Marcus Malte

Editions Syros, janv. 2017, 393 p., 16,95 €

Mes lectures Syros

scarrels4e de couv. :

Regency. Une cité où l'on ne vit que la nuit, sous l'œil acéré des faucons anges gardiens. Un groupe d'adolescents animé de rêves irréductibles, donc menacé. Des phrases insolites apparues sur les murs, qu'il faut mémoriser avant qu'elles ne s'effacent... pour entrevoir peut-être la possibilité d'un monde meilleur. Un monde où nul n'aurait en tout cas songé à inventer les scarrels.

 

Mon billet :

Lorsque que j’ai vu que Syros rééditais ce roman j’étais intriguée car je ne connaissais l’auteur que pour ces écrits pour adulte et encore par ouïe dire. Comme je n’ai jamais été déçue par les romans jeunesse que Syros publie j’étais dans de bonnes dispositions.

J’ai bien aimé la première partie de l’histoire, un moins après… quand à la fin j’en ai encore des frissons car je ne m’y attendais pas … C’est une bonne chose une fin qui surprend ! oui mais non bon les choix de l’auteur ne peuvent pas plaire à tous les lecteurs… Je suis curieuse de savoir qui a aimé et qui  n’a pas aimé…  

C’est un roman qui m’a plu dans un premier temps car il y est question d’eau et de lumière deux sujets qui ne me laissent pas indifférente, d’autant qu’ici c’est plutôt l’aspect négatif qui est prédominant.

Ce qui attire tout de suite l’attention c’est la présence de la couleur et le bleu est prédominant puis les dérivés. Cela donne une luminosité particulière à l’atmosphère qui se dégage de l’histoire.  Par exemple la bave de scarrel est bleue mais selon le taux d’humidité elle va passer par le violet pour finalement virer au rose sale. Comme vous le voyez l’eau modifie l’aspect d’une matière qui a son importance.

Les phases de la lune passent par des couleurs : blanche, bleue, violette, rouge…

Les routes (RC) sont hyper illuminées alors que tout au tour tout est noir, obscure.

La peau d’Abel est noire alors que son âme est lumineuse. Luc ce prénom est sensé représenter la lumière et pourtant il y a une grand part d’ombre.

Je ne vais pas vous détailler ici tous ses aspects qui attirent mon imaginaire.

Ce qui contraste c’est la grande place de la couleur alors que la trame de l’histoire est très sombre.

Ce qui m’a plu dans un premier temps c’est le côté « rébellion » de la jeune génération contre cette société totalitaire et contre obscurantisme. Le peu d’adultes que l’on voit sont assez dégradés, « dégénérés » ils ne représentent pas l’espoir et l’ouverture.

On va suivre le chemin initiatique de Luc vers l’âge adulte. Il a quinze ans, il est amoureux et avec ses amis il aspire à une autre vie. Il va devoir couper les ponts avec sa famille, la rejeter pour accomplir « son destin ».

La violence c’est son quotidien, elle est omniprésente ne serais-ce que par la surveillance et le menace que représentent les « anges ».

La bande dont il fait partie rassemble des amis tous différents avec  chacun ses particularités. Marcus Malte joue avec ses singularités. Ils sont plus ou moins attachants. On va les voir s’entraider et parfois s’affronter. Luc essais d’être protecteur malgré ses faiblesses et ses problèmes.

On va les voir se fédérer autour d’une idée et tout faire pour changer le monde… La fin n’est pas celle que j’espérai … un peu trop cruelle et réaliste à mon goût.

Ce que j’aime dans ce genre littéraire (anticipation, dystopie, voyage initiatique…) c’est de voir le héros changer et découvrir les différentes facettes des gens confrontés aux changements et aux épreuves… C’est bien le cas ici… illusions et désillusions.

Marcus a su éveiller l’intérêt de ses personnages et des lecteurs avec des phrases énigmatiques et éphémères qui apparaissent sur différents murs, j’ai bien apprécié d’avoir plusieurs façons d’aborder leur interprétation.

Dans tout roman de formation on voit le jeune héros faire de bonnes et de mauvaises rencontres à lui de faire la part des choses. Il va ensuite devoir faire ses propres choix et se détacher des leaders.

C’est un roman qui traite de la manipulation des masses  et de l’endoctrinement. Les bons manipulateurs savent s’entourer des bonnes personnes qui sauront profiter de la bonne foi de certains pour les conduire là où ils le veulent. La religion est très présente dans cette société. Même la politique est basée sur ces méthodes d’endoctrinement. C’est parfois dérangeant.

C’est un roman qui aborde aussi la thématique du rêve. Lorsque le protagoniste nous parle de ses rêves cela crée des digressions qui montrent qu’il réfléchit beaucoup. On voit aussi qu’il prend ses distances avec les rêves des autres. S’agit-il de vrais rêves ou de rêves pour partager un moment ensemble…

Ce qui m’a  mise mal à l’aise, c’est par exemple le sujet  des perles… mais je n’en dirais pas plus.

« Scarrel » est un roman qui ne peu laisser le lecteur indifférent quitte à le choquer… mais ce n'est pas juste pour choquer il y a un propos. C'est peut-être juste moi qui suis trop sensible...

J’ai très envie de connaître d’autres points de vue. Je suis assez mitigée je ne peux pas dire si j'ai aimé ou pas, en tout cas je l'ai dévoré.

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

syros

Dans ma Pal j’ai « Garden of Love » qui à l'air encore plus sombre...

 

garden