KIRAN MILLWOOD HARGRAVE

Editions Michel Lafon, 28 juin 2018, 265 p., 14,95 €

Mes lectures Michel Lafon

fille d'encre

4e de couv. :

Alors qu’il est interdit de quitter l’île de Joya, Isabella rêve des contrées lointaines que son père a un jour visitées et cartographiées. Quand sa meilleure amie disparaît, Isabella est résolue à faire partie de l’équipe de recherches. Guidée par une carte ancienne, appartenant à sa famille depuis des générations, et par sa connaissance des étoiles, Isabella prend part à l’expédition et navigue dans les dangereux Territoires Oubliés. Mais sous leurs pas, un mythe féroce s’agite dans son sommeil…

 

Mon Billet :

J’ai reçu un magnifique livre. Dès la couverture on est transporté dans un monde fantastique. L’intérieur de la couverture à rabat nous dévoile la carte en couleur de l’île de Joya. Tout l’intérieur est illustré autour du texte, ce qui invite le lecteur dans ce monde imaginaire où la cartographie tiens un rôle important et l’envie d’ailleurs.

C’est un monde dystopique qui nous est proposé avec des noms qui ne sont pas sans rappeler notre monde (Europa, Amrique, Afrika, India,  etc. ) . Par moment j’avais l’impression d’entrer dans un voyage à la Marco Polo avec des peuples aux créatures étranges.

En parlant de noms, « Joya » en espagnol veut dire « joyaux » et Lupa fait penser à loup, j’avoue que cela m’a titillé…

C’est un roman qui est conseillé dès 12 ans. J’ai essayé de garder ça en tête car j’ai trouvé que certains sujets n’étaient pas assez développés. La première partie est la mise en place de ce monde, un ensemble de scènes d’exposition. On découvre un peuple opprimé et par quelques exemples on nous montre les conséquences d’une dictature. Mais on commence à voir apparaître une conscience politique et un embryon de révolte qu’on doit suivre notre « Fille d’encre et d’étoile » dans sa quête.

Les enchaînements sont assez rapides, pas le temps d’assimiler toutes les infos, et il y en a. C’est ce qui plaira au jeunes lecteurs, on a pas le temps de se poser qu’on passe à l’étape suivante.

A partir de la deuxième partie on bascule dans un autre type de récit, on est dans vraiment dans « la quête ». On a tous les éléments qui vont avec ce type de récit. Les héros ont entre 13 et 15 ans, ils détiennent entre leurs mains le destin de toute une île. On va de rebondissements en découverte. Ils vont affronter les épreuves les plus terribles. Les choix qu’ils vont faire vont avoir des répercussions sur la suite des événements. Action, émotions et informations on va être servi. Et pourtant certaines ellipses m’ont laissé sur ma faim. Il y avait un potentiel pour un roman plus étoffé.

C’est un format court 260 pages, les jeunes lecteurs vont pouvoir se lancer dans cette aventure où les personnages vont aller de mal en pis.

Ce qui m’a beaucoup plu c’est la diversité des sujets abordés à commencer par la différence qui est faite entre un faiseur de carte et un cartographe. 

J’ai trouvé prenant le fait de mettre en parallèle le conte, la légende, histoire et mythe avec leur réalité. Le côté onirique est aussi présent.

Bien entendu le thème de l’amitié est très important surtout quand on est face à des secrets de famille. La teneur des différents secrets de famille n’a pas les mêmes conséquences dans les actions futures.

J’ai retrouvé un autre thème qui me fait réagir à chaque fois, « la famille ». Ici on se rend compte de l’influence des parents sur le futur des enfants. L’hérédité pour Isabella est plutôt positive, alors que pour « Lupa » ça serait plutôt négatif. Les enfants doivent-ils payer pour les fautes des pères ? Perte de certaines illusions de l'enfance, idéaux, trahison...

C’est un bon roman d’aventure jeunesse de littérature de l’imaginaire, que j'ai aimé, avec des tensions dramatiques et des moments tendre et drôle. Avec une fin qui conclue en laissant planer un petit quelque chose. Il reste des jardins secrets. Et vous laisse songeuse.

Une autrice qu'il faudra "surveiller" !

Je remercie les Éditions Michel Lafon pour leur confiance.

lafon