Marie Leymarie

Editions Syros, 2018, 430 p., 17,95 €

 

Mes  lectures Syros

mock

4e de couv. :

MOCK / Définition1. Verbe : se moquer, tourner en dérision C’est ce que savent si bien faire Raoul et Baptiste, les garçons cool du lycée, drôles, à l’aise, désinvoltes. Ils ont fait le pari de sortir avec le plus de filles possible, sans se laisser prendre par l’émotion, sans jamais s’attacher. Car ils ne croient qu’en l’amitié.2. Adjectif : faux, factice Et si la désinvolture n’était qu’une posture ? Et si leur pacte a priori indestructible était bouleversé par une rencontre ?

Mon billet :

C’est le premier roman de Marie Leymarie que je lis, je découvre donc son écriture et une partie de son univers. Il faudra que je continue à explorer son monde.

C’est un roman qui tourne autour de la danse. Il est divisé en « actes » et non en « chapitres ». Dans ce ballet, il y a  des corps qui se frôlent et s’évitent. Corps qui s’exhibent ou au contraire se cachent.

Le corps n’est parfois qu’une enveloppe charnelle pour ne pas être complètement éthéré (mère de Baptiste), il peut être absent (la mère de Sandy), ou une paroi lisse et froide (mère de Raoul), le corps d’autres mères sont juste une présence.

Il  y est beaucoup question de féminité. Le haut potentiel sexuel préoccupe tous ces ados. Certains savent en jouer, d’autres au contraire s’y refusent. L’adolescence est une dure période de mutation, ce n’est pas évident à apprivoiser.

La vie de ces personnages nous est présenté avec un côté théâtral qui se joue ici en III actes. Le positionnement des personnages sur scène fait penser à une pièce de théâtre qui se joue.

Dans le premier acte. L’un deux se prend pour un marionnettiste, mais ce n’est pas évident d’être le metteur en scène et l’un des personnages pivot. Il positionne ses acteurs sans tous les connaître. On fanfaronne beaucoup pour mieux se cacher.

Dans l’acte II, on sent monter les tensions et la problématique se met en place, jusqu’à atteindre le moment climax… Amour, jalousie, trahisons…

Et enfin dans l’acte III nous avons la conclusion.  Tout le monde reprend sa place chacun à une nouvelle cicatrice.

Leur rapport à la famille et aux relations familiales jouent évidemment un grand rôle dans leur comportement. Rejeter ne suffit pas à les protéger. Aucun ne se livrera. Chacun essai de se préserver un jardin secret.

La passion pour la danse pourrait combler les manques et les failles, mais non. Ils ne font rien pour préserver leur corps, ils fument et boivent. Ils se mettent en danger, cherchent à faire tomber l’autre, cherchent des limites. On ne les voit pas aller au bout de leur passion en dehors des cours. Il est question de la danse dans le cadre festif, lors d’une battle de hip hop (scène assez brève), une sortie voir un spectacle. Leur prof les prépare pour une rencontre mais le trimestre s’achève sans que vraiment on les sente très impliqués.

En fait ce n’est pas le propos de se roman, on n’a pas affaire à une histoire tel que « fame » ou « un, dos, tres ». Le monde de la danse c’est presque un décor. Et pourtant c’est ce que j’ai préféré. J’ai adoré les scènes où la prof de danse contemporaine fait son cours, comment elle les fait bouger, comment elle parle de la gestuelle. C’est poétique et très visuel.

Le roman parle surtout des relations très particulières qui lient ces ados.  Nous avons d’un côté le groupe autour de la danse. Les relations sont assez superficielles. De l’autre le groupe de Raoul qui vit dans un quartier populaire, là aussi il y a des artistes mais avec un autre regard, plus près de la réalité. Ce groupe là est plus intime. On n’est pas dans le clivage quartiers chics et quartiers populaires, cependant on sent les influences différentes.

Je n’ai pas aimé les personnages. Ils sont rarement eux-mêmes. Ils ont une forme de violence et d’agressivité qui ne m’a pas plu. Je ne suis pas vraiment arrivé à les cerner.  Il y a des scènes et des propos qui m’ont un peu déstabilisée.

C’est un roman qui me laisse perplexe sur la vision de l’adolescence. Un monde assez sombre qui ne s’arrange pas avec le monde adulte qu’elle nous propose. Le mal-être des adultes déteint sur les enfants. On est dans un monde sans illusions.

Je suis curieuse de lire d’autres avis. C’est un regard sur l’adolescence assez surprenant, je n’aurais pas situé cette façon de se comporter dans le milieu de la danse… si c’est le but de l’autrice il est réussi.

En tout cas c’est un roman qui ne laisse pas indifférent, il provoque le lecteur.

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.

syros