Barbara Constantine

Le livre de poche, 2013, 281 p., 6,6€

et puis paulette

4e de couv. :

Ferdinand vit seul dans sa ferme. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, il passe chez Marceline, sa voisine, et découvre que son toit est sur le point de s'effondrer. Très naturellement, ses petits-fils, les Lulus, lui suggèrent de l'inviter à la ferme. L'idée le fait sourire. Mais ce n'est pas si simple, certaines choses se font, d'autres pas... Il finit tout de même par aller la chercher. De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s'agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d'enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette...

Ma Chronique :

Quel plaisir de se replonger dans l’univers de Barbara Constantine ! Ce qui me plait dans ses histoires c’est qu’elle parle de gens comme moi ou mes voisins.

J’avais ce livre dans ma PAL et lorsque Langue Déliée a annoncé qu’elle allait sortir un nouveau roman en février, je me suis dit qu’il était de le lire ! Et je l’ai lu en un week-end pour ne pas rompre le charme.

Des gens qui savent que la vie est dure et qui veulent la rendre plus douce et plus belle. L’entraide intergénérationnelle fait aussi partie de ma vie. Aujourd’hui je vis dans un milieu rural est c’est encore plus flagrant qu’il est nécessaire de s’entre-aider.

Les romans de Barbara Constantine jouent des partitions qui se ressemblent avec des variations sur le même thème, mais chaque livre va pointer le doigt sur un sujet en particulier. Il ya aussi une évolution dans son écriture. On sent qu’elle aime bien ses personnages car elle fait de petites allusions  discrètes à ceux de ces romans précédents. Ainsi on entend parler de Raymond et Mine (Allumer le chat), de Mélie (A Mélie sans mélo), on retrouve le thème du jeune et jardin (Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom). Les chats et les vélos font toujours partie du paysage ! Il y a bien d’autres détails, mais ceci n’est pas une étude de l’œuvre de Barbara Constantine. Le lecteur aussi s’attache à certains personnages.

Ce roman met en avant le veuvage au masculin.  On a un cas où c’est une délivrance, le temps a passé, qu’est-ce que j’ai ri de sa sincérité. Quelle jolie épitaphe ! Dans l’autre cas c’est un cas plus délicat puisque c’est un couple amoureux de plus ça passe là.  C’était touchant aussi l’histoire des sœurs Lumière,  une petite leçon d’Histoire.

La maternité, la perte de l’enfant, le dénie de grosse, l’absence d’enfant. On a toute une palette de sentiments.

Un roman en apparence sur les bons sentiments et plus on se penche plus on voit les différents sujets abordés : la solitude, la difficulté de communiquer, la perte du goût de vivre, le laisser aller, le divorce, la perte de logement, les difficultés économiques…

Et malgré toutes les vicissitudes de la vie d’aujourd’hui, on a un roman avec des moments tendres et joyaux. On ne bascule pas dans l’angélisme. La « communauté » se crée avec des bases, c’est bien « réfléchi » et solide. Ferdinand va savoir sortir de sa zone de confort et enfin faire surgir sa vraie personnalité.

Le roman se termine sur des notes positives. Tout n’est pas résolu, il faudra laisser le temps au temps.

Les quatre romans de Barbara Constantine sont indépendants et traitent chacun de la vie de quelques familles d’un même secteur. Cependant je vous invite à les lire dans l’ordre pour justement retrouver les clins d’œil de l’auteure aux autres histoires. D’autant que l’écriture de Barbara Constantine s’est affinée. C’est une auteure généreuse qui veut raconter beaucoup de vies et autant dans son premier roman ce n’était pas assez fluide à mon goût. Dans « Et Puis Paulette… » on sent qu’elle a trouvé  son rythme.

Je vous souhaite une belle lecture et vous laisse découvrir chaque fragment de vie…

 

Sur ce blog vous trouverez les chroniques de :

 

allumer le chat    a melie sans mélo   tom, petit tom

A bientôt pour une autre lecture...

 Qui en parle ?

Langue déliée

Delcyfaro