Jérôme Leroy

Editions de laTtable Ronde, coll. Vermillon, janv. 17, 379 p., 8,70 €

 Mes lectures La Table Ronde

minute prescrite

4e de couv. :

«Il était vingt-trois heures quand Kléber et Sarah, qui venaient de se rencontrer, décidèrent de passer la nuit dans le fort d’Ambleteuse.
À cette heure-là, une bombe sale explosait à San Francisco.
À cette heure-là, un médecin venait d’observer dans son microscope la dernière mutation du virus de la fièvre hémorragique de Marburg.
À cette heure-là, trois enfants étaient parvenus au niveau ultime de Dark Hostel. Ils étaient les premiers à réussir cet exploit sur ce jeu virtuel haut de gamme.
À cette heure-là, en France, les Forces spéciales, nouvellement créées sous l’égide secrète de l’Élysée et de quelques grandes entreprises privées, recevaient leur baptême du feu dans les quartiers nord de Marseille.
À cette heure-là, Kléber soupçonnait qu’il vivait le premier instant de l’apocalypse.»

Mon billet :

Me revoilà partie dans l’univers de Jérôme Leroy… et ce n’est pas fini !

Je ne sais pas si c’est le titre qui a influencé ma vision de l’histoire mais je trouve que cette fois-ci on est dans le vif du sujet. Le monde hyper militarisé et les modifications dues à la pollution son en vigueur.

Bien entendu, le personnage principal est un prof de français d’une cinquantaine d’année qui transgresse tous les codes légaux de cette période. C’est un homme de « l’ancien temps » qui a son petit réseau d’épicurien, donc de borderline. Pourquoi bien entendu ?!! C’est souvent le cas dans les derniers livres que j’ai lu de Jérôme Leroy. L’auteur étant lui-même prof je superpose parfois les deux images et c’est troublant !

On voit la ville envahie peu à peu par des « travellers » des émigrés climatiques qui ont fuit les pays (comme le Danemark) noyé sous les eaux… et ils ne sont pas les bienvenus !

Les humains trentenaires font parti des « mutants » … premier choc pétrolier (1971 ?)… on est dans un monde ni tout à fait le nôtre ni tout à fait un autre… c’est un peu comme si on explorait un présent parallèle !

L’histoire à comme point de départ Lille et on va un peu bouger.

Il y a des textes en incise entre deux chapitres qui sont écrit plutôt comme des bulletins d’info.

Le petit road-trip de Sarah et Kleber quittant Lille en Mercedez en pleine nuit pour aller à Embleteuse et revenir sur Villeneuve d’Ascq m’a bien plu, car on ressent le temps d’une nuit plusieurs sentiments on sourit, on réfléchi, on est ému…

La France cherche d’autres façons de s’organiser. Zatoc : des villes, des cités ou des quartiers cherchent à vivre en autonomie politique, religieuses et financière. Mais la violence est très présente.

D’autres communautés cherchent aussi à se rassembler autours de valeurs communes, avec une organisation qui utilise les compétences de chacun, par complémentarité.

A travers les confidences sur l’oreiller de Sarah et de Kleber, on découvre d’autres évolutions de la société française.

Une autre narratrice s’immisce dans le roman, c’est la Kolkozienne au sein nu, l’éditrice de Kleber qui à travers ses monologues et son blog éclaire l’histoire avec d’autres données.

La vie continue avec ses rencontres, l’amour, l’amitié et la lutte mais je ne voudrais pas trop vous en dire pour que ce roman garde son charme.

Je remercie les Editions de la Table Ronde pour cette belle lecture.

 

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Ps : Prochainement chronique de « Jugan » de Jérôme Leroy  (existe chez Editions de la Table Ronde et chez Folio)

 

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