Lars Pettersson

Trad. (suédois ) Anne Karila

Folio, 2017, nov 2016, 523 p., 8,80 €

Mes lectures FOLIO

sames

4e de couv. :

En Laponie norvégienne, les Sames, peuple autochtone, continuent à vivre de l’élevage des rennes et selon des traditions ancestrales. Certains restent, d’autres partent, comme Anna, qui mène son existence en Suède, où elle a été nommée substitut du procureur. Son cousin Nils, lui, est resté, et il vient d’être accusé de viol. Devoir de famille, c’est Anna qui est chargée de trouver un arrangement avec la plaignante. Elle retourne alors chez les Sames, dans ces contrées reculées qui n’évoquent pour elle que de vieux souvenirs d’enfance. Là, entre les menaces qu’elle subit et les vérités qu’on lui cache, la jeune femme comprend vite que cette affaire de viol n’est que la partie émergée d’une enquête qu’elle va devoir mener. Même si, à la lumière des aurores boréales, la nature somptueuse et meurtrière semble parfois imposer sa loi aux hommes.

Mon billet :

Il y a des romans policiers qui se lisent comme on regarde des feuilletons et d’autres qui sont de long métrages avec de grands espaces, des plans larges et des zooms sur des détails. Les personnages vont vivre les deux semaines les plus longues, enfin pas tous !

La famille, le clan, ses traditions, ses codes et ses règles. Anna va découvrir l’étendu du pouvoir du silence dans la communauté. Dès la première scène ont sent que sa tâche va être difficile. Un renne se mets en travers de sa route et tous va aller de mal en pis. Un signe de mauvais augure !

Le problème de départ semblait presque une formalité. Mais Anna ne comprend pas pourquoi sa famille à vraiment fait appel à elle. D’autant qu’elle ne veut pas couvrir les agissements coupables. Est-ce son intransigeance qui va déclencher une série de sabotages, accidents, et toutes sortes de morts…

C’est un roman qui joue avec les ambiances. Huis clos dans une zone enneigée. Tout ramène à al famille d’Anna et à l’élevage de Renne.

On a une confrontation entre les gens du coin et ceux de l’extérieur. La police, la justice, la médecine, des règles différentes. Anna fait partie des deux mondes et on lui demande de choisir le camp de sa famille maternelle. Elle a beau rejeter cette part elle va devoir s’en servir pour avancer dans ses recherches. Elle apprend petit à petit comment se servir des coutumes locales. Elle va passer du rejet à l’utilisation des armes mises à sa disposition.

J’ai beaucoup aimé tout ce qui touche à la culture same notamment en ce qui concerne la langue et l’usage qui en est fait. Comment ils commencent par faire la généalogie de la personne  avant de prendre des tours et des détours pour dire ou apprendre des choses. Cela peut dérouter ceux qui vont droit au but. Le langage passe aussi par les vêtements.

C’est un roman qui prend son temps !

Il y a toute une thématique autour du temps. La maîtrise du temps avec  façon de procéder  lente pour quelqu’un de la ville qui  ne maîtrise pas cette coutume et ça englobe le passé dans le présent.  Chaque déplacement prend du temps, que ce soit le véhicule. Les distances entre les lieux réclament du temps.

Dans cette thématique temporelle, on a le fait qu’ Anna soit plus ou moins prise pour sa mère décédée qui a quitté sa famille pour se marier et vivre hors de la communauté.  C’est parfois troublant quand on lui parle comme si elle était l’absente, la fille du passé.

Ils conservent beaucoup de choses du passé que se soit les us et coutumes, les vêtements et outils, les journaux… preuves, traces…

La luminosité et la longueur des jours donnent un éclairage étrange sur les scènes des crimes…

Ce roman fait la part belle à la neige aux sons  et aux couleurs, aux effets optique et sonores,  à l’isolement, les dangers, au froid, tous ces événements qui font partie de la vie et la mort des habitants. Les peaux de rennes sont toujours aussi vitales pour les habitants, c’est lié à la vie et à la mort.

Côté nourriture elle est aussi très importante pour la survie. On en revient encore une fois aux rennes, leur viande. Le partage...

L'alcool est un vrai fléau dans ces contrées, elle engendre entre autre la violence.

Par moment, il y a des scènes assez troublantes avec des regards, des phrases mystérieuses et l’idée du retour au sein du clan. Anna va-t-elle survivre ? Va-t-elle pouvoir repartir ? Dans quel état physique et psychologique va-t-elle terminer cette série de mésaventures ? On dirait qu’elle est un insecte pris dans une toile d’araignée. Est-elle là pour remplacer sa mère pour que tout se rééquilibre ? Quand est-il de l’amour ?

L’homme est peu de chose au milieu de ces immensités… Tout peut arriver. Circuler d’un lieu à l’autre prend du temps et demande beaucoup de concentration, la solitude et le danger est permanent, ainsi que le froid et la mort. On en peut compter que sur soi. Tout le monde semble cacher des choses, tout le monde à un rapport avec les autres.

J’ai découvert des informations sur la politique d’assimilation de la Norvège. Comment on a déplacé des enfants sames hors de la communauté. C’est un roman intéressant qui nous montre comment ce peuple est à la croisée de trois pays. Des langues et des législations différentes.

Je remercie Folio de m’avoir permis de  découvrir cet auteur.

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