Sarah Haywood

Trad. Jessica Shapiro

Éditions Denoël, mai 2018, 446 p., 21,90 €

Mes lectures Denoël

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4e de couv. :

À quarante-cinq ans, Susan Green s’est fabriqué une vie parfaite : elle a un métier qu’elle adore, un joli studio dans lequel elle cultive ses précieux cactus, un arrangement bien particulier avec Richard, qui lui procure sorties culturelles et satisfaction sexuelle. Tout est sous contrôle, sauf son insupportable frère, Edward, un fainéant alcoolique qui vit aux crochets de leur mère malade. Cette merveilleuse mécanique commence à se dérégler quand Susan apprend qu’elle est enceinte (comment a-t-elle pu faire une erreur aussi énorme?) et que sa mère décède en laissant à Edward la totalité de sa maison (comment sa mère a-t-elle pu la trahir ainsi?). Hors de question de garder Richard, le père de l’enfant, dans le paysage, leur accord était très clair, et hors de question de laisser son frère hériter! Déterminée, inflexible, Susan se bat sur tous les fronts, en vain. L’inaccessible «cactus» va-t-il enfin laisser un peu de place à l'improvisation et au lâcher-prise?

 

 

Mon billet :

J’ai été attirée par cette jolie couverture et ce titre, la quatrième de couverture n’a fait que renforcer l’envie de découvrir cette histoire.

Les personnages de Susan et Richard m’ont rappelé un roman qui m’a fortement marqué « Kombini », cette façon d’appréhender le monde en ayant tout sous contrôle, ne pas se laisser emporter par des sentiments et rester pragmatique. La tranquillité dans les chiffres et la routine. L’analogie s’arrête là !

Le comportement de Susan va engendrer des situations qui sont drôles, cependant j’étais tellement polarisée sur sa souffrance intérieure que j’ai à peine sourit pendant ma lecture. C’est maintenant en me remémorant les scènes pour écrire cette chronique que je ris. C’est peut-être parce que je connais la conclusion.

C’est un roman à la troisième personne même s’il est assez axé sur la vie et les pensées de Susan.

On dit que la première grossesse pour une femme s’est comme ouvrir une boîte de Pandore sur son passé et celui de sa mère. C’est ce qui va arriver à Susan qui en plus de tomber enceinte à 45 ans va perdre sa mère avant de lui avoir annoncé. Elle se dit orpheline, ce qui contraste avec cet être en devenir.

Attendre un enfant c’est perdre le contrôle de sa vie. Susan a beaucoup faire comme si c’était un projet rationnel quelle va mener comme tous ses dossiers, elle va voir sa vie déraper.

C’est un roman qui va parler du rapport des géniteurs face à l’arrivée de ce petit être sans défense. Susan va réaliser que tout son entourage à une histoire singulière avec la procréation. Les langues vont se délier maintenant qu’elle entre dans le club des femmes enceinte…  Elle est humaine finalement ! (je vais en faire bondir certaines, c’est ce que j’ai vécu moi-même, mais laissons ces considérations personnelles!).

On se rend vite compte que le passé de Susan est douloureux et qu’il a façonné sa vie étriquée.

On retrouve aussi l’idée d’une vie qui vient  compenser une mort, effet d’équilibre.

La notion de temps est très variable. En quelques mois elle va revivre 45 ans de sa vie.

Le roman est divisé en chapitre mois par mois. On va suivre cette grossesse inattendue et le travail de deuil, ou plutôt d’introspection sur sa vie passée. On va suivre cette double gestation et nous auront deux accouchements, celui de la nouvelle Susan et celui de son enfant.

Susan entrouvre une porte pour avancer dans son dossier « contestation du testament » afin d’obtenir des des informations et ce sont plusieurs tornades qui vont s’engouffrer. Ajouter à cela le travail des hormones qui conduit à un certain lâcher prise et les relations avec les autres vont se retrouver modifier.

J’ai dévoré ce livre très peu de temps, j’avais du mal à la lâcher. C’est un roman fellgood sur le thème de la seconde chance, sur le droit à une nouvelle vie. Un sujet qui touche beaucoup de personnages c’est celui de la confiance en soi et de l’image que l’on renvoi. C’est un roman contemporain qui peut nous amener à une certaine introspection sur le chemin de la résilience et de l’acceptation de soi.

Le personnage d’Edward est assez antipathique avec de grandes parts d’ombres. Les relations frère sœur peuvent être terriblement conflictuelles et cruelles. Nous avons surtout le ressenti de Susan. Ce roman rappelle que dans une même maison, dans une fratrie chacun va voir les mêmes événements de son point de vue, de sa sensibilité. Les notions de juste ou pas juste sont toutes relatives. Chacun se forge aussi une carapace. Les non-dits et les secrets de famille n’engendrent que douleur, suspicion et méfiance. Le manque de communication ou la mauvaise communication conduit à des spéculations et des interprétations erronées. Famille dysfonctionnelle, famille je te hais ou pas !

Autour de ses deux protagonistes nous allons découvrir des personnages haut en couleur qui eux aussi  se débattent à leur façons avec les aléas de la vie. Ensemble on est plus fort pour affronter les événements.

Ce roman parle de l’influence de ceux qui ont à leur charge des enfants, ils font ce qu’ils peuvent avec leur propre histoire, mais de ces comportements dépend la vie de l’enfant et de « formatage » jusqu’au moment où il décide que tout n’est pas figé et qu’il doit s’émanciper, se départir. Pour Susan cela aura lieu à 45 ans et cela va avoir un effet domino sur tous ceux qui sont concernés.

La subjectivité de la mémoire, la confrontation entre souvenirs, es sensations et avec des documents tangibles et la remet certaines choses en perspective. D’autant que certaines personnes concernées ne sont plus de ce monde pour accompagner les découvertes et explications. Le cycle de la vie avec la création d’un cocon familial.

Je remercie les Editions Denoël pour leur confiance.

Denoel

 

Qui en parle ?

Aziquilit

NB :

Dans l’idée un livre en appelle un autre…Après "Kombini" d'autres romans se sont invités...

J’ai lu il y a peu « le jardin des bonheurs égarés » qui se déroule en grande partie à Kew Garden, jardin au bord de la Tamise que je ne connaissais même pas de nom jusque là. Là aussi les personnages se sont crées des carapaces pour ne pas souffrir.  Est-ce une tendance So British ? Dans « Cactus » nous avons un personnage qui emmène Susan dans ce par cet on retrouve le palais de verre où on a recréé des zones tropicales et désertes, où poussent aussi des cactus.

Susan vit du côté de Clapham … je viens de découvrir que dans le prochain roman que je vais lire « Les filles du lion » de Jessie Burton débute aussi dans ce quartier là !

Bon j’arrête là ses liens qui lient mes lectures !

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jardin des bonheurs égarés      G01721