Matt7ieu Radenac

Editions Syros, coll. Tempo, janv 2017,

Mes Lectures Syros

 

livre et moi4e de couv. :

Dans l’esprit d’Alex, lire un roman est une vraie corvée. Heureusement, une super idée lui est venue pour impressionner sa prof de français : écrire directement au célèbre auteur Filippe Cavreini. Après cinq messages sans réponse, l’écrivain mord à l’hameçon. Qui est ce ou cette Alex qui lui écrit sans même avoir lu ses livres ?

Mon billet :

Je lis de la littérature jeunesse parce que j’aime ce qui se fait mais aussi parce que cela me permet d’accompagner mes enfants… Mon fils de 9 ans n’est pas un gros lecteur. Cette année en CM1 il a une institutrice qui les fait lire des romans courts. Il prend confiance en lui, mais il a ce côté « c’est trop pour moi » d’Alex, le personnage principal de roman. Alors quand il a lu la quatrième de couverture et qu’il a vu comment se présentait le texte, il a eu envie de le lire à haute voix avec moi. J’ai donc joué le jeu et nous avons fait une lecture à deux voix. Il a lu les messages d’Alex et moi ceux de Filippe, ce petit coup de pouce lui a permis d’y arriver et d’y trouver du plaisir.

Vous imaginez bien que je ne l’ai pas choisi par hasard dans parler du titre « des livres et moi » que j’ai lu comme « délivre moi »… mais vous verrez dans le roman ce qu’en disent les narrateurs.

La forme narrative ancre le texte dans notre époque. Il s’agit d’une suite de mails. Moi qui adore les romans épistolaires je me suis régalée. J’aime bien ce genre de romans car en entête des mails on a qui écrit et le jour, et si c’est par ordinateur ou par téléphone. Savoir la date permet de se rendre compte si les échanges sont rapides ou au contraire espacés dans le temps. Cela introduit la notion de silence à l’écrit.

Le thème de départ, c’est comment faire entrer la lecture dans un milieu où elle n’a pas de place. C’est un sujet qui me tient à cœur. Ne suis-je pas devenue bénévole dans la bibliothèque de mon village pour être une passeuse d’histoires ?

Il va y avoir un jeu autour du personnage d’Alex puisqu’on ne sait pas si c’est un garçon ou une fille, jusqu’au bout Filippe Cavreini et le lecteur s’interroge. Et la fin est géniale ! Mais chut !

J’utiliserai donc un masculin neutre pour parler de ce personnage. Bravo à l’auteur pour n’avoir rien laissé paraître tout au long du roman.

Dans un premier temps, on découvre un adolescent qui essaie de communiquer avec auteur dont il doit lire un roman pour le cours de Français pour remonter sa moyenne.

En parallèle on a cet auteur qui nous parle de son travail d’écrivain et de sa perte d’inspiration et qui va donc jouer le jeu.

On voit l’adolescent essayer de biaiser pour ne pas lire le livre et qui se contenterait volontiers d’un résumé et des impressions de l’auteur. Puis, petit à petit par le jeu des questions réponses l’adolescent et l’adulte se dévoilent. Et nos a priori vont en prendre un coup, car derrière le refus de lire d’Alex il y a d’autres raisons.  Au départ on avait « Je n’ai pas envie de lire » d’un côté et «  je n’ai plus envie d’écrire de l’autre ». La solution est peut-être dans une entraide intergénérationnelle.

A travers leur échanges de mails son va découvrir des situations familiales très difficiles. Il y a des scènes très fortes. J’ai senti que mon fils était touché lui qui ne connais pas cela.

Leurs relations et leur discussion vont évoluer. Ils vont apprendre à se connaître l’un l’autre. Mais il reste des jardins secrets. Leur situation initiale va être fortement bouleversée, on a quelques rebondissements, on sourit et on a parfois le coeur serré.

Nous découvrons deux artistes, l’un joue avec les mots et des histoires,  l’autre avec des couleurs et des images. Chacun s’exprime dans des univers différents qui auraient besoin de s’entrecroiser pour devenir plus fort encore.

Les formules de politesses sont multiples et variées et donnent aussi des informations des deux parts.

On a l’image de la prof de français en arrière plan. Alex la considère comme son ennemi mais l’est-elle vraiment ? Tout est une question de perception et de perspective. Je pense que c’est un livre qui devrait être lu en classe.

A travers ce qu’Alex nous apprend de sa famille et ses amis nous avons une vue plus générale du monde d’Alex.

Dans un monde de communication et de parole ils vont apprendre à parler ou à reparler aux autres.

Ah mais la fin, elle vous laisse je ne sais pas comment dire … mon fils en redemandait !

Je remercie les Éditions Syros pour cette belle histoire très émouvante.

 

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