Hélène Couturier

Editions Syros, juin 2018, 239 p., 15,95 €

 

Mes lectures Syros

trans barcelona

4e de couv. :

Ce séjour en Espagne, je l’attendais plus que tout. Là-bas, j’allais retrouver Jésus. Mon Jésus, pas l’autre bien sûr ! Seulement, ça s’est un peu compliqué. Enfin pour moi, parce que pour ma mère, tout roulait, surtout avec son ex. Heureusement, il me restait ma petite sœur. OK elle n’a que 10 ans, mais en cas de déprime, c’est utile. Et puis j’ai embarqué le sac d’un inconnu contenant un carnet de dessins super bizarre. Qui aurait pu penser que cette histoire-là allait m’entraîner aussi loin ?

Ma chronique :

Le ton est donné avec cette quatrième de couverture où l'on voit que c'est un texte à la première personne. L’héroïne à un peu plus de quinze ans et elle est plutôt "sage" pour un ados... bien sûr il existe des tensions entre la mère et la fille...

Alors pour commencer merci à l'autrice de m'avoir mis des musiques enfouies dans ma mémoire dans ma tête ! Oui j'ai l'âge de la mère de Nina alors forcément on a des points communs musicaux et culturels ! Je suis d’accord avec les passages sur la « culture techno», elle a été un peu évasive ses les dérives, en même temps il ne s’agit pas de livre « moralisateur » sur les dangers. Ce roman aborde tout de même des sujets comme la fête, la drogue, l’alcool et le sexe… mais juste pour signaler sans que cela devienne lourd.

Un petit bémol sur quelques expressions espagnoles, mais je suppose que c’est pour bien retranscrire le fait que Nina n’est pas du tout au point de ce côté-là.  J’ai adoré les leçons de la mère… avec la fille aussi hermétique que la mienne au même âge !

C’est un roman pétillant et acidulé… tendre et qui apporte une réflexion sur un sujet qui devient de plus en plus dans l’air du temps.

L’histoire débute par quelque chose que tout le monde vit plus moins. L’ado qui a des comptes à régler avec sa mère. Elles se tirent un peu dans les pattes. C’est drôle parce qu’elles s’envoient des piques chacune à sa façon, tout en s’aimant.

On découvre petit à petit les pourquoi des petits points de désaccord. Et surtout la fille va se rendre compte  que sa mère n’est  pas tout à fait comme elle croit la connaître.

Les vacances, petite parenthèse où on se lâche et où on lâche la bride de nos enfants. Moment où l’on fait des expériences, où l’on grandit, peut-être grâce à ce moment de liberté qui nous permet de devenir plus autonome. Le moment de légèreté ne va pas durer pour Nina qui va  confronter ses rêveries à la réalité. Elle va surtout découvrir la souffrance de l’autre et l’impuissance face à ses problèmes. Du coup elle va relativiser ses petits problèmes d’amourette.

Le titre est très explicite tant par les mots que par les couleurs. Il y a aussi d’autres indices que j’avais compris avant notre héroïne et ses amis.

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C’est un roman plein de contrastes avec tout et son contraire, car personne n’est vraiment fait d’un seul bloc. La mère à une attitude différente de celle qu’elle a à Paris, et elle assume son passé et cette facette que ces filles ne connaissaient pas. Nina est sage mais elle voudrait aussi se lâcher.

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est que « tous ensemble » ils vont trouver des solutions et des réponses.

Le thème des relations dans les fratries est très touchant car on se rend compte que c’est parfois source de conflit mais c’est aussi un noyau dur sur lequel s’appuyer pour affronter les difficultés de la  vie. La solidarité et la compréhension de l’autre commence à l’intérieur de la famille.

Une lecture à mettre entre toutes les mains dès l'adolescence. Une lecture d'été et plus encore...

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

 

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