Maxence Fermine

Editions Michel Lafon, 12 oct. 2017, 220 p., 16,95 €

Mes lectures Michel Lafon

chaman

4 e de couv. :

« Le jour où Richard Adam comprit qu’il n’avait qu’une vie, il n’avait jamais été si proche du ciel. »

Charpentier sur les immenses tours d’acier de Duluth, dans le nord des États-Unis, Richard Adam n’a jamais oublié le sang indien qui coule dans ses veines. Mais le retour sur sa terre natale pour enterrer sa mère va le plonger dans un monde dont il n’aurait jamais soupçonné l’existence.

 

Mon Billet :

J’ai eu le plaisir de recevoir ce livre dédicacé par l’auteur. C’est un roman qui continue dans la lignée des « neige » « Zen », on change ici de continent. La couverture est magnifique, tout est dit avec le titre et l’accroche rêve et tout ce blanc à combler.

Ce roman fait partie des romans de Maxence Fermine que j’aime, le côté initiatique et la révélation du soi intérieur.

On découvre un personnage qui vit sa vie sur le fil du rasoir. Dans la première scène sur sa poutrelle de gratte ciel en construction on sent bien qu’il ne faudrait pas grand-chose pour basculer dans le vide et l’oublie. La vie citadine est un état transitoire. Il est déconnecté de la nature. Lorsqu’il nous parle de son coin de pêche on sent que c’est là qu’il est le plus vivant. Vivre comme il vit, est-ce vivre ? Mais qui vit pleinement ? Les indiens dans la réserve ne vivent non plus, ils survivent. Il y a un aspect pas très positif dans ce que ressent Richard Adam.

Richard est un métis, mi-indien Lakota, mi-américain. La mort de sa mère indienne met en évidence son côté incomplet. D’autant que le père et sa famille son absent, donc sa part américaine n’a pas un rôle positif. Jusqu’à ce jour il a vécu avec  son côté métis.

En retournant dans la famille de sa mère, il va chercher à compléter son identité indienne. Ce chemin initiatique commence avec ce retour aux sources qui va lui laisser entrevoir une partie de lui qu’il ne soupçonnait pas.

On a aussi un bref aperçu de la condition indienne dans la réserve. C’est un court roman qui aborde plusieurs sujets alors il y a des informations qui font un peu cliché car c’est simplement pour planter le décor. Par contre j’ai aimé les citations en incipit de chaque chapitre et qui donnent la parole aux indiens qui ont fait l’histoire.

J’ai beaucoup aimé le côté positif et nécessaire du voyage initiatique qui vient l’aider à faire son travail de deuil. Une fois de plus Maxence Fermine traite avec délicatesse de thème du deuil.

La rencontre avec sa tante qui va lui ouvrir les portes dont il n’imaginait pas la nécessité pour accomplir sa promesse. Il va rencontrer des personnes extraordinaires qui vont l’aider à se révéler et à s’affirmer dans son identité profonde. Elles vont bouleverser  définitivement sa vie.

On dit qu’en mourant, il y a une part de la mémoire familiale qui meure. Lui, il va découvrir une mémoire ancestrale avec le livre que sa mère lui avait laissé avant de mourir. Quel joli clin d’œil, la transmission par le livre d’un peu peuple de l’oralité.

Ce qui est intéressant dans les sujets abordés c’est ce qui concerne ceux de l’intérieur de la réserve et ceux de l’extérieur, ceux qui sont partis. La vie n’est simple pour aucun d’eux. Le fait part exemple qu’il soit interpellé par la police dans la réserve alors qu’il n’a jamais eu de rapport avec elle en ville. Il est donc question de racines familiales et de destin. Le destin va jouer un vilain tour justement à ce policier. Mais aussi à d’autres personnages. Richard non seulement va trouver sa véritable identité mais il va mettre à jour un autre « secret » et faire basculer d’autres vies. Une sorte d’équilibre.

La fin n’est pas du tout celle à laquelle je m’attendais. Elle est beaucoup plus forte et intense. Elle laisse le lecteur un peu groggy. Il y a  un prix à payer pour vivre pleinement, « en pleine conscience ».

Je remercie les Éditions Michel Lafon pour leur confiance.

 

lafon

RL 2017

zen    neige arléa

petite marchande de reves