Sylvia Plath

Trad Anouk Neuhoff

Éditions de la Table ronde, coll. La Petite Vermillon, mars 2017, 249 p., 8,70 €

Mes lectures de la Table Ronde

carnets intimes

4e de couv. :

«Ce que je redoute le plus, je crois, c’est la mort de l’imagination. Quand le ciel, dehors, se contente d’être rose, et les toits des maisons noirs, cet esprit photographique qui, paradoxalement, dit la vérité, mais la vérité vaine, sur le monde.»
Sylvia Plath a vingt-quatre ans lorsqu’elle évoque cette hantise dans un journal dont les pages sont l’écho de ses aspirations contradictoires, tantôt idéales, tantôt futiles. Ce livre propose également neuf nouvelles autobiographiques, qui complètent l’œuvre en prose de la poétesse américaine mystérieuse et fragile.

Mon billet :

J’ai lu dans un magazine Flow, un article sur Sylvia Plath et j’ai réalisé que j’étais peut-être passé à côté de quelque chose d’important, car elle correspond à un type de lecture que j’affectionne (mais je ne chronique pas forcément), excepté le côté poète.

Quelques temps après avoir lu cet article, j’ai vu que les Editions de la Table ronde publiaient quelques uns de ses écrits. J’ai longuement hésité et puis je me suis laissée tentée par l’expérience. J’ai commencé par piocher dans un puis dans l’autre et m’imprégner de son univers avant de me concentrer sur « carnets intimes ».

J’ai tout de suite accroché à l’écriture et aux thèmes abordés. Bien que parfois sombre surtout dans ses nouvelles « le jour où Mr Prescott est mort » qui fera l’objet d’un autre article.

Dans « carnets Intimes » comme le laisse présager le titre c’est l’univers d’une jeune femme que nous allons découvrir à différents stades de sa courte vie (suicide à 31 ans).

C’est un genre littéraire que j’aimerai maîtriser. Elle parle du quotidien mais d’une façon réfléchie et intelligente en faisant ressortir les moments clés de telle ou telle rencontre ou anecdote.

J’ai déjà ressenti cette attirance en lisant Rosa Chacel (écrivaine espagnole 1898-1994, un seul roman traduit), Virginia Woolf (1882-1941), Doris Lessing (1919-2013). Chacune avec  sa perception du réel et sa façon de le retranscrire. Les femmes et l’’acte de création m’ont toujours fasciné.

Sylvia Plath se livre corps et âme dans ses « carnets intimes », il ne s’agit pas d’un journal intime chronologique. Chaque anecdote est indépendante et forme une histoire. Elle nous dévoile ses souffrances face à ses attentes littéraires et sentimentales.

Elle se positionne en tant que femme, poète et écrivaine, mais aussi en tant que femme sans enfants puis mère. Elle aborde des sujets très sensibles. Elle parle de ses problèmes à mettre au monde et on hésite entre une grossesse et un projet littéraire qu’elle ne mènerait pas à terme.

On trouve aussi  la thématique du paradis perdu de l’enfance, notamment lorsqu’elle évoque Susan et David qui retourne chez leur tante Jane.

Il n’y a pas que des histoires sombres, il ya des situations cocasses, comme son séjour à Bénidorme chez l’habitant, ou a réunion dans l’association d’apiculteurs amateurs, ou quand les enfants essaient de lui envoyer des boules de neige…

Elle a un style bien à elle. Elle utilise souvent l’énumération ce qui rend ses descriptions très scandées et  précises mais sans fioritures.  On dirait   qu’elle concentre ses idées, presque comme des notes qu’elle pourrait développer.

Il  y a un aspect très visuel, elle parle souvent  des couleurs par exemple dans « notes sur Cambridge » c’est toute la palette de bleu qui prédomine, même si elle cite d’autres couleurs.

J’aime beaucoup lorsqu’elle nous parle de son travail d’écriture, sur ces lectures, ses réflexions, ses études.

Elle analyse tout, son passé, sa famille, ses amis, ses relations aux autres, ses envies, ses craintes et ses peurs.

Je remercie les Éditions De la Table Ronde pour leur confiance.

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