman très positif et plein d’allant.

Plus je réfléchis à ce roman, plus j’écris sur mon ressenti pour je vais vers le coup de cœur… je pourrais effacer mon introduction mais non… c’est un coup de cœur parce qu’il continue à me faire réfléchir sur l’histoire et sur le travail d’écriture…

Je remercie les Éditions Syros de m’avoir permis de lire ce nouveau roman

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