Nadia Coste

Editions Syros, janv. 2018, 123 p.,  6,95 €

Mes lectures Syros

papa de papier

4e de couv. :

Aujourd’hui, Ayrton a obtenu un 18 pour son dessin de chat au fusain. « Tu as un don ! » a écrit le professeur. Maintenant il faut rentrer à la maison… Son père ne sort plus de chez eux et s’en prend de plus en plus souvent à sa mère et à lui, avec des mots très durs et injustes. Alors quand Ayrton trouve sur son balcon un chat exactement identique à celui de son dessin, il commence à croire en son pouvoir et décide de l’utiliser pour créer un papa de papier…

 

Mon billet :

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à « un lapin peut changer une vie ». Dans les deux cas on a un papa qui a perdu son travail et qui gère son chômage de façon diamétralement opposé, deux caractères différents.  Les deux autrices développent deux sujets distincts.

Dans ce court roman jeunesse, on voit la montée de la violence intérieure d’un père désespéré. Cette violence va se retourner ensuite vers sa famille. Face à elle nous avons une épouse et un enfant en détresse Nadia Coste nous montre en quelques scènes très significatives les mécanismes d’autodéfense que la mère et le fils mettent en place, ainsi que les non-dits. Une part de dénie, tout faire pour ne pas déclencher la colère, destruction de l’estime de soi, culpabilité et silence. Un cercle vicieux se met en place. On découvre que l’origine était là bien avant et que le chômage n’est que le déclencheur d’une réaction en chaîne incontrôlable pour les participants.

Ce roman laisse entrevoir aussi comment dans certains cas les victimes ne s’en sortent pas car elles sont seules et isolées et que la situation s’est trop « installée ».

L’enfant est prêt à croire à la magie comme moyen d’auto-défense.  J’ai aussi pensé à « l’ascenseur vers le futur » du même auteur histoire où elle  développe l’idée qu’on peut effacer certaines choses et  tout recommencer et réussir grâce à l’estime de soi. La rencontre avec la personne qui sait développer cette confiance en soi peu permettre de grandes et belles choses.

Le message de se roman, c’est « il faut trouver la bonne personne pour demander de l’aide et savoir prendre la main qu’on nous tend ».

L’enfant peut compter sur son meilleur ami mais encore faut-il pouvoir parler et trouver les mots pour le dire.

Nadia Coste nous montre avec qu’elle maladresse due au désespoir l’enfant va demander de l’aide.

On voit aussi la souffrance de l’enfant incapable de sauver sa mère et lui.  Il ne peut aider son père ni lui faire confiance. Il ya une certaine perte de l’innocence.

« Papa de papier »  est un roman émouvant et tendre. La violence du père ne fait que renforcer la tendresse qui lie la mère au fils et réciproquement.

La part de « fantastique » donne un roman moins « cru ». Il montre aussi comment l’esprit peut se protéger grâce au réel merveilleux de l’enfance.

« Papa de papier » est un roman à lire notamment dans le cadre de la protection de l’enfance ou dans le cadre de la journée des droits de l’enfant ou je ne sais qu’elle manifestation de prévention contre la violence familiale. Peut-être que cela donnera le déclic à certaines victimes pour parler.

Un roman à mettre entre toutes les mains, petites ou grandes.

Nadia Coste a su se mettre à hauteur de l’enfant. Ayrton ne peut  voir les événements qu’avec son regard de pré-ado.

La fin montre que ce n’était une vie acceptable ce qui s’était mis en place.

Je remercie les Éditions Syros pour leur confiance.