Marie Sizun

Folio, 2018, 308 p., 7,80 €

Mes Lectures Folio

G00548

4e de couv. :

«Dans le grand salon, ce matin baigné de soleil, ils sont là tous les trois, Léonard Sèzeneau, sa femme, et elle, Livia, un peu comme trois acteurs sur une scène, encore ignorants de leurs rôles.»

Qui est Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard pour seconder sa jeune femme Hulda dans l’éducation de leurs enfants? De la lumière radieuse de Stockholm aux lueurs crépusculaires de Meudon, cette famille va connaître une réussite fulgurante avant le déclin, loin des conventions de la fin du XIXe siècle. Dans ce roman de secrets, d’amours et de fascination mutuelle, Marie Sizun retisse les liens perdus de son étonnante histoire familiale.

Mon billet :

L’originalité de ce texte tiens au fait que la narratrice n’est pas un témoin oculaire, ni quelqu’un qui retranscrit une histoire. Elle essai de relater la vie d’une famille à partir d’histoires, de conversations, de photos… Elle comble parfois les blancs avec des suppositions, des spéculations. Elle se pose aussi beaucoup de questions dont ni elle, ni nous n’aurons la réponse. Et pourtant, elle nous relate des conversations privées comme un romancier le ferait d’une œuvre totalement de fiction. Le lecteur est convoqué pour ses questionnements.

Comme le  titre l’indique la gouvernante va tenir un rôle central. Elle va avoir une position très particulière au sein de cette famille. A travers sa situation on va découvrir certains aspects de la société suédoise et de la vie quotidienne.

J’ai beaucoup aimé tout ce qui touche aux explications sur les us et coutumes de cette société, de la place des femmes, sur les différences entre la Suède et la France. Tout ce qui concerne les langues et les relations entre la France et la Suède.

L’accent est mis sur Léonard, sur sa personnalité, cependant il reste beaucoup de zones d’ombre. Il faudrait un autre roman  pour en savoir plus ! Il est entouré d’une aura de secret. Au niveau psychologique il y a de la matière à réfléchir, notamment sur le sujet de ses deux épouses… mais je ne peux en dire plus.

Les chapitres sont courts et nous entraînent facilement vers le chapitre suivant  mais longtemps je me suis demandé quel était le sens de cette histoire. Il faudra attendre la fin pour avoir des explications.

Le thème de la famille est le fond de cette histoire, cette micro société avec ses règles, sa hiérarchie, ses conflits etc.

La thématique du monde féminin est très intéressante. Ce monde un peu à part, parfois assez clos. Cette intimité et ses rivalités. La maternité et la condition féminine en général. La position sociale et son influence dans les rapports humains. L'isolement et les modifications dans les comportements.

Les lieux d’habitations sont très important  car ils dégagent chacun une  atmosphère particulière, tantôt  ils jouent un rôle sur les habitants,  tantôt  se sont les habitants qui projettent leurs états d’âme. Le fait aussi que Léonard soit un français en Suède, puis Hulda une suédoise en France, il y a comme un effet miroir psychologiquement intéressant. L'influence du climat et du déracinement sont au coeur de certaines tensions.

Comme vous pouvez le voir ce roman aborde beaucoup de thèmes que j'affectionne et qui peuvent faire réfléchir. Ce qui explique  que j'ai pris grand plaisir à lire ce roman, mais je reste frustrée car je reste avec des « pourquoi ».  La narration m’a conduite à échafauder des hypothèses, des théories dont je n’ai pas eu de réponses.  Il reste des pistes inexplorées.Le paradoxe de la lectrice que je suis, ici je dis qu’il aurait fallu développer des idées et si je lis un pavé je dis c’est trop long !

Je remercie Folio pour leur confiance.

folio

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Quel bookan !