Sylvie Allouche

Éditions Syros, mars 2017, 302 p., 15,95 €

Mes lectures Syros

stabat murder

4e de couv. :

Comment Mia, Matthis, Sacha et Valentin, quatre jeunes pianistes, étudiants au Conservatoire national de musique de Paris, ont-ils pu disparaître sans laisser de trace, à un mois d’un concours international ? Ont-ils, sous la pression, décidé ensemble de tout plaquer ? Impossible, d’après les familles interrogées sans relâche par Clara Di Lazio. S’agit-il d’un enlèvement ? La commissaire, réputée coriace, a l’intuition terrible que dans cette enquête, chaque minute compte…

 

Mon billet :

L’éternelle interrogation : comment parler d’un roman à suspens, thriller ou policier sans déflorer l’intrigue ?

 « J’ai lu  ce livre d’une traite, ce qui signifie que j’ai eu une nuit très très courte ! »… ce qui est vrai !

« Ce n’est pas melle Rose qui a tué avec le chandelier dans la bibliothèque » ça aussi c’est vrai !

Tout d’abord je  ne sais ce que vous en pensez mais j’ai trouvé la couverture du livre et le titre magnifiques.

Ce qui m’a frappé dans ce roman sous fond de thématique musicale, c’est le silence. C’est un moment important dans l’interprétation musicale. D’ailleurs le maître de musique leur parle de cette respiration. Si on s’éloigne de la sphère musicale, on va petit à petit dériver vers les non-dits. La pudeur des sentiments qui empêche de mettre en avant leurs désirs et leurs souffrances et l’amour.

L’autre thème qui est développé, c’est celui de la famille. La disparition des adolescents va mettre en évidence d’autres absences. C’est un peu comme pour le silence, l’absence de bruit qui devient un moment assourdissant. Du coup, tous les parents absents mettent en avant les névrosés qui sont là. On a une galerie de portrait de parents où l’accent est mis sur le manque d’harmonie familiale. Ela expliquerait presque que les enfants aient choisi une activité aussi passionnante et obsédante, ou il n’y pas de place pour autre chose.

C’est un roman qui parle de l’enfermement dès les premières pages avec le cube. Mais l’enfermement c’est aussi dans la tête de ses virtuoses qui vivent dans la musique. Ils ferment leur esprit pour se concentrer et ne faire qu’un avec l’instrument et la musique. Ils sont si forts et si faibles.

Cette expérience traumatisante aborde aussi le thème de la folie, la séquestration, la disparition : tous les protagonistes souffrent, ceux qui sont dehors et ceux qui sont dedans.

Le personnage de la commissaire est en adéquation avec cette douleur. On a le traumatisme vu sous plusieurs angles.

En relisant mon billet, je me rends compte que je mets l’accent sur le côté sombre, mais heureusement, il y a de l’humour et toute une partie qui se déroule avant le drame.  On y voit l’amitié, les premiers émois amoureux, adolescence.

La vie continue malgré les crimes. Au commissariat on a aussi la thématique de la vocation. Les meilleurs étant ceux qui se donnent corps et âme à leur travail.

Il y a de la tendresse et de l’espoir, car il y a des battants sur qui ont peut compter.

La structure du texte avec l’alternance des lieux met le lecteur au cœur de l’action, puisqu’il en sait plus que les personnages. Le fait que l’on voit ce qui se passe dans le cube et que l’on connaisse certaines informations sur cette séquestration rend l’histoire moins oppressante.

La légère accélération sur la fin fait vraiment monter l’adrénaline et plus moyen de lâcher le roman.

J’ai découvert une auteure Sylvie Allouche que j’ai bien envie de suivre… D’ailleurs je me demande pourquoi je n’ai pas lu « Twist again » et « Brothers »… Affaire à suivre !

Je remercie les Éditions Syros pour cette lecture et leur confiance.

 

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