Agnès Martin-Lugand

Éditions Michel Lafon, 2018, 332 p., 18,95 €

Mes lectures Michel Lafon

 

a_la_lumi_re4e de couv. :

À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter jusqu’au jour où le destin la fait trébucher. Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ?

Mon billet :

J’aime bien la façon qu’a Agnès Martin-Lugand de montrer les gens et surtout les jeunes femmes d’aujourd’hui. Elles sont loin de mon univers mais vivent avec leurs failles intérieures, leurs doutes. Elles sont face à des choix de vie, vont rencontrer des gens toxiques qui les vampirisent et d’autres qui les tirent vers le haut. Comme tout un chacun.

Ce que j’apprécie dans ses romans, c’est son regard sur les couples. Il y a les couples qui durent malgré les tempêtes et il y a ceux qui partent sur de mauvaises bases et qui ont tendance à détruire les gens.

Les personnages d'Agnès Martin-Lugand sont actifs, ont des projets, indépendants, à la limité son associés en affaire mais généralement il y a de la création à la clé ou de l’entreprenariat… On est dans une certaine catégorie sociale. Je ne sais pas si c’est lié mais du coup les personnages sont plutôt raisonnables avec juste des moments dégarement. Je crois que c’est aussi ce qui me plait dans les histoires d’Agnès Martin-Lugand

Je me suis rendu compte que ce roman parle aussi du corps, corps qu’on maltraite qu’on pousse jusqu’à ses limites. Outils de travail des danseurs et en même temps il apporte la sensualité. Il y  est question du corps comme « aspect » visuel, les apparences, souffrances que l’on cache …

La narratrice, « je », est une jeune femme qui n’a pas fait le deuil de ses parents et qui essais de construire sa vie amoureuse sur des bases bancales. Elle sait au fond d’elle que sa relation va à l’encontre de ses valeurs et pourtant elle reste accro. On effleure l’idée d’autodestruction, d’autopunition, comme si elle se refusait d’être pleinement heureuse.

Elle a 39 ans, un tournant  important chez une femme, la fameuse horloge biologique qui oblige à se poser certaines questions. Avec les choix qu’elle a fait elle n’a jamais envisagé d’être mère, ce n’était pas au programme dans sa vie trépidante. Mais le doute est quand sa carrière professionnelle est compromise et qu’elle a le temps de réfléchir.

« À la lumière du petit matin » évoque un nouveau jour. Est-ce le moment d’un nouveau départ ?

Elle va s’interroger sur son présent et surtout sur l’avenir qu’elle voudrait radieux. Sa vie semblait au point mort ou en roue libre mais était-elle heureuse ?

Retour aux racines, aux premières envies… Ce ressourcer, se retrouver pour que sa personnalité soit en adéquation avec ses actes.

C’est dans les situations graves que l’on découvre ses vrais amis et les gens sur qui ont peu vraiment compter, c’est une évidence mais on le retrouve ici. Elle a des piliers sur qui compter mais c’est elle qui doit prendre ces décisions.

On va bien sûr avoir l’écorché vif qui va croiser son chemin… que vont-t-ils s’apporter ? Idée de réciprocité.

C’est à partir du moment où elle cherche à retrouver des valeurs positives qu’elle va pouvoir ouvrir les yeux et rencontrer les bonnes personnes. C’est comme si les conjonctions étaient propices à faire avancer tout le monde.

Elle tourne la page de sa vie « adolescente », cela paraît bizarre de dire cela d’une femme de 39 ans avec un amant régulier, une carrière professionnelle, des biens mobiliers, et les responsabilités qui en découlent et dire qu’elle devient adulte. Cependant c’est le sentiment que j’ai ressenti. C’est un peu comme si la vie n’était plus centrée que sur elle-même. Ce qui est contradictoire puisqu’elle va devoir repenser sa vie.

J’ai pris un grand plaisir à le lire car il y a une fluidité dans la narration qui nous fait tourner les pages pour suivre notre héroïne même si on devine certains choix logiques.

Je remercie les Éditions Michel Lafon. Et Agnès Martin-Lugand pour son petit mot de dédicace qui accompagne le service presse.

lafon

 

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