Sylvia Plath

Editions de la Table Ronde, mars 2017, 336 p., 8,70 €

Mes lectures de La Table Ronde

jour où mr prescott

4e de couv. :

Ce recueil réunit la quasi-totalité de l'œuvre de nouvelliste de Sylvia Plath, qui lui importait plus que tout autre forme littéraire. Dans l'Amérique crispée des années cinquante, l'auteur exprime sa révolte, sa détresse, ses élans poétiques, dans une langue qui révèle une tension insoutenable ainsi que les affres d'une féminité douloureuse.

Mon Billet

Chers lecteurs, je vous parlais il y a quelques temps de ma découverte de Sylvia Plath et de ses « carnets intimes », aujourd’hui je continue à découvrir ses écrits avec d’autres « nouvelles ». Et c’est toujours le même plaisir de retrouver sa façon bien à elle de raconter des quotidiens « ordinaires ».

C’est toujours délicat de présenter un recueil de nouvelles qui sont compilées et non pas un ensemble prévu pour former un tout. Nous n’avons donc pas un thème particulier qui les relie. Parler de chaque nouvelle serait trop fastidieux à lire dans un article et on finirait par avoir un résumé de chaque petite histoire. J’ai donc choisi de vous faire part de mon ressenti général et de faire ressortir des thèmes marquants.

J’aime beaucoup la façon dont Sylvia Plath à de décrire le quotidien de ses personnages. On a des descriptions physiques des lieux, des gens et de la scène à laquelle elle nous fait assister, mais aussi aux pensées des narrateurs. Des pensées pleines de doutes avec des fragilités  qu’il faut savoir dissimuler aux autres. Le tout dans des décors classiques et neutres.

J’ai une préférence pour ses nouvelles qui se rapportent à la création en général et à la vie des écrivains, poètes, romancières etc.

La mort rode, mais surtout l’aspect « social » qui entoure cet événement qui nous montre des gens pas toujours en accord avec l’image qu’ils doivent renvoyer d’eux.  Il y est souvent question de conventions sociales, des us et coutumes qui font que l’on appartient à une communauté, une société.

Le manque d’argent est aussi une préoccupation qui devait occuper Sylvia Plath dans la vraie vie.

Dans toutes ses nouvelles j’ai eu du mal à séparer la femme de l’écrivain. On a vraiment l’impression qu’elle nous parle de ses souffrances, de ses doutes, de ses questionnements sur l’actualité et sur son quotidien. Est-ce dû à sa façon d’écrire ou le fait que ces histoires se déroulent dans les années 50. On a l’impression que Sylvia Plath regarde autour d’elle, quelle lit les journaux et observe ses contemporains et qu’elle retranscrit des scènes quotidiennes avec son prisme intérieur. On a l’impression de l’écouter nous parler, nous raconter des anecdotes.

On retrouve les préoccupations de femme, jeune femme,  amante et épouse, femme et écriture, femme et mère… On ressent souvent une souffrance, des doutes, des inquiétudes…

J’ai découvert ses années 50 aux USA et en Angleterre. Il y a un côté pessimiste qui ressort de beaucoup de nouvelles, mais avec parfois des éclaircies.

J’ai eu du mal parfois à déterminer si on été d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique alors à force de rechercher des éléments j’ai commencé à me rendre compte que dans beaucoup de nouvelles il y a une grande place aux saisons, au temps qu’il fait et au temps qui passe. Et c’est intéressant de voir quels détails elle sème dans ses narrations pour enrichir le décor et parfois expliquer des attitudes. Il peut s’agir de la neige qui vient perturber le quotidien et faire agir les gens autrement, les sortir de leurs habitudes, mais cela peut être une simple branche d’automne sur un plateau qui accompagne la tasse de café du mari comme si leur couple vivait leur automne aussi… De là à faire des interprétations qui viennent donner une autre dimension aux histoires il n’y a qu’un pas…

J’ai beaucoup aimé l’aspect visuel et esthétique qui nous décrit la scène de telle manière qu’on se croirait dans une pièce…

Ce qui m'a surpris dans ce recueil c'est qu'il y a un côté intemporel, certains sujets ou préoccupations sont toujours d'actualité et pourtant il y a beaucoup d'éléments qui nous relient aux années 60-70. C'est une impression très particulière que je ne saurais expliquer en quelques mots, du coup je me suis sentie entrer dans son univers et son intimité. Une bien étrange sensation.

J’espère un jour découvrir  son seul roman «La cloche de la détresse » … Je vous laisse découvrir ses poèmes…

Je remercie les Editions de la Table Ronde pour  leur confiance.

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