Benjamin Faucon

Editions Terra Nova, janv. 2018, 205 p., 13,90 €

Titre canadien : La théorie des géants

 

 

cercle des six4e de couv. :

Le docteur Ewen Luneau n'a pas un seul instant imaginé que le fantôme de son directeur de recherche viendrait de nouveau le hanter. Adepte des théories les plus farfelues du monde de l'archéologie, ce vieux fou a sacrifié sa carrière pour plonger corps et âme dans l'étude des mystères entourant les plus grands sites patrimoniaux. Ewen a suivi son sillage, sacrifiant ainsi son avenir. Mais grâce à ses activités de pilleur de tombes, il n'a jamais été dans le besoin. Rien ne le prédisposait à obtenir une seconde chance. Pourtant, un soir de beuverie, il met la main sur un message laissé par le professeur Dufort quelques minutes seulement avant sa mort. Des sites archéologiques de Trujillo, au Pérou, à la structure sous marine de Yonaguni, au Japon, en passant par les sites historiques de l'Irak et de la Chine, Ewen enquête dans le but de découvrir pourquoi de mystérieux ossements intéressent tant un milliardaire américain.

 

Mon Billet :

Chers lecteurs, voilà bien longtemps que je voulais lire ce roman, j’ai attendu qu’il soit publié en France. Je sais donc que la trilogie est terminée et qu’il faut juste qu’elle nous parvienne !

Une de mes inquiétudes a été vite balayée, celle de la langue. Elle est très standardisée, une ou deux petites formulations que je ne connaissais pas mais non ce n’est pas du québécois.

J’adore la couverture, ce côté bleu donne un côté froid… Est-ce le lever du jour ou la fin de la journée, deux moments pour  exhumer des secrets enfouis ?

Lorsqu’un lecteur débute une lecture, il ne sait pas ce sur quoi va l’accrocher. D’autant plus si vous y ajoutez une chronique à écrire ensuite. Je croyais être partie sur une focalisation sur la narration, la thématique de archéologie, le mystère… et finalement toute mon attention s’est portée sur le personnage principal.

Qu’est-ce qu’il a pu m’agacer ! Il nous la joue looser à fond,  avec ses regrets et ses remords. Il boit pour oublier tous ces déboires. Le lecteur (enfin moi) le voit plutôt en train de se saouler pour bien illustrer qu’il ne fait que de mauvais choix de vie. Il est assez pathétique mais  ne vous y trompez pas, il va se révéler autre… Ce personnage est bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Très vite, j’ai senti qu’il y avait un décalage entre l’être larmoyant qui se complaît dans son rôle de victime. Le genre de personnage qu’on a envie de secouer et de gifler pour qu’il réagisse. Finalement on n’aura pas à le faire puisque tous les méchants de l’histoire vont s’en prendre à sa tête, que ce soit à coup de crosse d’armes à feu, de coup de poing ou autre. Mauvaise stratégie, il a la tête dure et il est têtu… il lui reste suffisamment de cellules grises pour se sortir des diverses manipulations et  autres pièges. Puis tout à coup, à force de prendre des coups sur la tête il se met à réagir autrement… serais-ce ça véritable personnalité qui ressortirait ?

Ce changement dans le comportement du personnage d’Ewen s’accompagne d’un changement dans la narration. On avait eu déjà de nombreux rebondissements (pas que sur la tête), mais là l’histoire qui se développe prend un nouveau virage. Le dernier quart du livre, il y a une accélération qui est le bienvenue et qui fait progresser l’enquête jusqu’à une certaine conclusion. Le lecteur peut faire une pause jusqu’à la parution du tome 2. C’était une de mes inquiétudes. Mais l’histoire dans sa globalité  est loin d’être terminée !!! Donc il va falloir que le tome 2 paraisse !

La particularité de ce roman, c’est que c’est le premier tome d’une trilogie et la première partie de roman est à envisager dans cette optique là. Il faut  attendre la fin de la trilogie pour voir ce que ses mésaventures ont comme effet sur sa vie professionnelle, privée et sur les connaissances historiques.

J’ai appris des choses sur l’archéologie alternative et tout ce que cela implique. J’ai failli dire « oubliez Indiana Jones » en parlant du personnage principal, cependant on retrouve un peu l’idée de ce type de théories et des méthodes employées.

Il y a un aspect documentaire et technique non négligeable qui donne un plus à la narration. Merci Benjamin Faucon pour les notes en bas de page.

Notre héros voyage beaucoup pendant cette histoire et revendique souvent son identité canadienne, cela n’a pas forcément l’effet escompté. Le canadien moderne est-il un aventurier, un explorateur ?

J’ai préféré me laisser emporter par la narration et la fiction que vraiment m’interroger sur la vraisemblance de certaines scènes. J’ai arrêté de me poser des questions car je suis partie dans un petit délire personnel et tout me faisait sourire, j’en suis venue à me demander si l’auteur n’avait pas joué avec les codes du genre. Ce qui  une fois de plus me ramène à Indiana Jones.  Il faudrait que j’ai une vue d’ensemble de la trilogie.

Ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est qu’on s’évade et que c’est très dépaysant. Et surtout qu’on ne part pas dans de l’ésotérisme à toute crin. Ewen est un sceptique, il ne croit pas à la théorie, ce qui ne l’empêche pas de se poser des questions sur certaines de ces découvertes.

On n’a pas le temps de s’ennuyer, on passe d’un continent à l’autre d’un chantier de fouille à l’autre, d’une langue à l’autre. J’ai réalisé que les fouilles archéologiques sont encore présentes dans le monde entier et qu'elles font l'objet d'enjeux politico-financiers.

Benjamin Faucon est un auteur dont je voulais découvrir l’écriture, je vais donc poursuivre ma découverte avec un autre de ses romans qui est dans ma PAL depuis…

Je pense que j’ai été influencé par le côté facétieux de l’auteur sur les réseaux sociaux, j’ai hâte de lire d’autres avis.

Je remercie les Éditions Terra Nova et Éditions City de m’avoir permis de lire ce roman dès sa sortie.

terra nova

 

théorie des géants

La couverture canadienne me semble plus macabre.

 

gabriel latulipe