Serge Joncour

Editions Flammarion, 2006, 240 p., 16 €

 

que la paix soit avec vous4e de couv. :

« Le soir, on allume sa télé comme on demande de l’aide, et souvent c’est l’inverse qui se produit. Pour une fois, le journal de la nuit s’étire bien au-delà de l’horaire habituel. Une édition spéciale parle d’armes de destruction massive dissimulées par un furieux dictateur, d’une guerre probable entre les États-Unis et l’Irak, une guerre mondiale pourquoi pas. Je regarde ça comme les prémices d’un film à grand spectacle, j’oscille entre panique et fascination. Dans le fond, je ne serais pas contre un grand chaos généralisé, si le monde s’emballait dans un dérèglement total je m’y sentirais bien plus à ma place. Rien n’explique mieux sa peur que d’en voir la cause étalée partout, dans les journaux, à la radio, à la télévision, partout. » S. J.

 

Ma chronique :

Depuis quelques jours je vois passer des annonces et des chroniques de la rentrée littéraire 2018 de « chien-loup » de Serge Joncour. N’ayant pas de service presse j’ai noté ce roman dans ma wish list.

Alors je suis allée piocher dans ma PAL. J’avais acheté ce roman parce qu’il était écrit par Serge Joncour dont j’aime l’humour, la sensibilité et ses personnages qu’on pourrait croiser dans la rue.

Lorsque j’ai pris le livre dans les mains mon premier réflexe après avoir lu le titre fut de continuer « et avec votre Esprit ». Ah !un reste (un réflexe)  d’éducation catholique… Mais en fait ne vous inquiétez pas il n’est pas question de religion.

Dans un premier temps il est fait mention de la « crise en Irak » (2002) et la guerre (2003). On se dit que c’est le sujet du roman. Pas tout à fait, c’est plus un arrière plan, un effet miroir, deux histoires qui se répondent. On réalise très vite que d’autres guerres s’invitent  à la narration : la seconde guerre mondiale, la guerre d’Algérie… puis d’autres plus insidieuses encore : guerre d’usure, usure de l’envie de  vivre, usure due aux échecs, les financiers qui obtiennent tout grâce à l’usure, guerre de l’immobilier… Toutes  les guerres font des victimes civiles, des dommages collatéraux, des bâtiments qui s’écroulent… ici il est question de s’approprier d’un hôtel particulier transformé en immeuble dans les années 20. Un lieu chargé d’Histoire et d’histoires… il y est question de « mémoire des murs ».

On retrouve dans ce roman de Serge Joncour ces petites gens, ses anonymes brisés, en marge sentimentalement. Le narrateur « je » n’a pas de nom. Il a un côté looser, brisé, inapte à la vie sociale… Il a un côté inquiétant parfois de ses pensées lorsqu’il regarde le Journal Télévisé, il a un côté « bombe humaine » qui pourrait imploser ou exploser.

Ce roman rappelle que l’étranger ce n’est pas forcément ailleurs, c’est aussi ceux qui forment  la France.

De part certains côtés, ce roman est encore d’actualité changez la guerre d’Irak par une autre et vous retrouverez : les médias sur le pied de guerre pour un attentat, un conflit etc… Immigration politique où dû aux menaces n’a pas fini de causer des ravages. La gentrification de certains quartiers crée des  chantiers et des expulsions.

J’ai beaucoup rit notamment pendant  les scènes avec son ami chinois. Là c’est la guerre commerciale. Il n’est pas très doué en affaire notre petit français, mais il a des idées… car c’est bien connu en France on a pas de pétrole mais on a des  idées !

J’aime l’humour qui se glisse entre les pages parfois ironique, cynique ou burlesque. Le narrateur à un côté inadapté social, il réfléchit trop, il le sait, alors quand  il croise une jolie Luxembourgeoise cela donne de drôles d’échanges. Ces relations avec ses voisines sont aussi décalées, dans leur genre elles sont aussi devenues des inadaptées sociales vue leur grand âge.  Parfois on se dit, ce n’est pas possible il ne va pas le faire, ben si… par exemple remonter  à contre courant une manifestation pour la paix, en vélo, la tête rasée.

En temps de paix la délinquance tient lieu de guérilla urbaine, on aura quelques exemples.

Il y a aussi cette porte fermée qui va prendre de plus en plus d’importance, elle devient obsédante.

Dès que le roman début on sent qu’il y a quelque chose d’inéluctable qui se joue que ce soit dans cette guerre qui se prépare ou dans la vie de notre héros.

J’ai pris plaisir à cette lecture… Un roman très intéressant qui parle de certains travers de notre société.

 

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